Blocus ferroviaire: faire preuve de magnanimité

Lettre à mon député, Andrés Fontecilla,

J’habite Laurier-Dorion (et Papineau au fédéral) depuis plus de 30 ans et je peux vous dire que mon quartier a beaucoup changé, pas toujours pour le mieux. Je pense à la fermeture de petits commerces, à la bulle immobilière, au manque de développement du transport en commun, à l’explosion du parc automobile, à la perte de presque tous les terrains en friche, au plomb dans l’eau et j’en passe. J’ai 53 ans. Mon conjoint et moi nous préparons pour la retraite. Nos enfants sont partis étudier en région.

Depuis le début de l’année, seulement dans mon quartier, deux dames âgées ont été renversées par des VUS alors qu’elles traversaient lentement la rue. Elles en sont mortes. Ça ne me fait pas plaisir du tout. Mais surtout, mes pensées vont à leur famille respective.

Je n’ai pas l’habitude d’écrire à mon député, mais la situation est telle que je ne peux rester sans rien faire.

Je comprends que cette crise du blocage des trains va de pair avec la crise climatique et écologique. Je sais que le dénouement sera sans doute un moment important pour la suite.

Je suis inspirée par la leçon de bravoure et de vertu implacable dont font preuve les femmes de la nation unist’ot’en. Je veux entendre les Premières Nations sur les questions environnementales. Je veux entendre la musique des Premières Nations plutôt que la cassette des caquistes ! Je me méfie de la dernière entente de 4,7 milliards conclue avec les Cris. J’appréhende qu’on soit en train de créer un autre éventuel désastre écologique. Aussi, je m’inquiète pour le fleuve Saint-Laurent !

J’en viens donc à vous demander de transmettre mon message à monsieur Legault, au moment que vous jugerez opportun. Vous pourriez dire à notre premier ministre de faire preuve de magnanimité comme le grand chef de Kanesatake Serge Simon l’a fait le 19 février 2020 lorsqu’il revenait sur ses déclarations faites la veille dans lesquelles il suggérait de mettre fin au blocage des trains. Après avoir écouté les critiques des citoyens, il a dit qu’il était temps pour lui de suivre plutôt que de diviser son peuple.

Vous comprenez sans doute que je demeure optimiste et je souhaite que tout se règle pour le mieux. Le contraire serait encore une épreuve. Heureusement, je constate que depuis un an, une résistance s’organise dans la cité. Des citoyens de bonne volonté se lèvent partout au Québec, soucieux de justice et surtout de gros bon sens !

10 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 21 février 2020 04 h 03

    Blocus de rue

    C'est ce qu'elle vous prépare celle-là.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 février 2020 09 h 01

      Bien d'accord avec vous M. Lamarche. Les soldats de Québec solidaire essaient de récupérer cette crise autochtone pour se faire du millage politique. Jamais au grand jamais, les barricades qui ont été montées par les Autochtones n’étaient pour protester contre les changements climatiques. C'est bien plus profond que cela. On en a assez qu’ils mélangent tout.

      « Je comprends que cette crise du blocage des trains va de pair avec la crise climatique et écologique. »

      Faux et archifaux. Les Autochtones veulent que leurs chefs ancestraux soient reconnus à juste titre selon le précédent de 1997, le cas Delgamuukw, où la Cour suprême du Canada avait interjetée en leur faveur. Ils veulent que la Loi sur les Indiens soit abolie et que le gouvernement fédéral reconnaisse leurs droits inaliénables ancestraux et territoriaux. C’est simple comme cela. Aucune mention des changements climatiques.

      Si cette madame veut entendre la musique des Premières Nations, eh bien, ils sont tous autour d’elle et ils interagissent avec la société comme une nation invisible de peur de représailles. Et envoyer une lettre à un représentant de Québec solidaire, c’est comme mettre de l’huile sur le feu et les Autochtones n’ont pas besoin de cela. Ils ne parlent pas de désastre écologique, mais bien un humanitaire qui les affecte directement. Vous savez, ils aiment boire de l’eau potable.

      En passant, le grand chef de Kanesatake Serge Simon fait parti du problème. Les chefs des conseils de bande ne représentent à peu près personne et ils découlent du néocolonialiste qui a envoyé les Premières Nations dans un système d’apartheid bien « canadian », vous savez, les réserves ou les prisons à ciel ouvert. Ce sont ces mêmes chefs de bande qui se sont empressés de signer l’accord du fameux gazoduc en question, pas la population et les chefs ancestraux.

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 février 2020 11 h 26

      @ Cyril Dionne,

      "Les soldats de Québec solidaire essaient de récupérer cette crise autochtone pour se faire du millage politique." - Cyril Dionne

      C'est exactement le contraire.

      On ne fait pas de "millage politique" en défendant des groupes "minoritaires", mais des groupes "majoritaires" comme le font la CAQ et vous-même, par exemples.

      Il n'y a donc aucun opportunisme politique de la part de Québec solidaire là-dedans.

      Dans Le Devoir d'aujourd'hui:

      " Blocus ferroviaire et réactions réactionnaires " - Marc-André Cyr

      "Les copains du statu quo ont bien compris la stratégie élaborée par le père des relations publiques, Edward Bernays, qui soutenait, au début du XXe siècle, qu’il valait mieux parler des conséquences de la contestation que des causes de celle-ci.

      Parler d’anthropologie ? D’histoire ? D’économie ? De relations industrielles ? Tout cela est fort monotone.

      Entre deux pauses publicitaires, le temps file à grande vitesse. Mieux vaut s’en tenir aux bouchons de circulation, aux témoignages des citoyens en colère et aux prises de bec anecdotiques. De cette manière, l’État et ses sbires peuvent prétendre défendre « monsieur et madame Tout-le-Monde » face aux « méchants contestataires » qui les bloquent dans le trafic.." - Marc-André Cyr

      https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/573420/blocus-ferroviaire-et-reactions-reactionnaires

    • Cyril Dionne - Abonné 21 février 2020 13 h 16

      @ Montmarquette

      Comment appelez-vous les Black Blocs qui ont érigé blocage ferroviaire supposément en support de la Nation Wet'suwet'en qui ne leur a jamais demandé? Des extrémistes ou des combattants de la liberté? En passant, ce sont des revendications territoriaux et des droits ancestraux qui sont au cœur du litige et non pas les changements climatiques des écoanxieux. Et ce groupe extrémiste des Black Blocs n'a aucune légitimité de faire ce qu'ils font. Aucune. Pour le gouvernement Legault, celui-ci a été démocratiquement élu par la population québécoise et reçoit plus de 60% de support. Les Black Blocs, c'est zéro.

      Le plus comique, c'est que vous ne connaissez aucun Autochtone et n'avez jamais interagi avec eux. J’ai enseigné plusieurs années à des enfants autochtones qui étaient originaires de ces réserves qui font la manchette couramment partout au pays. Et les revendications proposées par la gauche tonitruante de Québec solidaire n’a rien à voir avec leurs aspirations. Vraiment pas. Au lieu d’émettre toutes sortes de commentaire à l’emporte pièce, il faudrait leur parler avant, ne pensez-vous? Et lâchez-nous avec vos chefs de conseil de bande, ils ne représentent presque personne à par eux-mêmes et le gouvernement colonialiste d’Ottawa.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 février 2020 16 h 15

      Enfin, nos écoterroristes du Black Bloc de Saint-Lambert, contrevienne à la loi en punissant les gentils qui ont à cœur la planète et récompensant les moins bons, ceux du lobby des produits fossiles. C’est pour cela qu’ils cachent leur visage tellement ils ont honte de se faire reconnaître. Et tout cela, sur le dos des Autochtones. Comme le disait si bien Bernard Chabot dans un autre forum : « Je ne peux que trouver ironique que nos manifestants soi-disant écolos s'en prennent précisément aux chemins de fer. Ils paralysent donc des lignes de transport en commun et le réseau de circulation qui émet le moins de gaz à effet de serre par tonnage transporté. J'espère que l'industrie pétrolière saura les remercier convenablement pour leur bon travail ».

      Bravo les champions de Québec solidaire. Les gens prennent maintenant leur voiture. Misère.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 février 2020 11 h 22

      @Cyril Dionne,

      Je viens de faire une recherche et il n'y a aucun article qui fait mention de soi-disants Black Blocs qui auraient érigé des blocages ferroviaires.

      Le moins qu'on peut faire quand on avance de telles affirmations, c'est de donner ses références.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 février 2020 13 h 47

      @Cyril Dionne,

      "Le plus comique, c'est que vous ne connaissez aucun Autochtone et n'avez jamais interagi avec eux." - Cyril Dionne

      - Cessez-donc de parler au travers de votre chapeau.

      À chaque fois vous minez un peu plus votre crédibilité.

      Référence :

      Des pouvoirs aux Autochtones au sein de QS - Métro

      "Portée par les membres du parti Alisha Tukkiapik, Xavier Watso et Goulemine Cadoret, la Commission nationale espère avoir un pouvoir plus important au sein de la formation politique."

      https://journalmetro.com/actualites/national/2398558/quebec-solidaire-autochtones-plus-de-pouvoirs-aux-autochtones-au-sein-de-qs/

      Une deuxième candidate autochtone aux élections - Le Devoir

      "Québec solidaire a confirmé dimanche la mise en candidature d’Alisha Tukkiapik, jeune femme inuite, dans la circonscription d’Ungava."

      https://www.ledevoir.com/politique/quebec/536401/une-deuxieme-candidate-autochtone-aux-elections

  • Loyola Leroux - Abonné 21 février 2020 09 h 42

    Les Cris et les autres Indiens

    Ce qui surprend en voyant la signature de l'entente entre le chef Cri et Francois Legault, c'est qu'ils sont tous habillés comme des hommes d'affaires blancs. Aucune plume. Si ''une image vaut mille mots'' pouvons-nous dire que nous nous entendrons de mieux en mieux avec les ''Premiers arrivants'' ?

    • Serge Lamarche - Abonné 22 février 2020 03 h 27

      Plume? C'était pas les Commanches qui portaient des plumes?

  • Jean-Yves Arès - Abonné 21 février 2020 11 h 14

    Lettre d'une incroyable naïveté.

    Les chefs héréditaires des wet'suwet'en ne sont pas engagés dans un combat écologique anti énergie fossile.

    Ils visent simplement a obtenir le plus de pouvoir possible sur le territoire ancestral qu'il leur a été reconnu par la cour selon la description qu'ils en ont fait. Pour la question du gazoduc ils ont demandé d'en modifier le tracé, ce qui certainement pas la marque d'une position idéologique anti-énergie fossile.