Troisième lien: oui au transport en commun

La population de la Rive-Sud (région de Québec) a bien raison de souligner que ça lui prend de plus en plus de temps pour se rendre à Québec. L’étalement urbain sur chacune des rives du Saint-Laurent avec ses dizaines de milliers de véhicules additionnels en est la principale cause. On a récemment lancé une nouvelle mouture de ce que pourrait être un projet de troisième lien : un parcours reliant l’arrière de Lévis jusqu’au quartier Saint-Roch en passant sous le fleuve. Ce tracé semble tout à fait approprié puisqu’il desservirait des zones fortement denses en population. Le seul hic, c’est qu’on veut en faire un lien routier, et c’est là que le bât blesse. Transporter des passagers d’un secteur populeux à un autre est une brillante idée, mais vouloir déplacer des automobiles est complètement incohérent et absurde. Faire ainsi ne ferait qu’envenimer considérablement les problèmes de mobilité de notre capitale. L’heure n’est plus à l’asphalte, mais aux rails, il faut juguler l’hécatombe automobile et prendre dès aujourd’hui les bonnes décisions. Pour affronter ce défi, on doit penser autrement. La solution ne se trouve pas dans des tronçons d’autoroutes ou un troisième lien routier, mais plutôt dans la mobilité durable que sont le transport en commun et l’autopartage. Oui à une troisième voie exclusivement destinée au transport en commun, oui à un troisième lien sous forme de métro, de monorail ou de tramway ; l’ajout de béton ou de bitume ne fera qu’envoyer un très mauvais message et perpétuera les problèmes en les pelletant devant.

Les enjeux de la mobilité et de l’aménagement concernent tous les citoyens où qu’ils vivent, car au bout du compte ils auront tôt ou tard à en subir les coûts, les contrecoups et les conséquences environnementales.

5 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 20 février 2020 04 h 27

    Vous avancez l'idée la plus convaincante.

  • Claude Gélinas - Abonné 20 février 2020 05 h 34

    Idée fort intéressante

    Troisiéme lien réservé au transport en commun : train, autobus électrique, vélos.

  • Françoise Labelle - Abonnée 20 février 2020 06 h 41

    À sens unique, en char

    Contrairement à ce que vous laissez croire, la population dense ne se déplace que dans un sens, de Lévis vers Québec le matin et de retour le soir. On a encouragé par des baisses de taxe l'étalement vers la rive sud. Ceux qui en ont profité se plaignent? Quel est l'intérêt des citoyens de Québec?
    Le maire de Lévis a refusé tout projet de transport alternatif proclamant le règne du char dans la région. Il a hélas raison. Réalité qui échappe complètement aux montréalais qui paieront pour ça. Mais c'est beau quand ça vient d'en haut.

    • Simon Grenier - Abonné 20 février 2020 09 h 01

      Les Montréalais, dont je suis, n'ont aucun problème avec l'idée de "payer pour" permettre à la capitale de l'état d'être une ville minimalement moderne et, on semble l'oublier, une grosse agglomération. Tout le monde paie pour tout le monde au Québec, c'est la seule raison pour laquelle il y a, justement, un excellent métro à Montréal. De même qu'un éléphantesque REM, très bientôt.

      Il est bien évident que les gens habitant à Québec, souvent sans voiture, se rendent rarement de l'autre côté du fleuve, nation automobile. On observera bien assez vite que ce seul lien de transport en commun de centre-ville à centre-ville changerait rapidement cette situation. Quand on peut soudainement aller visiter ses amis ou sa famille, aller au Musée naval, visiter la tititite boutique de réparation-de-toute qui vous évite de racheter un aspirateur Dyson à 800$ ou tout simplement se rendre dans un restaurant en particulier pour son anniveraire, ben on se met à le faire. On se met aussi à y déménager, puisqu'on peut soudainement se rendre à l'université ou au travail. Les exemples de Laval et Longueuil sont clairs.

      Développement économique - par lequel tout le monde semble obsédé, augmentation de la qualité de vie des deux côtés, diminution de la congestion routière légendaire de Québec... On serait fous de se limiter au statu quo alors qu'une tonne de financement est temporairement disponible au niveau fédéral. Lévis n'étant pas qu'une petite municipalité rurale et considérant le climat de la région, ce serait une magnifique occasion d'opter pour un métro et de doter les deux villes d'un point de départ pour leurs réseaux de transports collectifs respectifs, tous modes de transport confondus.

  • Paul Drapeau - Abonné 20 février 2020 07 h 19

    Lien hybride

    C'est ce que je pense aussi. Cela devient évident compte tenu des deux points de sortie.

    Une des raisons évoquées pour un tunnel routier est la possibilité d'un évènement qui rendrait les ponts impraticables (tel une tempête de verglas), celui-ci pouvant alors servir pour les ambulances et les camions transportant premières nécessités. Il s'agit d'un besoin ponctuel. On pourrait imaginer un tunnel doté d'un tramway dans les deux sens qui en cas d'urgence exceptionnelle, pourrait se transformer en lien routien dans un seul sens pour les ambulances et les camions. Un seul sens me semble suffisant : s'il y a une tempête de verglas, peu de véhicules circuleront.