Bombardier: «État rapetissé», disait-on

Quand on a besoin d’eux, où sont les Laurent Beaudoin et tous ces hommes d’affaires qui l’ont applaudi à tout rompre un certain 21 septembre 1995, à cinq semaines du référendum ? Parlant seul mais faisant écho aux autres, le patron de Bombardier avait déclaré devant le Conseil québécois des gens d’affaires pour le Canada : « Les gens d’affaires doivent rejeter le projet que nous propose le gouvernement du Québec. […] Il est exclu, Mesdames et Messieurs, qu’un État rapetissé aux dimensions d’un Québec indépendant puisse supporter de manière adéquate le développement de ce type d’entreprises [Bombardier]. […] Je vous engage à participer activement au débat référendaire afin d’assurer l’avenir du Québec au sein du Canada. » Notons qu’il a écrit la même chose dans une lettre à tout le personnel de Bombardier.

Le Québec n’est pas indépendant, mais ni l’État québécois ni l’État canadien n’ont pu « supporter de manière adéquate le développement de ce type d’entreprises ». Conclusion : ce sont deux États rapetissés, non pas un seul ! Et le Québec s’est fait enfirouaper.

17 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 17 février 2020 04 h 18

    Mauvaise comparaison

    Bombardier semble avoir grossi sa dette de la manière des banques qui prêtaient et prêtaient au-delà des capacités des emprunteurs à un niveau sans précédant. Ensuite, ils revendaient ces dettes en les déclarant solides. Un château de carte qui s'est écroulé et a causé une récession importante. Bombardier, la grenouille, s'est donc gonflée pour essayer de devenir un boeuf.
    Le référendum, projet grenouille, a été perdu... ou gagné, c'est selon. Une chose est sûre, le projet grenouiile a flanché et le Québec est resté bien entier et solide. Il n'a pas rapetissé et le Canada non plus.

    • Bernard Dupuis - Abonné 17 février 2020 10 h 30

      Que voulez-vous dire par l’affirmation « Il n’a pas rapetissé » ? Voulez-vous parler du territoire québécois? Ou bien voulez-vous parler du peuple québécois? Je suppose que c’est dans le second sens que vous vous exprimez.

      Pensez à la langue française qui rapetisse comme peau de chagrin non seulement à Montréal. La langue ne rapetisse pas uniquement en matière de statistiques, mais surtout en matière de qualité et d’usage. Le Montréalais Justin Trudeau et le Franco-ontarien Claude Julien en sont des exemples fameux parmi les personnalités publiques les plus en vue. La syntaxe plus que douteuse, les mots franglais, le plus souvent de simples traductions ne respectant aucunement le génie de la langue française. Evenko qui considère les spectacles francophones comme moins valables que les spectacles anglophones. Radio-Canada qui semble avoir oublié sa mission de promouvoir la langue et la culture française. Les sources des animatrices sont maintenant majoritairement anglophones. Comme si les sources françaises étaient inférieures même au Canada.

      De plus, ce rapetissement de la langue et de la culture française au Canada s’accompagne d’un aplatissement de la pensée. L’immense popularité des humoristes mal engueulés et ignares en est le symptôme le plus évident. Hier soir, Mariana Mazza s’est fait rappeler à l’ordre par le grand pianiste Alain Lefebvre à propos de ce qu’elle disait au sujet de la musique classique. La pauvre Mariana passait alors pour quelqu’un qui n’avait pas terminé son cinquième secondaire. Et que dire du multiculturalisme, du système d’éducation, etc. On pourrait en parler longtemps.

      Le seul domaine où l’on peut croire aux miracles est celui de la politique. Je continue à croire que pour faire cesser ce rapetissement, pour faire cesser cet aplatissement de la nation québécoise il faut l’indépendance. Cette indépendance n’est pas la simple indépendance d’une province. C’est l’indépendance d’une nation.

      Bernard Dupuis, 17/02/2020

    • Serge Lamarche - Abonné 17 février 2020 14 h 38

      M. Dupuis, je ne suis pas au fait des multiples humiliations que vous mentionnez. Mais croire au miracle de la politique est encore plus ridicule. Les politiciens ne mènent pas les peuples, les peuples mènent les politiciens. Si le peuple se laisse humilier, il faut se redresser et trouver de meilleures répliques.
      Certains faits que vous mentionnez sont faux. Il n'y a pas de rapetissement de la langue française. Il y a toujours eu des cancres dans toutes les langues.
      Le multiculturalisme est obligatoire. Les autochtones ont des cultures différentes et on essaye de les récupérer au lieu de les assimiler ou les détruire. Comme quoi les anglais ont évolué vers la position française.

    • Bernard Dupuis - Abonné 17 février 2020 19 h 08

      Si vous trouvez que croire aux miracles en politique est ridicule, voici quelques exemples de miracles: l’indépendance du peuple américain, la victoire des Alliés sur les nazis, la victoire des anti-staliniens, la destruction du mur de Berlin, etc. Quant à l’indépendance du peuple québécois, pourquoi pas? C’est le désespoir en politique qui est une sottise. Vous pouvez toujours désespérer de votre peuple, mais ce ne sera pas mon cas, peu importe le temps que cela prendra.

    • Serge Lamarche - Abonné 17 février 2020 19 h 31

      Vos exemples n'ont rien de miracles politiques. 1- le peuple américain a été aidé de français et la suite a été mortelle pour les autochtones et les esclaves. 2- les alliés ont gagné parce que Hitler est allé attaquer les Russes, ses alliés à lui, et les Russes (Staline en premier) se sont choquées pour de vrai. Ce sont les Russes qui ont gagné cette guerre. 3- Staline mort, la normalité est revenue. 4- l'URSS ne pouvait plus justifier le mur.
      Je suis québécois et ai voté oui la première fois. Je suis indépendant. Mais les péquistes ont bien prouvé qu'ils ne sont pas meilleurs par la suite et Parizeau a joué le tout pour le tout. En tant que québécois pure laine, mon avis est qu'il est absurde de séparer la province pour garder le dollars canadien et au moins 50% des habitants ne veulent pas avoir une autre frontière pour les emmerder. Ils veulent voir et avoir du pays comme moi. Séparer le Québec implique une haine à n'en plus finir entre nous-mêmes. Voilà qui ferait plaisir à nos ennemis.

    • Bernard Dupuis - Abonné 18 février 2020 00 h 07

      Ce qui m’a toujours déçu chez les canadianistes, c’est leur faible connaissance de l’histoire. Toutefois, vous semblez faire exception. En revanche, l’interprétation que vous donnez de ces faits historiques illustre justement, à votre grand désespoir, les miracles dont je parle. Qui aurait cru possible l’issu des différents événements mentionnés?

    • Serge Lamarche - Abonné 18 février 2020 19 h 40

      Canadianiste? Vous me séparez d'avance pour mieux ignorer votre problème? À mon grand désespoir? Vous faites de la projection M. Dupuis. Les faits historiques que vous citez sont nullement des miracles ou sinon des miracles au profit des anglais. D'ailleurs, si vous allez plus loin dans le passé, les anglais ont fait coups de chances après coups de chances. J'ai bien peur que la séparation du Québec ne serait qu'un autre coup de chance pour eux. C'est pour cela que vous parlez de miracle. Le miracle serait que la séparation fonctionne...

  • Yves Corbeil - Inscrit 17 février 2020 08 h 43

    Bombardier, Beaudoin le prix Nobel de la décroissance

    Dans un moment critique planétaire, saluons la grande humilité de ces très grands hommes d'affaires québécois qui comprennent plus que nous tous réunit que le combat des changements climatique passe par une décroissance. En espérant que d'autres suivront cet example de grand sacrifice personnel pour le bien de l'espèce humaine.

    • Cyril Dionne - Abonné 17 février 2020 09 h 07

      Vous avez raison M. Corbeil. Bombardier et la famille Beaudoin ont fait plus pour les changements climatiques que personne d'autre au Québec. Ils ont mené une compagnie viable à la banqueroute complète. Ils sont des Greta Thunberg malgré eux. Oui, ils ont mon vote pour le prix Noble de la décroissance en autant que les contribuables ne ramassent pas les pots cassés.

    • Serge Lamarche - Abonné 17 février 2020 19 h 18

      Il faudrait quand même les remercier d'avoir produit un avion de nouvelle génération plus efficace et moins poluant. Le contraire de ce que Boeing a fait avec son max qui leur est un boulet.

  • Robert Morin - Abonné 17 février 2020 08 h 54

    Excellent rappel...Je me souviens!

    En effet, le Québec était peut-être trop «petit» aux yeux de Monsieur Think Big Bombardier, mais c'est tout de même l'argent des «petits» Québécois qui a le plus été englouti dans son entreprise, Ottawa se faisant toujours tirer l'oreille parce que l'aide à une entreprise québécoise n'est JAMAIS très bien vue dans le Rest of Canada (sauf quand il s'agit de verser des milliards à la GM de l'Ontario et de radier ensuite ce prêt comme si de rien n'était... avez-vous entendu beaucoup de protestations à ce sujet? Pas du tout!). Et quand Bombardier a demandé à l'aérogare de Toronto de modifier quelque peu ses aménagements pour faciliter l'exploitation de ses avions C-Series, n'a-t-il pas essuyé un refus catégorique? Moi, je pense que c'est en continuant d'adopter une attitude de soumission et de colonisé à la Monsieur Bombardier que le Québec va inévitablement se «rapetisser»...

    • Serge Lamarche - Abonné 17 février 2020 14 h 44

      M. Morin, j'allait vous donner un «j'aime» mais votre dernière phrase a tout gâché.

  • Yves Corbeil - Inscrit 17 février 2020 09 h 16

    Et sur une même note M.Philpot

    Je donnerais le prix Nobel de la Santé Mentale à la « grande famille Desmarais » qui elle a compris que trop de mauvaises nouvelles nous exposaient à l'exploitation pharmaceutique puis du coup nous éloignants du projet d'un pays. De grands québécois que ceux-là, on ne le dira jamais assez.

  • Lucie Couillard - Abonnée 17 février 2020 09 h 53

    La famille Princière Bombardier

    Enfin on découvre cette famille ayant abusé grandement des nombreuses subventions accordées par notre Gouvernement du Québec, en prétextant qu'il faut sauver des emplois.. Nous le peuple Québécois étions fière de ce fleuron Québécois mais avec les années on découvre ce gouffre financier une forme de BS déguisée. Cependant les adminitrateurs les Bomardier, les Beaudoin et Cie étant majoritaires se sont remplis les poches en s'offrant des bonus, des bonis, mais pas en des milliers de dollars mais en des millards de dollars peut importe ça fait longtemps qu'ils pigent dans le pot... Nos Gouvernements sont à la mercie de ces Millionnaires qui en mènent large dans notre Société.