Bombardier: «État rapetissé», disait-on

Quand on a besoin d’eux, où sont les Laurent Beaudoin et tous ces hommes d’affaires qui l’ont applaudi à tout rompre un certain 21 septembre 1995, à cinq semaines du référendum ? Parlant seul mais faisant écho aux autres, le patron de Bombardier avait déclaré devant le Conseil québécois des gens d’affaires pour le Canada : « Les gens d’affaires doivent rejeter le projet que nous propose le gouvernement du Québec. […] Il est exclu, Mesdames et Messieurs, qu’un État rapetissé aux dimensions d’un Québec indépendant puisse supporter de manière adéquate le développement de ce type d’entreprises [Bombardier]. […] Je vous engage à participer activement au débat référendaire afin d’assurer l’avenir du Québec au sein du Canada. » Notons qu’il a écrit la même chose dans une lettre à tout le personnel de Bombardier.

Le Québec n’est pas indépendant, mais ni l’État québécois ni l’État canadien n’ont pu « supporter de manière adéquate le développement de ce type d’entreprises ». Conclusion : ce sont deux États rapetissés, non pas un seul ! Et le Québec s’est fait enfirouaper.

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