Nous vivons ce que nous faisons vivre aux Autochtones

Les Autochtones paralysent nos voies ferrées et, de ce fait, nuisent à notre économie basée sur les échanges commerciaux ; et cela nous coûte cher.

Encore aujourd’hui, pour ne pas dire toujours, nous causons beaucoup de dommages à leur propre économie basée sur la valeur de leurs territoires, sur leurs forêts, leurs lacs et rivières de même que sur leurs plantes : économie de survie pour le gibier, les poissons et les fruits sauvages qui sont encore pour eux source de culture et de traditions. Nous ne nous gênons pas pour les exploiter en nous octroyant des droits qui bafouent les leurs.

Je souhaite que leur obstruction de nos voies ferrées puisse nous faire comprendre et réaliser ce que nous-mêmes leur faisons vivre depuis trop longtemps.

6 commentaires
  • Pierre Rousseau - Abonné 15 février 2020 08 h 44

    Effectivement...

    Momentanément, nous vivons un peu les conséquences du colonialisme que notre société a imposé aux Premiers Peuples. Des villes n'auront peut-être pas de chlore pour assainir leur eau potable ? Qu'à cela ne tienne, il y a une myriade de collectivités autochtones qui vivent sans eau potable depuis des décennies. Ces collectivités dépendent du gouvernement fédéral pas parce que c'est ce qu'elles voulaient mais plutôt parce que la société dominante a décidé il y a plus d'un siècle de marginaliser les peuples autochtones, les parquer dans des réserves, de sorte qu'on puisse « clairer » la place pour les gens de la société dominante et ses industries.

    Mais comme société coloniale nous n'étions pas satisfaits de les confiner dans leurs réserves, il fallait aussi éliminer l'Indien, ses langues et ses cultures. Alors vinrent les pensionnats « indiens » autant anglophones que francophones, géré par les autorités religieuses.

    Ceux qui bloquent les voies ferrées n'ont pas de velléités de faire disparaître les « blancs » ou de leur enlever leurs langues et leurs cultures, non, c'est plus prosaïque, ils veulent pouvoir vivre leurs identités sur ce qui reste de leurs territoires. Ils ne veulent pas convaincre les non-autochtones de la justesse de leurs revendications car ils savent que ça ne sert à rien, le colonialisme étant fortement implanté dans notre société. C'est plus un cri du cœur pour nous faire sentir une petite fraction de ce qu'eux ils doivent vivre. Puis, en fin de compte, ils vont peut-être attirer l'attention du reste du monde qui ne sera certainement pas sympathique envers les gouvernements au Canada qui étouffent les peuples autochtones et envoient la police et l'armée pour régler les problèmes.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 février 2020 10 h 28

      Merci, monsieur Pierre Rousseau, pour ce commentaire édifiant. En effet, nous avons colonisé les autochtones afin de voler leurs ressources sans vergogne. De plus, ils sont délaissés à eux même sans les nécessités de base telles que l'eau potable sans contamination et un logement adéquat.

  • Cyril Dionne - Abonné 15 février 2020 09 h 31

    100% d’accord

    Bien d’accord avec vous M. Joly. Est-ce que plusieurs savent ce que le mot Autochtone veut dire? Originaire du pays qu'il habite, dont les ancêtres ont vécu dans ce pays selon Larousse. Nous avons envahi leurs territoires, détruit leurs forêts, et pollué leurs lacs et rivières.

    En plus, si cela n’était pas assez, les Anglos ont créé une Loi sur les Indiens en les réduisant à devenir des pupilles de l’état. Encore une fois, si cela n’était pas assez, ils les ont confinés dans des réserves ou prisons à ciel ouvert et ils ont pratiqué ce système d’apartheid bien « canadian ». Et maintenant, tout le monde est surpris s’ils bloquent des voies ferrées.

    Il ne manque plus que notre acteur de vaudeville en chef, Justin Trudeau, de se costumer en indien pour aller fumer le calumet de paix en les saupoudrant des milliards encore une fois tout en versant quelques larmes au moment opportun pour que les caméras les enregistrent. Mais aujourd’hui, cela ne sera pas suffisant. Il va falloir qu’il l’ouvre cette boîte à Pandore qu’est la constitution de 1982 de son cher papa. Et là, le « fun » va commencer.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 février 2020 11 h 03

      Je suis agréablement surprise par votre commentaire, monsieur Cyril Dionne, du fait que vous compatissiez avec les autochtones. Bravo!

    • Cyril Dionne - Abonné 15 février 2020 16 h 39

      Mme Alexan, contrairement à presque tous les interlocuteurs dans la section « commentaires », j'ai travaillé comme enseignant avec des enfants autochtones qui venaient d’Attawapiskat dans le nord de l’Ontario, une réserve qui fait les manchettes toujours pour les mauvaises raisons à toutes les années. Je peux vous dire aussi que souvent les conseils de bande ne font pas le travail (plusieurs corrompus ou malhonnêtes) et que leurs chefs ancestraux, qui sont la plupart du temps des femmes, sont respectés. J’ai vu leur misère de près et j’ai essayé de comprendre pourquoi ils sont dans cette situation et ne peuvent pas s’en sortir. Ce qui crève les yeux, c’est que la loi sur les Indiens les pousse dans cette direction. Il faudrait l’avoir abolie hier cette loi sur les Indiens.

  • Bernard Terreault - Abonné 15 février 2020 10 h 49

    Question

    Peut-on honnêtement croire que les personnes de descendance autochtone puissent vivre en 2020 de chasse et pêche ? Sans médecine moderne, sans technologie, recroquevillés dans des réserves ? Si on part du Bhoutan ou du Mali pour émigrer à Montréal, n'est-il pas temps que les Autochtones viennent aussi étudier à Polytechnique ou McGill et fassent de belles carrières (y compris comme directeurs de mines ou médecin dans le Nord!) ? Toute cette histoire de modes de vie ancestraux, c'est du folklore pour bien-pensants urbains bien nantis.