Vivement la proportionnelle!

Christian Dufour (Le Devoir, 6 février 2020) est un fervent partisan du mode de scrutin actuel, uninominal à un tour. Il concède, certes, que les Québécois de souche et les régions s’en trouvent favorisés, mais pense que cette iniquité est nécessaire pour assurer la survivance du Québec français. M. Dufour, quand les libéraux ont sévi quasiment sans partage de 2003 à 2018, cela a-t-il été bénéfique pour le Québec français ? Poser la question, c’est y répondre.

M. Dufour soutient qu’avec la proportionnelle il aurait été impossible de voter une loi sur la laïcité. C’est faux. Le Parti québécois l’aurait appuyée, avec des ajustements mineurs. Alors que se termine aujourd’hui à Québec la consultation sur le nouveau mode de scrutin, je nous souhaite d’en finir avec ce legs des conquérants britanniques.

4 commentaires
  • Léonce Naud - Abonné 13 février 2020 04 h 34

    « En finir avec ce legs des conquérants britanniques » (S. Leblanc)

    Le brave homme ne réalise pas que ce Québec qu'il aime est justement une création impériale britannique. Qui plus est, si les Britanniques en question ne s'étaient pas agrippés à ce qui leur restait d’Amérique du nord après la Guerre d’Indépendance des États-Unis, rien n’aurait pu stopper les Yankees de remonter vers le nord jusqu’aux limites de l’Empire du Tsar de toutes les Russies, tout comme ils ont déferlé vers l’Ouest jusqu’à l’océan Pacifique et emporté une partie du Mexique dans le même élan. Une grande leçon en Histoire : s’il devient inévitable pour un peuple d’être conquis, mieux vaut que ce soit par des types qui fabriquent de la bonne marmelade.

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 février 2020 09 h 28

      Je suis en total désaccord avec vous, M. Naud.

      Pendant les années 1830 il y a eu des pourparlers avec les USA pour que les Canadiens-Français se joignent à eux.

      Les USA ont offert d'emblée que leur nouveau pays soit bilingue.
      À cette époque les Anglais occupaient de petites enclaves sur le continent, et le français de fait dominait le Bas-Canada, tout le nord de l'Ontario (Bytow, aujourd'hui Ottawa, était surtout francophone, et le reste du territoire depuis le lac Huron jusqu'aux Rocheuses.
      Le français dominait en nombre dans la plaine du Mississippi et la moitié des prairies américaines, où le commerce et la diplomatie entre autochtones était en français.
      Difficile à imaginer de nos jours.

      L'intention américaine était de s'introduire partout avec l'aide des Français. Brillant de leur part.

      On peut penser qu'un pays officiellement bilingue, dont l'espace rural est principalement français, aurait attiré au moins autant d'immigrants français qu'anglais. Il n'est pas sûr que les Italiens, Allemands ou Chinois auraient ensuite appris l'anglais sur ces territoires.

      Mais bon, les discussions ont avorté, Papineau s'est exilé, les Patriotes se sont fait massacrer tout comme les Métis et les autochtones, alors que les Américains sont restés dans la belle tradition barbare de leurs ancêtres et ont tout tué pour s'emparer du territoire.
      Malgré votre marmelade, les conquêtes Anglaises sont de la barbarie pure, depuis l'Inde jusqu'à Los Angeles ou Vancouver en passant par l'ancienne Rhodésie, et ça continue chaque jour malgré votre confort et votre indifférence.

      Ceci dit, la proportionnelle sans une totale séparation du législatif et de l'exécutif est une aberration sans nom.
      Un truc pour écœurer tout le monde de la politique et ensuite établir des fous au pouvoir, "en désespoir de cause". Ouan, le désespoir est payant pour certains.

      Pas de proportionnelle sans révision complète de la constitution.

  • Léonce Naud - Abonné 13 février 2020 11 h 38

    Où il est question d'oiseau et de types peu fiables

    Cher M. Trottier : ci-dessous deux devinettes.

    Au dix-neuvième siècle, un de nos grands chefs nationalistes proposa que les Bas-Canadiens rejoignent les États-Unis et mentionna un oiseau au solide appétit. Il prophétisa : « Ainsi nous nous élèverons dans les serres de l’Aigle ». Qui était-ce ?

    Plus d’un siècle plus tard, un autre grand et révéré chef nationaliste supplia la Grande-Bretagne de conserver les Québécois dans le giron Britannique, pour éviter que ces derniers se retrouvent citoyens Canadiens avec une bande de types peu fiables à Ottawa. Qui était-ce ?

    J’attends vos deux réponses. Vous et moi sommes bons pour une assemblée contradictoire sur un perron d’église.

  • Yves Corbeil - Inscrit 13 février 2020 14 h 45

    La proportionnelle pour être assurer qu'on ne bougera pas

    Les fédéraux ne nous en demande pas autant misère. Un gouvernement qui s'attaquera à la contitution de Trudeau, ça se serait une grande avancée pour le Québec. Qui en aura l'audace, ça n'arrivera sûrement pas avec un melting pot proportionnelle de gens de différentes allégeances et de lubies sociales.