Un empressement à vitesse variable

Il est tout de même ironique de voir l’empressement souvent malhabile que met le gouvernement Legault à faire avancer plusieurs dossiers, quitte à bousculer tout un chacun, alors qu’il se traîne les pieds sur la réforme électorale. C’est d’autant plus contradictoire que cette réforme, envers laquelle la CAQ s’était engagée avec le PQ, QS et le Parti vert en mai 2018, a fait l’objet de vastes consultations, ce qui est loin d’être le cas de certains projets de loi approuvés sous le bâillon, comme la loi 40 la semaine dernière. Il est clair que le gouvernement utilise sa majorité quand bon lui semble. D’ailleurs, parlant de majorité, on sait bien que celle octroyée par les déficiences de notre système électoral n’en est qu’une de façade. En effet, comment prétendre à celle-ci quand à peine 66 % des électeurs inscrits en 2018 ont voté et que près de 63 % de ceux-ci ont fait un autre choix que la CAQ ? C’est d’ailleurs à cela que M. Legault faisait référence lorsqu’il a incité ses 74 élus à faire preuve d’humilité lors de leur assermentation et à s’élever au-delà de la partisanerie. Ici, c’est bien à oublier qu’on s’est empressé…