Le temps des pétrolières en déclin

Les grosses pétrolières vivent bien au-dessus de leurs moyens, selon une étude de l’institut d’analyse économique et financière de l’énergie Novethic du 7 février 2020.

L’étude, intitulée Living beyond their means (« Ils vivent au-dessus de leurs moyens »), montre qu’« entre 2010 et 2018, ExxonMobil, BP, Chevron, Total et Shell ont versé en tout 536 milliards de dollars de dividendes à leurs actionnaires. Mais, sur la même période, ces cinq entreprises n’ont généré que 329 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible. Pour combler l’écart de 207 milliards de dollars, ces cinq majors ont eu recours soit à l’endettement, soit à la vente d’actifs ».

Pendant ce temps, le gouvernement canadien achète un oléoduc en misant sur le fait qu’avec l’argent qu’il fera grâce à l’exportation de ce type de pétrole, il va financer la transition énergétique. Toutefois, selon Le Devoir (texte d’Éric Desrosiers du 3 juin 2019), produire un baril de pétrole norvégien émet seulement 9 kg de CO2 dans l’atmosphère, contre une moyenne mondiale de 18 kg, alors que les sables bitumineux de l’Alberta en émettent 100 kg. Cherchez l’erreur…

4 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 12 février 2020 08 h 30

    Les visionnaires

    Mme Germain, les pétrolières ne sont pas à plaindre. Si leurs revenus ont chuté, c’est à cause de l’’abondance et la prolifération du pétrole partout sur la planète. On parle des changements climatiques et pourtant, la production des produits fossiles augmente à chaque année, d’où la baisse des prix à la pompe. Les USA sont devenus le plus grand producteur d’or noir sur la planète.

    Au Canada, les producteurs de l’ouest en arrachent parce que le prix de leur pétrole bitumineux est de l’ordre de 19$ américain aujourd’hui. En fait, leur seul client notoire qu’ils ont, ce sont les Américains qui l’achètent à plus de la moitié du prix. En d’autres mots, lorsqu’ils produisent un baril de pétrole des sables bitumineux, ils perdent de l’argent. Mais il ne faudra jamais oublier aujourd’hui, que les sables bitumineux représentent une valeur de 3 250 milliards même à 19$ le baril. Alors, imaginez qu’ils puissent l’acheminer aux côtes pacifiques et atlantiques facilement via les pipelines pour le vendre aux prix mondial de 50$ d’aujourd’hui.

    Bientôt, ce sera la planète qui en prendra pour son rhume car ce pétrole sale sera extrait et vendu. Justin Trudeau et Steven Guilbeault ont dit qu’ils utiliseront une partie de l’argent obtenue de ce pétrole infernal pour lutter contre les changements climatiques, mais seulement en 2050. Quels visionnaires ! On va détruire et essayer de reconstruire la planète après. Oui, des visionnaires.

    • Gilles Théberge - Abonné 12 février 2020 12 h 12

      Idéalement, il ne faudrait pas qu'il leur soit possible d'acheminer leur pétrole sur la côte atlantique, via un pipeline.

      La stratégie de laisser passer du temps peut être bonne. Attendre un peu avant de sortir de leur chapeau un autre projet de pipeline, c'est peut-être ce qu'ils attendent.

      Moi ça ne m'étonnerait pas. Mais si nous voulons, si nous nous mobilisons, en fait si nous prenons la rue, ça va être difficile pour eux... Nous pouvons prouver que l'argent n'achète pas tout, Nous le pouvons.

      L'attitude de Guilbeaut et de Trudeau (le jeune !) me fait penser à ceux-là qui pensent créer des zone humides, avec l'argent des amendes payées par les «développeurs», qui ont renchaussé des zones humides...!

      Dans un cas comme dans l'autre, c'est de la crétinerie de haut niveau.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 12 février 2020 09 h 10

    Subventions

    Et les subventions aux fossiles à nos frais? Tous les fossiles ne sont pas des combustibles.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 12 février 2020 11 h 25

    Novethic n'est pas l'auteur de cette "étude", qui, en fait, est du marketing pro-transition énergétique.

    Novethic se décrit comme étant un " Expert de la finance durable et média référence de l’économie responsable ".

    Et "l'étude" qu'ils poussent est faite par le "Institute for Energy Economic and Financial Analysis" qui se décrivent eux-mêmes comme
    "L'Institut a pour mission d'accélérer la transition vers une économie énergétique diversifiée, durable et rentable" .

    Donc un promoteur de transition énergétique, ce qui n'en fait surement pas un acteur crédible pour livrer une analyse impartiale et rigoureuse qui situe bien les contextes financiers particuliers de ce type d'entreprise et de secteur qui est dans leur mire pour le réduire autant que la chose se peut.

    Aussi bien se référer aux pro-vie pour connaitre les bienfaits de l'avortement...

    https://www.novethic.fr/
    Et "l'étude" marketing/bashing en question
    https://ieefa.org/wp-content/uploads/2020/01/Living-Beyond-Their-Means-Five-Oil-Majors-Cannot-Cover-Dividends_January-2020.pdf