Avortements tardifs: lettre à la ministre Danielle McCann

Dans le journal Le Devoir du 6 février 2020, il était écrit que vous souhaitiez qu’un plus grand nombre de médecins pratiquent des avortements tardifs afin d’accroître l’accès des femmes à ce service.

Les dernières recherches médicales ont pourtant démontré que les foetus et les prématurés sont dotés d’une très grande sensibilité à la douleur. « Le système qui véhicule la douleur est fonctionnel dès le troisième trimestre de grossesse tandis que le système inhibiteur se développe plus tard. » (Le Monde, Marion Solletty, 5 juin 2010)

Le gouvernement de la CAQ aime bien répéter qu’il gouverne selon des consensus.

Or il n’y a pas de consensus concernant les avortements tardifs de troisième trimestre au Québec. À l’instar de tous les pays occidentaux (exception faite de quelques États américains), votre gouvernement devrait s’empresser de mettre des balises à l’avortement (recommandation faite par des juges de la Cour suprême du Canada dans l’arrêt Morgentaler). Par exemple, la limite est de 12 semaines en France et en Allemagne, de 18 semaines en Suède et de 24 semaines en Grande-Bretagne (Wikipedia).

Et pour la sécurité des femmes, le Dr Morgentaler désapprouvait les avortements après 24 semaines de grossesse. Il suggérait aux médecins d’expliquer aux femmes les dangers d’un avortement tardif, de leur conseiller de poursuivre leur grossesse et d’avoir recours à l’adoption. (La Presse, 27 janvier 2008)

Aurez-vous le courage de baliser l’avortement, comme la majorité des citoyens du Québec le désirent ? Tant d’enfants comptent sur votre courage et votre protection pour pouvoir naître, grandir et se retrouver possiblement dans les bras de parents adoptifs, si heureux de les combler de leur amour.

5 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 11 février 2020 05 h 22

    La conscience ou le mal

    Dès que le cerveau se forme, il y a conscience. C'est bien plus important que la douleur. C'est le désir de vivre. Le foetus sait qu'il est en vie et veut le rester. La douleur existe chez tous les animaux, même chez les vers. Il suffit de cellules nerveuses sensibles pour avoir une douleur.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 11 février 2020 12 h 22

      Il devrait y avoir une aide aux femmes désirant avorter pour qu'elles puissent plutôt mener à terme leur grossesse et con fier leur enfant à l'adoption. Il y a tellement de parents qui souhaitent avoir un enfant adopté.

    • Sylvie Chiasson - Abonnée 11 février 2020 17 h 27

      Je vous soutiendrai à 100%, messieurs, pour que vous puissiez poursuivre votre grossesse :-). Mais la mienne, ben, elle me regarde.

    • Marc Therrien - Abonné 11 février 2020 18 h 04

      Le foetus est à ce stade le plus heureux de l'existence où, n'étant pas encore conscient de lui-même et de la condition tragique de ses congénères qui, éprouvant cet inconvénient d'être nés, souffrent de leur conscience d'être mortels, il ne peut formuler cette pensée absurde: avoir su, j'serais pas venu.

      Marc Therrien

  • Renée Joyal - Abonnée 11 février 2020 20 h 08

    Dépasser la polarisation

    Merci pour votre texte et merci au Devoir de l'avoir publiée! Est-il possible de dépasser cette polarisation du "pour ou contre l'avortement"? Pour ma part, et je l'ai souvent dit et écrit, il ne m'apparaît pas souhaitable d'interdire l'avortement pendant les premiers mois de la grossesse. Mais plus tard, et en particulier lorsque le foetus devient viable, c'est-à-dire qu'il aurait de fortes chances de survivre en dehors du sein de sa mère, il ne faut autoriser l'avortement qu'en présence de motifs très graves, par exemple si la poursuite de la grossesse met en danger la vie de la mère ou sa santé. Sinon, il faut aider la mère à poursuivre sa grossesse et à décider par la suite soit de garder l'enfant soit de consentir à son adoption. L'avortement libre dans les derniers mois de la grossesse me semble pure barbarie.