Bombardier de toutes les crises

Vu le fort appui étatique à l’industrie aéronautique dans le monde, il est miraculeux que Bombardier ait pu se développer et atteindre un tel sommet. Mais il est paradoxal qu’avec un apport de 13,1 G$ en péréquation, en 2019, le Québec soit trop pauvre pour assurer le suivi du C-Series alors qu’Airbus est en voie de faire un immense succès commercial de l’A-220, Boeing ayant du plomb dans l’aile. Un investissement dans Airbus est aussi le ticket d’un partenariat européen aux effets d’entraînement technologique, industriel et manufacturier. La peur du succès l’emporterait-elle sur celle du risque ?

La filière aéronautique, en plus de sa forte composante de technologies de pointe et de main-d’oeuvre spécialisée, a des retombées cruciales dans les secteurs de l’automobile et du rail. Des secteurs de plus en plus interdépendants et intégrés au pays avec des centaines de fournisseurs et des dizaines de milliers de travailleurs au Québec, en Ontario et ailleurs. Le succès et la pérennité d’une bonne partie de notre industrie manufacturière sont tributaires du maintien de l’excellence de ces expertises uniques qui sont les bougies d’allumage et les rouages de secteurs vitaux de notre économie.

Il serait difficile de demeurer compétitif dans ces secteurs sans un quelconque profil international, incluant des alliances stratégiques. Oui, un délestage sectoriel s’impose, mais pas au prix de choisir entre le parachute et le siège éjectable. Sortir des gros-porteurs aériens et du TGV pour maintenir notre succès dans les avions d’affaires et le rail léger serait plus à la portée de nos budgets et de nos priorités nationales. Mieux qu’un démembrement de Bombardier faudrait-il viser son recentrage à hauteur de nos ambitions sectorielles et projets futurs dans le secteur des transports au pays ?

3 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 6 février 2020 04 h 26

    Quel dommage(s)

    Quand on pense que Bombardier était tellement bon avec son avion serie-C que Boeing chialait et le poursuivait. Dommage que l'avion pourri de Boeing ne se soit pas écrasé avant. Il aurait fallu que Bombardier résiste plus.
    Je ne vois pas pourquoi Bombardier ne pourrait pas remonter la pente complètement. Le nouvel avion se vend bien? C'est la preuve que la compagnie peut faire mieux que Boeing. L'expertise est là.

  • Serge Pelletier - Abonné 6 février 2020 06 h 30

    Depuis 1911, date de sa création, cette compagnie a "pompé" l'argent des contribuables.

    Depuis 1911, date de sa création sous le nom de Canadian Vickers, cette compagnie a "pompé" l'argent des contribuables. Les Lords britanniques, sachant la "recette", ne connurent aucune retenue. Au début, cela était preque bien, n'eut été de la fâcheuse habitude de prélever des sommes monétaires faramineuses pour les poches dits propriétaires, car cette compagnie développait l'expertise (alors inexistante) canadienne en construction navale (acier), puis en aéronautique.

    Lors de la 2e Guerre Mondiale, la Vickers créa une division spécifiquement pour l'aéronautique sous le nom de Canadair... Façon "pratique" d'obtenir plus de subventions du GV-C et GV-USA... et de s'adjoindre des partenaires américains... Mais, de profits, ce fut Zéro point barre.

    Dans années 50 la division de la Vickers et ses partenaires américains fondent une nouvelle entreprise "Canadair" sous la direction de la "General Dynamics"... Mais toujours avec des fonds publiques comme première source de revenus... Surtout pour les "boss"...

    Puis, vers le milieu des années 70, sous le GV-Trudeau (le père), cette compagnie est entièrement étatisée... Avec de gros profits pour les anciens propriétaires... Mieux, cette nouvelle entité fédérale achète à gros prix, aux copains d'alors, des petites compagnies, boîteuses il va s'en dire, du secteur aéronautique... En en faisant, miroiter d'énormes profits futurs... En attendant les profits, tous les boss - y compris les petits copains - boivent du champagne et mangent du caviar...

    Vers le milieu des années 80, Mulroney, ne pouvant plus justifier ce gouffre monétaire sans fonds, vend toute la compagnie pour 1$ à Bombardier... avec bien entendu la possiblité et à la demande de subventions à la carte...

    Le restant de l'histoire vous la connaissez... Mais les vieilles pratiques datant de 1911 sont toujours là, présentes et s'emplifant... Avec encore et encore les histoires de "il faut sauver les jobs"..."Mais à vos frais"... "pis nos bonis à vos frai

  • Sylvain Auclair - Abonné 6 février 2020 13 h 05

    Péréquation

    On dirait que vous ne comprenez pas ce qu'est la péréquation. Si le Québec en reçoit tant, c'est justement parce qu'il est pauvre. Et cette somme ne nous permet que de nous hisser jusqu'à la moyenne canadienne...