«Toute la vie», enfin une télésérie qui nous fait du bien!

Enfin, je ne croyais plus cela possible. En effet, des téléséries comme Toute la vie, il faut les compter sur les doigts d’une seule main, et encore. Cette télésérie me semble unique selon le point de vue d’éducateur de carrière que je suis.

Dans le contexte social québécois actuel plus que perturbé par toutes sortes de phénomènes sociaux qui interfèrent insidieusement dans le processus de toute éducation saine, Toute la vie est une aire de pureté qui s’invite dans l’aire d’un Québec tourmenté qui se perd et se cherche si difficilement.

Quelle habileté de l’auteure Danielle Trottier, qui interpose avec brio son scénario entre les idéologies des mouvements pro-choix et pro-vie ! Quelle victoire quand on voit le coeur triompher de toute idéologie !

Autour du « On ne voit bien qu’avec le coeur » d’une Anaïs, de l’hypersexualité d’une Jolène, de la cyberdépendance porno d’une Den, du mélange de beauté et de laideur d’une Edwige, se dressent providentiellement la présence d’un Christophe personnifié par Roy Dupuis et la pureté d’âme magnifique de la directrice Tina qu’incarne merveilleusement bien Hélène Bourgeois- Lerclerc, pour ne citer que ces personnages.

Bravo à l’auteure, Danielle Trottier !

Coup de chapeau à Hélène Bourgeois-Leclerc et à Roy Dupuis !

Un éducateur reconnaissant,

2 commentaires
  • Réjean Martin - Abonné 3 février 2020 19 h 12

    merci

    merci de nous avoir mis sur la piste Monsieur

  • Maryse Pellerin - Abonnée 4 février 2020 10 h 34

    Une funambule sur la corde raide

    Telle une funambule sur la corde raide, Danielle Trottier déploie un univers tout en nuances. Au départ, on peut se demander comment, en 2020, des jeunes filles se retrouvent entre elles dans un univers clos, même si elles ont la liberté de sortir à leur guise, l'une d'elle allant jusqu'à retrouver dans un motel un inconnu vu sur le net. Ces futures mères sont bien de leur époque.

    Derrière chaque tranche de vie, on devine la présence de la famille. Sauf dans le cas d'Anaïs, treize ans, ce sont les parents qui ont choisi de faire vivre la grossesse de leur fille à l'abri des regards. L'heure bleue, autre téléroman abordant la grossesse d'une adolescente, présente quant à lui une Clara à l'aise de poursuivre ses études dans un cégep, tout en étant visiblement enceinte. N'est-ce pas la norme aujourd'hui, du moins pour les filles des classes aisées?

    Il est vrai que rien n'est noir et blanc dans Toute la vie, mais l'autrice réussit-elle à contourner les idéologies pro-vie et pro-choix, comme le proclame M. Béland? Attendons pour voir. On constate que le père d'Anaïs, qui tient mordicus à ce que sa fille avorte, est présenté comme une figure tyrannique. Tina, l'intervenante, accepte mal qu'Edwige ne veuille pas garder son bébé. Ces éléments de l'intrigue suggèrent des choix qui semblent fondés sur l'exaltation de la vie au détriment de l'émancipation réelle et future des pensionnaires de ce gynécée étonnant.