Arabie saoudite: une démission scandaleuse de la part de nos élus

Je trouve scandaleux le fait que les gouvernements occidentaux n’ont pas décidé encore de couper toute relation politique et commerciale avec le régime barbare de l’Arabie saoudite, même après les dernières révélations de l’exécution du journaliste Jamal Khashoggi, et ensuite l’espionnage de la part du prince héritier, Mohammed ben Salmane.

Il mène la guerre au Yémen. Il étouffe le Qatar. Il menace l’Iran. Il sème la pagaille au Liban. Il assassine ses propres citoyens. Il exporte l’extrémisme wahhabite partout dans le monde et on le laisse faire.

Cependant, on pourrait refuser de lui vendre des armes. On pourrait refuser de former ses médecins dans nos universités. On pourrait aussi interdire aux mosquées canadiennes de recevoir l’argent saoudien.

La mollesse de la plupart des dirigeants occidentaux envers l’Arabie saoudite s’apparente à de la complicité.

Pire encore, et sans vergogne, les membres du G20 vont tenir leur prochaine rencontre à Riyad sous la présidence et les auspices de ce prince voyou. Honte à nos dirigeants qui prêchent la démocratie du bout des lèvres, sans vraiment la pratiquer.

15 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 29 janvier 2020 00 h 49

    Bravo !

    Tout à fait d’accord, Mme Alexan.

    Selon les dépêches diplomatiques américaines révélées par Wikileaks, la dictature saoudienne est le principal financier du terrorisme international.

    Elle a financé à hauteur de 85 à 90% les milices islamistes qui ont mis à feu et à sang la Syrie.

    Dernièrement, c’est elle qui a probablement détruit une partie de ses propres installations pétrolières pour forcer la main aux Américains afin qu’ils entrent en guerre contre l’Iran.

    L’explication de la lâcheté d’Ottawa est simple.

    L’Arabie saoudite tient le gouvernement canadien par les parties sensibles; la dictature saoudienne a négligé de payer pour 3,4 milliards$ de ses fameux chars d’assaut construits en Ontario.

    Puisque le gouvernement fédéral est garant de l’Arabie saoudite auprès du constructeur ontarien, si Ottawa critique Ryad au sujet des droits de la personne, cela pourrait coûter 3,4 milliards$ aux contribuables.

    Voilà pourquoi le ministre des Affaires étrangères du Canada laisse pourrir Raïf Badawi en prison. Si son état devait se dégrader, on fera semblant d’être surpris…

  • Gilbert Troutet - Abonné 29 janvier 2020 03 h 49

    Entièrement d'accord

    Je suis tout à fait d'accord avec vous, Madame Alexan. Non seulement notre silence les approuve, mais on leur offre sur un plateau la présidence du G20. Une honte.
    Comme dit une vieille chanson québécoise, « pour boire, il faut vendre ». Et vendre surtout de l'armement, qui sert ensuite à bombarder le Yémen et à équiper les groupes djihadistes qui sévissent en Syrie et en Irak. Dans ce commerce de mort, les États-Unis et la France sont aux premières loges, et le gouvernement de Justin Trudeau ne voit pas d'inconvénient à leur vendre pour 15 milliards $ de véhicules militaires.
    On se rappelle que de grandes compagnies comme Ford et General Motors équipaient le IIIe Reich. Un avocat américain rappelle ainsi que
    « Ford a conservé des relations très confortables avec l'Allemagne nazie tout au long de la guerre, et engrangé les profits tirés du travail forcé des prisonniers de guerre et des déportés employés dans son usine de Cologne ».

  • Lucette Dussault - Inscrite 29 janvier 2020 06 h 12

    complicité honteuse des états

    La principale raison qui justifierait cette complicité est l'argent du pétrole! Plusieurs économies occidentales notamment carburent avec les ventes d'armes à cet état et les crédits au pétrole qu'il leur accorde! Les événements dont fait état l'article sont de l'ordre d'un silence étatique complicite, pour être poli la fameuse raison d'état qui a tué tant de monde, inavouable même si l'évidence perce ce silence honteux!. La démocratie fait honte dans ce dossier!

  • Robert Taillon - Abonné 29 janvier 2020 06 h 56

    Les deux visages des gouvernements

    Totalement en accord avec cette analyse. Le système monétaire mondial est basé sur les abus des peuples donc incidemment sur les ventes d'armes pour contrôler les peu^les et fomenter des révolutions et des guerres. Dans le cas de l'Arabie Saoudite il y a le pétrole, quoique moins important maintenant, mais aussi les alliances de contrôle avec l'Occident. Les gouvernements les dénient en les appuyant aussi. Ces gouvernements sont donc par alliances responsables des guerres et abus commis par l'Arabie Saoudite.

  • André Chevalier - Abonné 29 janvier 2020 07 h 59

    Ignorer l'histoire, c'est se condamner à la répéter

    Les démocraties occidentales sont toujours aussi lâches face aux dictatures qu'à l'époque du fascisme des Franco, Mussolini et Hitler. Attendons-nous aux mêmes conséquences si elles persistent dans la même voie.