Le vivant mérite mieux

Pour répondre à l’éditorial de M. Sanfaçon du 23 janvier intitulé « La banlieue mérite mieux », je tiens à apporter un point de vue qui déborde de la perspective manichéenne entre les méfaits de l’étalement de la banlieue et des bienfaits de la densification urbaine.

Premièrement, ce sont deux modes de vie liés à la modernité et élaborés par les entrepreneurs en construction des grandes firmes immobilières au Québec. Dans ce contexte économique, social et culturel, les déplacements ont été abordés du point de vue de l’efficacité de la mobilité, activité liée à la croissance économique et à l’investissement immobilier. D’ailleurs, la construction de maisons et l’achat d’automobiles sont inscrits comme des unités de comptes pour les économistes.

Le ministre de l’Énergie vient tout juste de mentionner qu’il attribuait positivement la vente de VUS à la santé économique du Québec. Une autre étude, Origine et destination, vient également confirmer que les Québécois ont opté d’abord pour le 4X4 pour se déplacer à Montréal ou en banlieue. Pour qui réside à Montréal, rien ne le distingue plus du banlieusard actuellement. Les constructions de condos offrent du stationnement intérieur, les HLM offrent du stationnement extérieur. Le Montréalais utilise son auto pour des déplacements de moins de 5 kilomètres pour se rendre à l’épicerie, à la pharmacie du coin, mener l’enfant à l’école à moins de 500 mètres. D’ailleurs, le parc automobile montréalais augmente plus rapidement que le nombre de ménages, et compte maintenant 2,6 millions de véhicules, soit un peu plus d’une voiture par ménage.

À la mesure du dépassement des seuils de développement qui détériorent nos écosystèmes, soit les sols, le fleuve et les forêts, l’automobile en fait partie par le réchauffement climatique qu’elle accélère. Pour 2018 seulement, les Québécois ont investi 13 milliards dans les VUS. La résultante en CO2, provenant de la banlieue et de ses couronnes ou de la ville centre, ne se prête pas à une distinction sur sa provenance. Tous les Québécois et Québécoises participent à son accumulation dans l’atmosphère au moment même où les scientifiques prévoient une rétroaction positive des écosystèmes ou un point de bascule, affectant l’ensemble du vivant, humain et non humain.

2 commentaires
  • Claude Saint-Jarre - Abonné 27 janvier 2020 12 h 41

    500 mètres

    Si nous marchions plus pour se rendre à moins de 5 kilomètres, nous serions plus en santé et il y aurait une baisse du coût du système de santé.

  • Gaétan Cloutier - Abonné 27 janvier 2020 18 h 53

    J'ai lu vaguement un article qui parlait du ministre de l'énergie

    "C’est parce que l’économie « va très bien » qu’ils « utilisent des véhicules plus énergivores »" - La Presse

    Ah bon? Mon économie va très bien et pourquoi suis-je conscient que plus je consomme, plus je rejète. Dans le même article, on note le nombre de gens ayant participé à la marche pour le climat ainsi que le nombre de gens ayant signé le pacte.

    Comme si c’était suffisant.