Proportionnelle ou «distorsionnelle»?

Ainsi, le gouvernement Legault énonce du bout des lèvres le projet d’une refonte de notre vétuste mode de représentativité électorale hérité de notre colonisateur.

C’est un secret de Polichinelle qu’un tel engagement en campagne électorale devient une patate chaude lorsqu’il s’agit de l’implanter comme gouvernement. Ne nous contons pas d’histoire, tous les partis politiques ayant connu le pouvoir, sans exception, au cours des cinquante dernières années ont bien profité de l’obsolescence du système qui permet de ravir le pouvoir avec seulement un peu plus du tiers du vote populaire.

Le non-sens de ce dispositif électoral est criant et ne donne aucune représentativité aux nouveaux courants politiques, qu’ils soient situés à droite ou à gauche de l’échiquier politique. Puisqu’il est enfin question d’une réforme, ne ratons pas le bateau et assurons-nous que toutes les voix puissent être entendues à leur juste valeur. Sans parti pris, il est ahurissant de constater que le Parti vert ayant récolté près de 68 000 votes (1,68 % du vote populaire) n’a aucune représentation à l’Assemblée nationale ; il devrait théoriquement détenir deux sièges ; le même calcul vaut pour Québec solidaire avec ses 16, 1 % et le Parti québécois avec 17,06 %.

Si réforme il a aura, mieux vaut qu’elle ouvre la porte à toutes les formations ayant obtenu au moins 1 % du vote populaire pour permettre une pluralité d’opinions à l’Assemblée.

3 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 23 janvier 2020 09 h 05

    Je suis en total désaccord avec votre dernier paragraphe

    Si on ouvre la porte, comme vous dites, à tous les partis qui ont obtenu au moins 1 % des voix, ce qui devrait leur valoir 2 députés, nous finirions avec 200 députés élus de cette manière, ce qui serait ridicule. Des plans pour qu'on reconstitue ici le système prévalant en Israël.

    Le minimum exigé actuellement par la CAQ, soit 10 %, est beaucoup trop élevé, mais 5 % m'apparaît correct. Le Parti vert a obtenu 68 000 votes aux dernières élections, écrivez-vous. Ce n'est franchement pas beaucoup. Ce parti a des croûtes à manger.

  • Cyril Dionne - Abonné 23 janvier 2020 09 h 27

    Combien de fois faut-il dire non?

    Oui, que c’est beau de dire que nous allons avoir une pluralité d’opinions à l’Assemblée et une représentativité aux nouveaux courants politiques dans la refonte de notre vétuste mode de représentativité électorale. Wow ! Je dois retenir mes larmes en lisant cette lettre.

    Ceci dit, on ne parlera pas de la proportionnelle qui mène à l’impasse législative où les partis politiques sont incapables de s’entendre. Aujourd’hui, même avec un parti majoritaire, c’est impossible. Alors, imaginez la cacophonie provoquée pour un tel système d’élections. On ne parlera pas que ce pluralisme extrême permettra aux petits partis minoritaires d’exercer un chantage auprès des plus grands partis. Ici, imaginez un groupuscule de parti religieux à saveur du Moyen-Orient où on leur donne une plateforme pour faire de la pression afin de passer des lois rétrogrades. Des petits partis extrémistes, il en pleut à gauche ou à droite en passant par le passage obligé de la religion, conditionnant une part trop grande du pouvoir législatif vue leur faible taux de votes (voir Israël). On ne parlera pas des coalitions au pouvoir qui ne partagent pas suffisamment de points communs au chapitre des politiques de leur base électorale ou ceux qui les ont élus. Le pire dans tout cela, c’est que les électeurs ne peuvent pas déloger les partis qui ne représentent personne à part d’eux-mêmes et les indécrottables qui y siègent. Aussi, on ne parlera pas des difficultés pour les électeurs, de comprendre les règles complexes du système et pour l’administration électorale, de les mettre en œuvre.

    Il y a déjà deux province qui se sont prononcées sur la proportionnelle et cela a été un non catégorique de la part de leurs citoyens. Non merci pour la proportionnelle. On passe tout simplement et le référendum sur la question ne fera que confirmer la position des électeurs et des citoyens sur la question au grand dam de Québec solidaire.

  • Paul Gagnon - Inscrit 23 janvier 2020 09 h 56

    Voilà illustré une bonne raison de la rejeter

    1% d'électeur pour un parti implque un potentiel de 100 partis au Parlement!

    Voilà qui pourrait être intéressant...
    C'est combien le salaire d'un député, déjà?