Propos déformés

Dans son texte d’opinion publié dans Le Devoir de lundi, l’historien Frédéric Bastien me prête des propos que je n’ai jamais tenus. Il affirme que mon appui à l’introduction de la proportionnelle était fondé sur mon espoir que des citoyens dont les votes compteraient davantage deviendraient inéluctablement des indépendantistes. Ceux qui ont suivi mes écrits savent que ma lecture de l’évolution du vote souverainiste au Québec a toujours été d’une grande lucidité, donc aux antipodes d’un raisonnement aussi ridicule.

La raison pour laquelle j’ai conduit le Parti québécois à revenir au projet de réforme démocratique de René Lévesque et de Robert Burns réside pour le principe dans une volonté de donner davantage de pouvoir aux citoyens, en faisant en sorte que leur vote compte. Pour le projet indépendantiste, dans une conjoncture ou plus d’un parti porte ce projet, il m’est apparu qu’il devenait encore plus important que chaque vote pour un parti indépendantiste compte, qu’il soit exprimé au Saguenay ou dans l’Ouest-de-l’Île.

Je compte rester neutre pendant la course au leadership qui s’ouvre. Cependant, je constate que M. Bastien a pris l’habitude de se présenter comme un de mes anciens conseillers. Il n’en est rien. Comme des douzaines d’autres souverainistes, M. Bastien m’a envoyé des courriels, a fait des propositions et a participé à quelques réunions, sans plus.

Je lui souhaite, à lui, s’il est candidat, et à tous les autres intéressés une excellente campagne.

3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 22 janvier 2020 08 h 26

    La proportionnelle, une fausse de bonne idée

    En 2020, la proportionnelle proposée est une fausse de bonne idée. Elle n’aiderait aucunement le projet indépendantiste puisque vous pouvez être persuadé qu’il n’y aurait jamais consensus sur la question, Québec solidaire oblige. Ce qui était bon pour René Lévesque et Robert Burns, il y a deux générations passées de cela, est désuet et inapplicable aujourd’hui. Les politiques doivent refléter les vivants.

    Pour le reste, les gens n’ont que faire des querelles et disputes entre indépendantistes. Comme indépendantiste, je fais fi de tout cela.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 22 janvier 2020 08 h 29

    Vasteté

    Le plan de réforme démocratique pensé par René Lévesque et appliqué par Robert Burns était beaucoup plus vaste que la proportionnelle, comme le montre le livre d'André Larocque: Robert Burns, le ministre de la démocratie citoyenne.
    Le gros de cette réforme en dix points reste à faire.

    https://www.renaud-bray.com/Livres_Produit.aspx?id=1873699&def=Robert+Burns+:+le+ministre+de+la+d%C3%A9mocratie+citoyenne,LAROCQUE,+ANDR%C3%89,9782895833215

  • Claude Gélinas - Abonné 22 janvier 2020 12 h 02

    Capacité de nuisance de QS.

    Ce qui nuit principalement au projet d'indépendance c'est la division entre souveraintiste entretrenue par la détestation viscérale de QS envers le PQ. Tant et aussi longtemps que QS sera dans le paysage les fédéralistes adeptes du statu quoi pourront continuer à se réjouir.

    On l'a vu ailleurs, le fractionnement des partis formant des alliances avec la proportionnelle n'augure rien de bon pour le projet de pays. De nombreuses effets doivent être évalués avant de donner le feu vert à cette réforme.