Des solutions pour régler la crise du logement

On parle beaucoup dans les journaux d’un problème devenu plus que préoccupant : la difficulté de se loger à Montréal autant que dans le reste du Canada. Les raisons évoquées, notamment dans Le Devoir du 16 janvier 2020, pour expliquer ce phénomène grandissant tournent principalement autour de l’augmentation des immigrants et du nombre de résidents temporaires (étudiants étrangers et travailleurs temporaires).

Il me semble pourtant qu’on oublie la partie immergée de l’iceberg ! Le nombre de locations temporaires de type Airbnb (j’ai bien dit « de type ») est tout simplement hallucinant. On ne parle pas ici du particulier qui de temps en temps loue sa piaule pour arrondir ses fins de mois, non, on parle des investisseurs, parfois étrangers, qui achètent, construisent, rénovent dans le seul but de faire un commerce rapide et florissant. Et tous les moyens sont bons : pléthore d’offres de logements qui dissimulent des locations temporaires sur des groupes d’annonces qui se multiplient sur Facebook, nombre croissant de locataires qui se font virer parce que le proprio va faire des travaux ou reprendre le bien loué pour un membre de sa famille. Ben voyons donc !

Cette anarchie dans les loyers aura tôt ou tard un prix. De nombreux locataires, le plus souvent des personnes démunies, des gens âgés ou des travailleurs à faibles revenus sont de moins en moins capables de faire face au phénomène. Il faut légiférer d’urgence ! Il est tout à fait possible d’autoriser Airbnb et les autres formes de locations temporaires tout en empêchant qu’un commerce occasionnel ne devienne une industrie. C’est possible de vérifier qu’une personne sous-loue son appartement avec un bail de sous-location officiel, c’est possible de vérifier qu’une personne qui vire un locataire de son logement pour y mettre un membre de sa famille y met bien, à long terme, un membre de sa famille et non un fantôme qui permettra l’augmentation du loyer ou la transformation du bien. Question de volonté !

6 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 20 janvier 2020 03 h 54

    La Régie ne fait pas?

    Il me semble que les locataires pourraient contester en masse leurs abus à la Régie du logement.

    • Madeleine LaRoche - Abonnée 20 janvier 2020 10 h 59

      Connaissez-vous les délais pour passer devant un régisseur à Montréal? De 18 mois à 2 ans.

    • Marc Levesque - Abonné 20 janvier 2020 11 h 54

      "Il me semble que les locataires pourraient contester en masse leurs abus à la Régie du logement."

      Possiblement. Mais pour plusieurs, peut-être la majorité, ils n'ont pas le temps, les connaissances, ou l'argent disponible pour mener un dossier gagnant.

      En plus, aller à la régie contre son propriétaire veut dire qu'il ne nous donnera pas de bonne référence quand viendra le moment, tôt ou tard, de se trouver un nouveau logement.

  • Nadia Alexan - Abonnée 20 janvier 2020 04 h 28

    La commercialisation du logement est un grand scandale.

    Je suis tout à fait d'accord avec vous, monsieur Alain Braine. On essaye de nous faire comprendre que ce sont les méchants immigrants à la cause d'une pénurie de logements, tandis qu'en réalité, ce sont les investisseurs qui achètent les condos avec le but du commerce. Et comme vous le dites bien, ce sont les gens les plus démunis et les plus vulnérables qui n'arrivent pas à se loger.
    En effet, nos gouvernements devront mettre fin à ces pratiques abusives d'AirBnB et d'autres investisseurs qui utilisent le logement comme source d'enrichissement. Après tout, nos gouvernements sont élus pour nous protéger et pour règlementer la cupidité des entrepreneurs.

  • Bernard Terreault - Abonné 20 janvier 2020 08 h 50

    La seule solution

    ce serait pour les gouvernements (fédéral et québécois) de construire des milliers de logements sociaux, d'inonder littéralement le marché.

  • Diane Germain - Abonné 20 janvier 2020 09 h 50

    Merci pour votre lettre

    Je suis tout à fait d'accord avec vous.