Franchir le Rubicon

Les menaces de guerre contre un pays hostile d’un président américain dans une situation délicate ou sur le point de perdre sa réélection ne sont pas choses nouvelles dans l’histoire politique américaine. Donald Trump, avec l’assassinat du général iranien Soleimani, tente à son tour de jouer cette carte en espérant que les électeurs américains se rangent derrière lui comme ils le font habituellement lors d’un conflit ou d’une menace de conflit.

Évidemment, le rapport de force militaire avec l’Iran est grandement à l’avantage des États-Unis et le désir de ses deux alliés, la Chine et la Russie, de s’engager dans un affrontement avec l’Oncle Sam est loin d’être une certitude. Une guerre serait probablement gagnante pour les États-Unis. Mais, les conséquences, elles, ne le seraient pas.

Sans compter le risque de déstabiliser encore plus le Moyen-Orient déjà traversé par des frictions politiques, culturelles et religieuses, le contrecoup économique d’une telle guerre tomberait à un bien mauvais moment dans la conjoncture financière mondiale.

En effet, une guerre dans cette région du monde propulsant le prix du pétrole à des sommets (et aussi l’inflation qui en découlerait) risquerait de plomber une économie mondiale déjà alourdie par les risques d’un fort ralentissement en 2020 engendré par les tensions commerciales entre nations, bien sûr, mais aussi par le taux d’endettement colossal tant des ménages, des entreprises privées que des gouvernements des pays riches et émergents [...].

Donald Trump franchira-t-il le Rubicon ? Possiblement bénéfique à court terme du point de vue électoral, cette éventuelle guerre pourrait être désastreuse à moyen terme sur le plan économique ainsi que géopolitique pour le monde, et pourrait aussi se retourner contre le présent locataire de la Maison-Blanche lors de la prochaine élection présidentielle, encore plus si la situation économique se détériore ensuite dans son pays…

7 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 16 janvier 2020 05 h 06

    Les États-Unis trop riches et bien armés

    Le fait que les États-Unis soient les mieux armés et possiblement les plus riches au monde les rendent dangereux. C'est trop facile pour eux d'assassiner et de bombarder, de loin en plus. Tous les autres pays ayant une dent contre d'autres les envient et vont probablement obtenir un jour les même développements militaires mortels. Est-ce un progrès?

  • Pierre Rousseau - Abonné 16 janvier 2020 08 h 04

    Victoire des États-Unis ?

    Malgré la prépondérance militaire américaine, il est loin d'être certain qu'ils seraient victorieux advenant un conflit armé avec l'Iran, loin de là. La victoire contre les nazis en 1945 fut très difficile et n'était pas évidente, surtout que les disciples d'Hitler avaient conçu des armes redoutables qu'ils n'ont pas eu le temps de perfectionner, de loin supérieures aux armes conventionnelles des Alliés. Puis vint la guerre de Corée qui n'est pas techniquement terminée. Le Viet Nam fut une défaite importante des États-Unis malgré l'infériorité militaire des Viet Congs. Puis, vint l'invasion de l'Irak et de l'Afghanistan où, même si les Américains ont crié victoire, on ne peut objectivement parler de « victoire » des Alliés quand on voit la résurgence des Talibans en Afghanistan et l'hostilité grandissante des Irakiens envers les ÉU.

    Compte tenu de la situation et même si le président Trump était tenté de franchir le Rubicon contre l'Iran, il n'en reste pas moins que les chefs militaires des ÉU savent fort bien que c'est un conflit qu'ils ne pourraient jamais « gagner ». Ils pourraient certes contribuer encore plus à la déstabilisation du Moyen-Orient et limiter les possibilités pour les Iraniens de se renforcer encore plus, en particulier dans le nucléaire, mais une victoire serait illusoire et au mieux une victoire à la Pyrrhus.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 16 janvier 2020 09 h 41

    Comment

    Comment historiquement vous êtes venu la formulation de cette question?

  • Cyril Dionne - Abonné 16 janvier 2020 10 h 07

    Vous ne pouvez pas avoir le beurre, l’argent du beurre et un sourire de la fermière avec cela

    Bon, Québec solidaire reprend du service. Comment expliquer à l’extrême gauche qu’il n’y aura aucune guerre avec Donald Trump durant ses deux mandats et que c’est le régime iranien des ayatollahs qui a abattu de façon préméditée avec non un, mais deux missiles l’avion ukrainien en tuant ainsi les 176 civils à bord?

    « Déstabiliser encore plus le Moyen-Orient déjà traversé par des frictions politiques, culturelles et religieuses »? Misère. Ce coin du monde est déstabilisé depuis la nuit des temps ou bien depuis que le schisme entre les sunnites et les chiites a fait son apparition à la mort de leur prophète commun, Mahomet.

    Ceci dit, on ne peut pas être contre le capitalisme et en même temps dire qu’une telle guerre tomberait à un bien mauvais moment dans la conjoncture financière mondiale. Idem pour dire qu’une guerre au Moyen-Orient ferait augmenter le prix du pétrole. Est-ce qu’on rêve ou quoi? On ne peut pas décrier la décision de la Caisse de dépôt et placement du Québec d’investir davantage dans les énergies fossiles et parler de crise économique dû à l’augmentation de prix du baril de pétrole. On ne peut pas décrier le prix du baril de pétrole et en même temps affirmer que la situation climatique actuelle dépasse la simple sphère de la société civile ou même de la politique et que les hydrocarbures en sont la raison.

    Qu’ils sont « durs » à suivre nos gauchistes pris dans une faille spatio-temporelle.

    En passant M. St-Gelais, le vivre-ensemble ne s’apprend pas à l’école, mais bien à la maison. À l’école, il est déjà trop tard. D’un enseignant.

  • Jimmy St-Gelais - Abonné 16 janvier 2020 16 h 32

    Attaquer l'auteur

    @Cyril Dionne

    Où dans cet article avez-vous vu transpirer le discours de Québec solidaire?
    Cet article se veut plus une analyse de cette problématique qu'une prise de position subjective.
    Et vous revenez sur des évènements connus de tous afin d'appuyer maladroitement votre critique sur l'article.
    Finalement, vous attaquez l'auteur en le traitant de gauchiste sans rapport avec le texte et vous revenez sur l'un de ses anciens articles encore sans rapport avec le texte.
    Disons qu'un commentaire comme ça ne pousse pas vraiment au dialogue.

    • Cyril Dionne - Abonné 17 janvier 2020 06 h 54

      Cher M. St-Gelais,

      On a qu’à lire vos écrits sur le site https://www.pressegauche.org/_Jimmy-St-Gelais_ pour comprendre le tout. Presse-toi à gauche est le site préféré de Québec solidaire pour répandre sa parole d’évangile d’extrême gauche.

      En passant, j’ai repris les mêmes mots que vous avez utilisez dans vos articles lorsque vous parlez des hydrocarbures et des changements climatiques dans mon commentaire. Je dois être maladroit.