Un grand bond en avant ou un recul?

Dans sa chronique du 15 janvier intitulée « L’allergie à la religion », madame Francine Pelletier a écrit que le cours ECR, instauré en 2008, a marqué un grand bond en avant ! Mme Pelletier, avez-vous lu les manuels scolaires ? Je les ai lus et, à ma grande surprise, les dogmes sont présentés comme dans le Petit Catéchisme de 1945 ! Un exemple : l’Annonciation faite à Marie qu’elle sera mère de Dieu, ceci présenté comme étant vrai puisque, dans le cahier de devoirs, on demande à l’enfant : «Comment penses-tu que la Vierge a réagi en apprenant qu’elle sera mère de Dieu ?» Si on veut parler de religion aux élèves, cela devrait se faire dans un cadre historique et non dogmatique comme c’est le cas dans le cours ECR présentement.

12 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 16 janvier 2020 08 h 24

    Un excellent exemple tiré de ce cours invraisemblable au XXIe siècle

    Bravo !

  • Nadia Alexan - Abonnée 16 janvier 2020 08 h 29

    Pour une école laïque qui encourage un esprit critique au lieu de la soumission aux idées reçues.

    Merci, madame Richard, pour votre explication lucide. Je suis d'accord avec vous que le cours ECR endoctrine nos enfants à accepter la mythologie des religions sans questionnement. C'est une méthode sournoise d'imposer la religion comme un fait scientifique, au lieu de les encourager à contester cette certitude sans fondement. Un cours de citoyenneté s'impose.

    • Christian Roy - Abonné 17 janvier 2020 13 h 43

      Après les écoles confessionnelles... il y a eu les écoles non-confessionnelles et voilà que si je vous comprend bien Mme Alexan, vous militez pour les écoles anticonfessionnelles ?

      D'où prenez-vous que les enfants et les ados ne font que se soumettre servilement aux mythes religieux et séculiers qui leurs sont présentés dans le cadre d'un cours scolaire ?

      L'école québécoise est neutre. Les jeunes sont pas mal plus brillants que vous vous les représentez.

  • Cyril Dionne - Abonné 16 janvier 2020 09 h 31

    Le retour à la grande noirceur moyenâgeuse

    Ce cours qui fait la promotion des idéologies politico-religieuses n’a pas sa place à l’école publique, point à la ligne Mme Richard.

    Dans le programme de l’ÉCR, selon Daniel Baril, on reprend mot à mot les sourates du Coran et le texte de la Genèse. On présente aussi le conte de Noé dans cette perspective. Idem pour la « résurrection » de Jésus et on dit qu’on peut prouver l’existence de Dieu. Tous sont supposément des faits historiques, donc réels et non contestables. On présente des images d’une enseignante et un groupe de trois élèves dont l’une porte le niqab. Oui, le costume d’apiculteur pour une élève dans la salle de classe, Afghanistan et Talibans obligent. On dit même que c’est bon de visiter un imam qui est pro-charia sans expliquer ce qu’est la charia qui prêche la misogynie et l'homophobie.

    Et les conclusions de M. Baril sont à propos. Primo, personne n’a demandé un cours du type ÉCR à part du lobby religieux. Secundo, comment pouvez-vous enseigner la religion sans transmettre des croyances religieuses et faire de l’endoctrinement? Tertio, les Québécois se sont émancipés des religions monothéistes et ne sont plus là en 2020. Quarto, ce cours brime la liberté de conscience et les droits à l’égalité des croyants et des non-croyants. Quinto, l’État laïque n’a pas à faire la promotion de l’appartenance ou de l’identité religieuse. Sexto, l’école doit être laïque. Septimo, l’école publique doit converger vers la communion sociétale, le vivre-ensemble, les valeurs communes et l’inclusion et non le communautarisme. Enfin, comment pouvez-vous lutter contre l’intégrisme quand vous faites la promotion des ces idéologies-politico religieuses?

    Personnellement, des livres qui prônent la violence, le racisme et l’esclavage, qui incitent à tuer même les femmes et les bébés et à naturaliser l’inceste, l’adultère et le viol, prophètes obligent, on passe. Surtout pas à l’école primaire.

  • Marc Pelletier - Abonné 16 janvier 2020 10 h 30

    Une consultation élargie est nécessaire

    J'espère que le gouvernement osera la faire, mais je ne sais pas qui du premier ministre ou du ministre de l'éducation aura le dernier mot.

  • Claude Bernard - Abonné 16 janvier 2020 11 h 43

    Lire un manuel ne dit pas tout

    M Richard
    Évaluer une automobile ne consiste pas à lire le manuel de l'utilisateur.
    La pratique est nécessaire, ne croyez-vous pas?
    Quand vous aurez suivi un cour de formation et enseigné quelques années, on en reparlera.
    Les enseignantes, voyez-vous, sont des êtres intelligents et capables de faire la part du diable et l'oeuvre de dieu (je parle symboliquement et non au premier degré, dois-je le préciser?).
    Autrement dit, elles peuvent très bien sans l'aide du public poser la question que vous citez sans laisser entendre que cela est un fait avéré ni que c'est une absurdité et laisser les enfants se poser la question eux-mêmes dans le respect mutuel.
    Je respecte assez ces dernières pour ne pas les imaginer comme des robots qui seraient programmés par un manuel quelconque.

    • Andréa Richard - Abonné 16 janvier 2020 11 h 52

      En réponse à M.Bernard.
      AU PRIMAIRE, Monsieur Bernard, pensez-vous qu'un enfant du primaire va par lui-même en tirer une conclusion? Au primaire l'enfant est très influencable, au secondaire il se peut que oui pour les uns et non pour d'autres...

    • Marc Therrien - Abonné 16 janvier 2020 18 h 18

      Et pourtant Madame Richard, ne savez-vous pas qu’on situe « l’âge de raison » vers l’âge de 6 à 8 ans et que c’est à cet âge que l’enfant commence à être capable d’intégrer d’autres lois que celle des parents qu’il a intériorisée et de découvrir les notions de bien et de mal ou encore, de la justice et de l’injustice? Et c’est aussi la période où, commençant à saisir la nuance entre les histoires qu’il s’imagine et le mensonge dans la vie réelle, il peut commencer à mentir pour éviter de se faire chicaner et même, pour faire plaisir à sa mère ou à son père s’il sent que ça peut les rassurer. Pour le reste, je pense, en général, qu'il y a beaucoup plus de parents nocifs pour leurs enfants que d'enseignants nuisibles.

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 17 janvier 2020 06 h 46

      AU PRIMAIRE, Mme Richard, enseigner la religion, c'est de l'endoctrinement à la sauce multiculturaliste.

    • Claude Bernard - Abonné 17 janvier 2020 09 h 18

      M Richard
      M Therrien apporte une partie de la réponse à votre question au sujet des enfants du primaire et de leur capacité à réfléchir et de l'étendue de leurs connaissance sur la naissance des enfants.