À propos de Bételgeuse

Je suis étonné de constater le ton qu’on emploie pour traiter du sort de Bételgeuse. On nous annonce des changements « récents » dans la luminosité de l’étoile, on se perd en conjectures sur son évolution à venir… Mais tout ça, on semble l’oublier, c’est de l’histoire ancienne ! Bételgeuse est, nous dit-on, à 500 années-lumière de nous. Cela veut dire que ce que nous percevons de la pauvre étoile s’est produit il y a 500 ans et qu’il n’y a là rien de nouveau sous le soleil ! C’est là, à mon sens, une jolie manifestation d’un certain anthropocentrisme qui ramène tout événement astronomique à la perception que nous en avons, se produirait-elle avec des centaines, voire des milliers d’années de retard sur l’événement « réel ». On est quand même de drôles de bestioles…

3 commentaires
  • André Leclerc - Abonné 16 janvier 2020 10 h 14

    Non, ceci n'a rien d'anthropocentrique

    Je ne partage pas votre opinion au fait que de s’intéresser à l’évolution que prendra l’observation actuelle d’un évènement astronomique passé soit une manifestation anthropocentrique. Au contraire, l’intérêt que portent les astronomes et astrophysiciens à ces phénomènes prouvent la curiosité que les humains ont pour tout ce qui est lié à l’univers. Il s’agit de la même curiosité ayant d’ailleurs permis de démontrer au cours des siècles que l’humain était loin d’être au centre de cet univers. Plus ou moins 600 ans (et non 500) sur l’échelle de l’univers n’équivaut qu’à quelques millièmes de seconde sur l’échelle d’une journée. Autant dire une observation quasi en temps réel d’un phénomène qui n’est que rarement observable de notre petite planète. D’où l’intérêt scientifique du phénomène.
    Le ton de l’article de l’AFP paru dans Le Devoir du 14 janvier n’avait rien d’anthropocentrique non plus. Il reflétait quand même assez bien la passion qui anime les scientifiques et c’est tout à fait rafraichissant de constater que malgré la polarisation particulièrement centrée sur les problèmes trop souvent causés par l’homme, on puisse aussi s’intéresser à ce qui nous dépasse et surtout, chercher à le comprendre.

  • Denis Carrier - Abonné 16 janvier 2020 11 h 50

    D'hier à aujourd'hui

    Oui mais ses effets nous affectent AUJOURD’HUI. Ses variations d’intensité lumineuse ou autres du spectre électromagnétique (dangereux rayons X et gamma) c’est maintenant qu’ils nous frappent. Heureusement ces variations sont minimes pour nous dans le cas Bélelgeuse … pour l’instant. Comme Bételgeuse a peut-être déjà franchi le stage de nova attention à ce qui peut nous arriver.

  • Luc Le Blanc - Abonné 17 janvier 2020 16 h 04

    Un problème inventé

    Les astronomes présentent constamment le ciel nocturne comme une machine à voyager dans le temps où regarder loin nous permet de voir le passé. C'est inévitable sachant que la lumière ne voyage pas à une vitesse infinie. Même les constellations n'existent pas comme on les voit, d'autant que toutes leurs étoiles ne sont pas dans le même plan (i.e. à la même distance). De dire que Bételgeuse a «récemment» changé de luminosité n'a rien à voir avec de l'anthropocentrisme, c'est simplement que la lumière partie de là au moment de la variation il y a 500 ans vient de nous parvenir, et qu'avant, on ne pouvait pas le savoir. L'erreur serait d'établir une concurrence d'événements en ne tenant pas compte de leur distance dans l'espace et le temps, mais ce n'est pas le cas. Votre théorie d'anthropocentrisem est échafaudée ici sur un problème inventé.