Passer de la parole aux actes en matière d’environnement

On le sait tous, la lutte contre le réchauffement climatique est la responsabilité de chacun de nous, aussi bien dans la société civile que parmi les décideurs.

On a tous pu entendre, ou lire, les préoccupations à cet égard tant des scientifiques que des jeunes, voire des moins jeunes.

Il semble que l’urgence est de plus en plus grande. On le sait l’éco-anxiété est le fait de bien des gens. À voir s’accumuler les catastrophes autour de la terre, chacun de nous est concerné par la situation.

Cependant, est-ce que chacun est assez sensibilisé et inquiet pour passer de la parole aux actes ? Honnêtement, cela ne me paraît pas évident quand on constate que l’étalement urbain se poursuit, avec ce que ça veut dire, développement d’autoroutes, transport par automobile et congestion routière, tout ça signifie non la réduction des gaz à effets de serre, mais vraisemblablement leur augmentation.

Tout cela en raison du fait que les gens ne paraissent pas avoir abandonné, pour la majorité d’entre eux, le rêve du XXe siècle de la maison unifamiliale et d’un terrain en banlieue, si bien que non seulement les villes centres se développent, mais aussi les première et deuxième couronnes de banlieue et, dans la région montréalaise, la troisième couronne. Tout cela se fait, dans une large mesure, au détriment de bonnes, voire de très bonnes terres agricoles.

Il est aussi possible de remarquer, sur les routes, un nombre croissant de véhicules utilitaires sport (VUS) qui, semble-t-il, sont de puissants dévoreurs de carburant — il est maintenant loin le temps où les véhicules compacts représentaient le premier choix d’automobile.

Pourtant, on le sait, la lutte contre le changement climatique suppose moins d’automobiles, plus de transport en commun alors que nous paraissons, collectivement suivre le chemin inverse.

Comment expliquer alors que, lors de la grande marche pour le climat de la fin de septembre 2019, des centaines de milliers de personnes ont marché dans les rues des principales villes du Québec pour clamer, haut et fort, leurs préoccupations quant au climat et à l’état de la planète que nous allons laisser à nos enfants et à nos petits-enfants.

Pourquoi semble-t-il si difficile de passer de la parole aux actes ? Je ne sais trop pourquoi, mais, en tant que citoyenne ordinaire, ça me préoccupe grandement, et ce, en dépit du fait que je n’ai pas eu d’enfants. Par contre, mes proches, ma famille, mes amies et amis, en ont.

Ce n’est pas au seul État à prendre en charge cette lutte majeure pour la survie de la population, on doit pousser à la roue. C’est vrai que ça suppose un changement de mode de vie et il est parfois difficile de l’accepter, mais avons-nous un plan B? Je ne le crois pas. C’est pourquoi je dis que chacun de nous devrait passer de la parole aux actes, et ce, tout de suite. Chacun devrait modifier son mode de vie dans une telle perspective.

6 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 14 janvier 2020 06 h 14

    Bien d'accord avec vous. Personne ne le fera pour « nous ». Se pourrait-il que le problème soit ce « nous » dissout après s'être construit dans le sillage de la révolution tranquille, mais qui, l'an dernier, s'est réaffirmé par une marche gigantesque en faveur de l'environnent ?

    Le peuple québécois est à la recherche de lui-même depuis qu’il est assailli des visées de déconstruction par un gouvernement canadien transformé en État pétrolier qui entend assurer son hégémonie interne en devenant un pollueur sauveur de la planète.

    Or, ce modèle fait que ses habitants s’enrichissent en vendant du pétrole pour consolider un modèle de vie basé dépassé qui s’étale hors des grandes villes où pullulent des ghettos où ce modèle se propage grâce à des routes et des autoroutes, des services collectivement couteux et la recherche d’un univers de survie où prime la distraction et l’éphémère.

    Il manque un autre « nous » au peuple québécois pour aborder les défis devant lui et cet autre « nous » renvoie à une emprise qui lui manque sur ce qui s’est fait et s’est défait, mais surtout sur ce qui pourrait se faire.

    Dans votre texte, vous vous dites citoyenne. Ça m’a frappé. Au Québec, ce concept est canadien parce que la citoyenneté l’est de sorte qu’il est absent dans la vie de tous les jours, encore plus dans la construction d’un « nous » québécois.

    La marche de 2019 à Montréal l’a dit et le PM du Québec y a vu une dérogation au train-train quotidien alors qu’elle était un cri du cœur et de raison. Ça m’a scié les jambes et je me suis dit, comme vous, que c’est autour de ce cri que les choses peuvent changer au Québec, car nous avons à peu près tout pour faire naître un autre modèle de vie que celui prôné au Canada, aux États-Unis et là où le pétrole est l’or noir.

    Il ne maque qu’un alignement politique dans cette direction. Et ça, ce sont des gens comme vous et moi qui peuvent l’orchestrer si tant est qu’ils tiennent à vivre autrement avec les enfants d’aujourd’hui

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 14 janvier 2020 09 h 00

    Expositions

    Pour aider de passer de la parole aux actes, je propose que la société civile, montre une exposition dans chaque bibliothèque municipale sur les changements climatiques, l'extinction de la biodiversité, axée sur la liste de ce qu'on peut faire. Un livre sur le plastique montre 96 actions possibles, le livre Drawdown montre 100 actions, dont une seizaine pour les villes et une centaine aussi pour les individus; le livre Ça commence avec vous, montre une actioin par jour pendant un an. Etc.

    Maisi le livre d,Aurélien Barrau, Le plus grand défi de l'histoire de l'Humanité, dit clairement que quelle que soit l'action de l'individu, le politique a une grande responsabilité.

  • Pierre Vagneux - Abonné 14 janvier 2020 09 h 23

    Pas facile de trouver du logement abordable en ville densifiée

    On doit noter que la croissance de la population québécoise (8,4 Millions), canadienne (34 millions) et mondiale (plus de 7 milliards) n'est pas étrange à la demande augmentée d'habitations.

    Le libre marché laissé au coût des terrains, les zonages octroyés aux projets de promoteurs et la course à l'assiette fiscale foncière font en sorte que l'accès à un logement décent, à un coût abordable (achat ou location) dans un milieu agréable incluant de la verdure plutôt que de l'asphalte en ville est actuellement irréalisable.

    Heureux ceux qui peuvent réaliser ce rève, mais tous ne font pas partie des élus et ils doivent planter leurs pénates plus loin du centre ville. Peut être devrait-on juste se demander comment le rendre ce rêve réalisable ?

    Il est vrai aussi que l'urbain utilisant les transports en commun épargne des GES, mais quand il doit s'évader dans la nature pour courir, skier ou tout simplement s'évader de la ville densifiée.....il en produit. Urbain ou étalé regardons notre empreinte et prenons la résolution de la réduire. Mais n'oublions pas de penser à un nouveau paradigme pour l'aménagement de notre territoire avec moins de libéralisme spéculatif.

  • Cyril Dionne - Abonné 14 janvier 2020 09 h 56

    Le retour au Moyen-Âge

    OK. Vous voulez passer de la parole aux actes en matière d’environnement? Coupez votre budget d’au moins un tiers, et dites à tous les adolescents de remettre leurs téléphones intelligents parce que la téléphonie est responsable de 11% de tous les GES mondiaux. Ensuite, enseigner aux jeunes la simplicité volontaire, ce qui veut dire poliment, se priver à peu près de tout et ensuite, revenez nous voir.

    Ce n’est pas terminé. Une fois que vous avez convaincu les jeunes, maintenant, essayer de convaincre des pays comme la Chine, l’Inde, la Russie et j’en passe. La Chine et l’Inde ne sont pas seulement responsables de près de la moitié des émissions de C02 dans le monde, mais aussi, 80% des nouvelles augmentations de GES nous proviennent de ces deux pays. La Chine, en moyenne, ouvre 4 nouvelles centrales de charbon par mois pour générer de l’électricité.

    Alors, pour tous nos écoanxieux de ce monde, les catastrophes autour de la terre semblent pire aujourd’hui parce nous en sommes informées à la seconde près. Hier, nous n’avions presqu’aucune idée des catastrophes naturelles dans les autres pays. Oui, les changements climatiques sont un véritable phénomène scientifique créé de toute pièce par les activités humaines. Encore une fois, les véritables causes sont la surpopulation et les hydrocarbures.

    Pour comment expliquer les vœux pieux de la grande marche pour le climat de la fin de septembre 2019? Eh bien, c’était tout simplement une activité qui ne voulait rien dire concrètement pour les participants. Tout comme pour signer des Pactes. Ceci dit, si nous passions à réduire un tiers de ce que nous consommons, l’économie se contracterait, l’inflation deviendrait galopante, le chômage augmenterait drastiquement, les revenus des gouvernements fondraient, disparaîtraient et le filet social ne serait qu’un lointain souvenir. Ce serait la désorganisation civile totale et les émeutes seraient partout.

    Ce n’est pas aussi simple que cela de pratiquer la vertu écologiqu

  • Jean-Paul Carrier - Abonné 14 janvier 2020 10 h 20

    Nous

    L'urgence climatique n'existe pas dans l'acte quotidien, mais dans la rhétorique. L'être humain a cette particularité qu'il ne bougera pas tant et aussi longtemps qu'il ne sera pas acculé au coin du mur. Il ne réagit que lorsque cela lui fait mal ou le menace directement et immédiatement. Il est trop facile de se justifier et ne rien faire. Il est plus facile de rejeter l’obligation sur le prochain que sur soi-même. Oui, pour sauver la race humaine, NOUS devons individuellement et collectivement effectuer des changements. Je ne crains rien pour la planète, ELLE, elle s’en remettra, elle a tout son temps.
    Une bonne action peut sauver une vie tandis qu'une mauvaise peut détruire à jamais toute existence. Et de cette dernière nous sommes les champions. Michele Camposeo disait : L'humain, tout seul, ne peut pas sauver le monde ; cependant, lui seul peut sauver un monde.