Livres en français: il y a minorité et minorité

J’apprends qu’il a fallu l’intervention de la ministre fédérale Mélanie Joly pour prévenir le retrait de 27 000 des 150 000 livres en français des bibliothèques publiques de Toronto, soit 18 % de la collection francophone. Les compressions en Ontario font particulièrement mal aux Franco-Ontariens.

Quel contraste avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec, où 64,8 % des 330 553 livres disponibles sont en anglais et seulement 32,7 % en français, soit deux fois moins. Je ne sais pas comment réagirait notre minorité anglophone si on y faisait disparaître 18 % de ses livres. Elle ferait peut-être contre mauvaise fortune bon coeur en faisant remarquer qu’il en resterait quand même 175 572 sur 292 013, soit malgré tout 60,1 % du total, dans une province où elle constitue moins de 10 % de la population, ce qui est mieux qu’une claque dans la face.

Qui a affirmé déjà que nous traitions mal nos anglophones ? Si les francophones hors Québec étaient aussi bien traités, ils n’auraient pas autant fondu depuis 50 ans.

3 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 13 janvier 2020 11 h 01

    On ne traite pas bien «nos» anglophones monsieur Leblanc, on est à quatre pattes devent « nos » anglophones... Qui se fichent pas mal de nous!

  • Claude Gélinas - Abonné 13 janvier 2020 11 h 02

    L'application du principe de réciprocité !

    Et si à chaque fois, question de réciprocité, que des privations seraient imposées aux francophones du ROC qu'elles s'appliqueraient automatiquement aux anglophones du Québec il est raisonnable de penser qu'en raison de la levée de boucliers de ces derniers et des pressions qui en résulteraient que ces mesures cesseraient automatiquement.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 13 janvier 2020 11 h 38

    Le livre comme reflet d'une incontournable réalité.

    Faudrait-il croire qu'au Québec on aime lire plutôt en anglais ou bien que ce ne sont que les anglophones qui aiment lire?

    Ou bien se pourrait-il que, dans nos bibliothèques publiques, la proportion existante des livres selon la langue d'édition soit le reflet de nos habitudes de lecture plutôt qu'une volonté délibérée d'imposer une norme culturelle de par le haut?

    Poser la question, c'est y répondre. Au Québec, les anglophones aiment lire en anglais en ignorant superbement la langue de l'autre alors que les francophones, dont la plupart ont une bonne connaissance des deux langues officielles, préfèrent lire en bilingue tout ce qui tombe ainsi à leur portée.