Bonne fête «Devoir»!

Les lundis matins sur terre ne devraient peut-être pas exister.

Je me lève ébouriffée, les yeux collés. Je descends l’escalier. J’ouvre mécaniquement la lourde porte de chêne rouge et… je vois le petit bout de papier enroulé dans la fente de la boîte aux lettres.

Mes neurones s’activent d’un coup. Mes yeux s’agrandissent. Je m’empresse de faire mon café au lait et de nous installer, mon peignoir japonais et moi, dans le fond de mon canapé décati.

Peu importe la semaine qui s’en vient. Ça y est.

Mon esprit entier se réveille, tout tourné vers la lecture de mon Devoir. Je lis avec délice, curiosité, intérêt, page après page, les articles qu’on a pris le temps d’écrire pour moi… Pas seulement pour mon information, mais surtout pour mon éducation et pour m’aider à réfléchir par moi-même aux dossiers contemporains de notre société grâce à la grande qualité de ces textes.

Textes que, très souvent, je photographie pour les envoyer à l’un ou l’autre de mes amis (à 7 h du matin). Papier que je découpe pour apporter au travail aux fins de discussions entre collègues. Journal pas tout à fait terminé que j’enfonce dans mon pack sac en sachant avec délectation que je prendrai 10 minutes, quelque part dans ma journée trop occupée, pour reprendre un café et lire ce que je n’avais pas terminé.

Bien sûr, j’ai mes auteurs(es) chouchous, dont je retrouve la voix presque comme des amis.

J’ai mes journées chouchoutes, dont le samedi pour le merveilleux cahier des arts et de la lecture.

Le soir autour de la table, nous refaisons le monde en famille, interpellés par ce que nous aurons lu dans Le Devoir.

Usé jusqu’à la corde, déplié, replié, découpé, le journal finira en boules pour allumer le feu et nous réchauffer tout au long de nos grands hivers.

110 ans, ce n’est pas rien ! Et prouve que ce grand journal est nécessaire aux Québécois. J’espère que, comme lui, je deviendrai une centenaire aussi vive d’esprit, toujours aussi pertinente et cultivée.

Cher Devoir, je t’aime et je te souhaite encore une très longue vie.


 
5 commentaires
  • Marc Therrien - Abonné 11 janvier 2020 09 h 45

    Et merci d'exister


    Vous semblez très attachée à la version papier de ce Devoir qui vous est cher. Découper des articles pour les apporter au travail afin de susciter des discussions entre collègues m’indique que vous n’avez peut-être pas accès à un réseau internet haute vitesse. Comme j’aime discuter, je fais la même chose que vous, mais en partageant les articles par courriel. J’apprécie particulièrement la version électronique du Devoir pour ses espaces de commentaires de 2000 caractères permettant aux lecteurs d’enrichir la réflexion et la discussion pendant 2 jours. Il arrive même que la qualité des réflexions des lecteurs-contributeurs, de par leur profondeur, dépasse celle des chroniqueurs. De mon côté, je souhaite donc longue vie au Devoir électronique qui contribue pleinement à ma vie intellectuelle personnelle et au maintien d’une vie intellectuelle collective qui semble par ailleurs se fragiliser.

    Marc Therrien

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 11 janvier 2020 10 h 51

    « Vous semblez très attachée à la version papier [du] ''Devoir''» (Marc Therrien)


    Bientôt, il ne restera plus que les pages du Devoir pour recueillir les épluchures des pommes de terre que l'on pèle

    • Marc Therrien - Abonné 11 janvier 2020 17 h 18

      Et rendu là, peut-être que l'on n'épluchera même plus soi-même ses patates.

      Marc Therrien

  • André Joyal - Inscrit 11 janvier 2020 23 h 20

    Le Devoir pour éplucher les patates?

    MM Lacoste et Therrien : je connais une marque de pommes de terre en flocons lesquels, en les apprêtant comme il faut (j'ajoute des oignons déshydratés accompagnés de lait 2%), donnent de bien meilleurs résultats que les patates en poudre des CHLD. Ainsi, nul besoin du Devoir...

    À propos de l'auteure de cette lettre : à quelle heure arrive-t-elle au travail si, bien calée dans son canapé décati, charentaises aux pieds, elle lit Le Devoir et prend soin de découper certains articles? Encore faut-il qu'elle transige avec ses bigoudis, son maquillage et son transport pour ne pas parler de son petit dej et du lunch à préparer.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 12 janvier 2020 22 h 55

    « je connais une marque de pommes de terre en flocons; j'ajoute des oignons déshydratés accompagnés de lait 2%» (André Joyal)



    Moi il n'était pas en flocons mon Monsieur Patate