L’indépendance ou le partenariat

Je tique un peu en voyant ces personnes d’horizons divers qui souhaitent, par exemple dans la course à la chefferie du Parti québécois, que l’idée de l’indépendance du Québec renaisse plus forte. Je veux bien, mais je trouve quand même incorrect qu’on ne nous parle jamais d’un nécessaire nouveau partenariat à construire avec le reste du Canada.

Rappelons-nous qu’en 1995, le référendum qui a quasiment atteint une majorité positive proposait non pas seulement l’indépendance, mais un nouveau partenariat. Je ne crois pas me tromper en affirmant que ledit référendum n’aurait jamais passé si près de couronner l’option du Oui sans que soit proposé de reconstruire des ponts avec nos voisins…

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

5 commentaires
  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 10 janvier 2020 07 h 48

    Indépendance = non dépendance

    La meilleure façon pour le Québec d'établir un partenariat juste, égalitaire et mutuellement favorable à tous, c'est de le faire à partir d'une position de force et de liberté : celle de l'indépendance.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 10 janvier 2020 08 h 51

    Quelle solution la CAQ a-t-elle à proposer pour dénouer l'impasse constitutionnelle? D'un bord ou de l'autre, le Québec est dans un cul-de-sac.

    En 1987, il y eu l’accord du lac Meech par simple entente entre premiers ministres. En réactions, trouvant qu’on donnait trop au Québec, le Canada anglais reniera sa parole et sa signature (22 juin1990).

    Or, un tel accord n’est plus possible pcq des provinces ont adopté une résolution s’obligeant à aller en référendum pour modifier la constitution de 1982. De plus, en ouvrant cela, il faudra y inclure la question autochtone. Méchante boîte de Pandore!
    La CAQ a compris : alors, elle ne parle jamais pour nous dire quelle est sa solution pour régler la question constitutionnelle dans le cadre canadian pcq elle sait que c’est IMPOSSIBLE. Alors elle revient à l’autonomisme des années 50 de Duplessis : quant à moi, pas trop emballant! Elle pratique la fuite en avant : avançons en arrière!! Quant au PLQ, passons….!

    D’autre part, l’option indépendantiste est tout aussi dans un cul-de-sac!

    Pas jojo, notre affaire!

  • Jean-François Trottier - Abonné 10 janvier 2020 09 h 44

    Nouveau ?

    Depuis 1867 il est question chaque année d'un nouveau partenariat entre le ROC et le Québec.

    Quel que soit le sujet ou, ou plutôt le contentieux, on finit toujours par dire que c'est l'occasion de développer un "nouveau partenariat", soit avec Ottawa, ou avec et une, ou des provinces, soit entre les deux "blocs" linguistiques, le pot de fer et le pot de terre.

    Le nouveau partenariat fera toujours que nous vivrons avec le mal hollandais tant qu'il restera du pétrole, que le Québec aura toujours autant de richesses exploitables par les banques de Toronto et leurs grandes sœurs de Chicago, que les francophones du Québec posséderont toujours moins du tiers du capital utile sur leur territoire, qu'ils seront toujours moins éduqués et ne feront jamais parti des cercles fermés du pouvoir, sauf quelques frenchies de service pour sauver la face.

    La preuve a été faite mille fois, rien de satisfaisant pour la promotion sociale ne nous attend dans l'Empire, parce c'est un empire, Canadien.

    Ce constat a été fait à chaque génération depuis 1930, il est tombé comme un couperet quand les Québécois ont réalisé comment ils font partie d'un ensemble immense ou ils sont à peine des pions, surtout une gêne à l'exploitation du territoire, comme l'on été les Premières Nations auparavant.
    Isoler la question en parlant de femmes disparues par exemple est parfait pour la société dite "Libérale" du Canada. On va régler, ou pas, ce cas sans voir l'ensemble de la question.

    Mais penser à créer un nouveau partenariat avec les Premières Nations ? Over their dead bodies!

    Ce nouveau partenariat fait partie intégrante du projet de souveraineté depuis 48 ans, rien que ça.

    Le ROC raisonne en anglophone (surprise!), il se prétend pragmatique parce qu'il ne répare jamais ce qui fonctionne selon ses besoins. Mais qu'un caillou le gêne dans son soulier, il va l'écrabouiller fort noblement, chiffres à l'appui.

    Le dernier "beau risque" est mort en 1991.

  • Claude Bariteau - Abonné 10 janvier 2020 09 h 53

    Un nouveau partenariat n'a jamais été institué et ses opposants ont gagné le référendum. Depuis, ils s'investissent à prétendre que ce partenariat existe déjà et qu'il faille le bonifier à l'intérieur du Canada.

    Vous oubliez ce détail essentiel. Un nouveau partenariat omplique des partenaires égaux et les gens du NON l'ont refusé. Y rêver c'est de l'ordre du cauchemar.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 10 janvier 2020 11 h 16

    Encore un coup de manivelle…



    … Pour relancer le gramophone où tourne depuis cinquante ans le même disque éraillé...

    De fait, c'est un miroir aux alouettes qui alimente ce discours stérile.

    Nous avons manqué le train en 1976, parce qu'une taupe de la GRC a influencé le congrès du PQ de 1974 (cf. Morin et l'Étapisme).

    Jacques Parizeau a bien tenté de sauver la donne, mais de concert avec les fédéralistes le PQ s'est empressé de le traîner dans la boue;

    Puis, le PQ a couronné le Bonhomme Sept Heures, lequel sans en avoir le mandat s'est ingénié à retirer le pain de la bouche des plus pauvres d'entre nous, d'où la désafection d'une part appréciable de la population.

    Durant les années soixante-dix, au moins une grande puissance appuyait le projet indépendantiste: la France.

    Aujourd'hui, il y a fort à parier qu'un référendum dont le résultat serait favorable à un retrait du cadre fédéral entraînerait une réaction semblable à ce qui s'est déroulée en Catalogne - on songera au silence des grandes puissances.

    On braie des sottises; «Souverainiste-associatif-le-beau-risque», tout ça c'est du pipeau.