Le couperet de Gallimard

Dans la foulée des soubresauts qui ébranlent la réputation de l’écrivain Gabriel Matzneff, la réputée maison d’édition Gallimard met fin à la vente du journal de l’écrivain pédophile qu’elle publiait depuis trente ans. « La souffrance exprimée par madame Vanessa Springora dans son livre autobiographique Le consentement fait entendre une parole dont la force justifie cette mesure exceptionnelle », affirme dans un communiqué la maison Gallimard le 7 janvier.

Un camouflet en plein visage de l’auteur qui, dans ses ouvrages autobiographiques, se faisait le chantre de la pédocriminalité depuis plus de trente ans. C’est la première fois que Gallimard prend une telle mesure, a indiqué à l’AFP la maison d’édition. La décision a été prise alors que l’écrivain de 83 ans est visé depuis le 3 janvier par une enquête pour « viol sur mineur » de moins de 15 ans, ouverte 24 heures après la sortie du livre de Vanessa Springora, directrice des éditions Julliard.

De son côté, le ministre de la Culture Franck Riester estime que l’allocation accordée par le Centre national du livre à des auteurs vieillissants ayant de faibles revenus pourrait être retirée à Gabriel Matzneff. Le ministre propose également de réexaminer les décorations remises à Gabriel Matzneff, soit officier des Arts et Lettres depuis 1995 et chevalier de l’Ordre national du mérite depuis 1998, dans le cadre des prochaines réunions des organismes les attribuant.

L’écrivain pédophile déchu récolte enfin les doléances du monde de la culture et de la littérature françaises… Il aura fallu le courage de Vanessa Springora pour exposer au grand jour les vicissitudes du prédateur sexuel qu’incarne Gabriel Matzneff !

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

1 commentaire
  • Marc Therrien - Abonné 9 janvier 2020 07 h 29

    La force libératrice du pouvoir libérateur


    « La souffrance exprimée par madame Vanessa Springora dans son livre autobiographique Le consentement fait entendre une parole dont la force justifie cette mesure exceptionnelle ». Ainsi, Gabriel Matzneff va (peut-être) souffrir expérientiellement de ce que veut dire cette pensée à l’effet que la liberté de l’un s’arrête où celle de l’autre commence. Et surtout que la liberté s’exerce plus facilement quand on a du pouvoir.

    Marc Therrien