L’après-Greta

Nul doute que le phénomène Greta Thunberg aura contribué à créer un mouvement de sensibilisation sans précédent autour de la lutte contre les changements climatiques, la manifestation monstre de quelque 500 000 personnes à Montréal le 27 septembre, notamment des jeunes, en faisant foi sans équivoque.

Toutefois, même si des efforts timides émergent de différents pays, force est de constater que l’élan de mobilisation a tendance à s’estomper petit à petit pour céder la place à des voeux pieux qui ne franchissent pas la barrière des belles intentions, sans compter qu’elles sont souvent projetées sur des échéances lointaines.

Et pourtant, l’ensemble de la classe scientifique ne cesse de clamer l’urgence d’agir dans la lutte contre les changements climatiques, notre planète donnant de plus en plus des signes visibles de bouleversements climatiques, comme les inondations, les ouragans, les incendies de forêt, les tornades, les sécheresses, etc.

Bref, il appartient maintenant aux dirigeants de la planète de passer des paroles aux actes, de donner suite aux nombreuses manifestations qui, de toute évidence, n’ont pas réussi à créer l’élan nécessaire à la mise sur pied d’une véritable transition énergétique.

Il ne faudrait surtout pas que l’image hautement médiatisée de Greta Thunberg se dissipe dans la nuée des temps sans que le message d’urgence de la jeune militante suédoise donne les fruits nécessaires à la survie de notre planète !

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11 commentaires
  • Gaétan Cloutier - Abonné 8 janvier 2020 07 h 18

    Je ne peux qu'être d'accord avec vous

    en lien avec le fait que l'effet Greta ne doit absolument pas se dissiper.

    Ceci dit, de remettre le tout sur les dirigents est malheureusement un raccourcit (tel le Pacte). Ce sont les gens qui se procurent des VUS qui consomment plus d'essence, donc, rejète plus de polluants dans l'atmosphère (on parle d'étalement urbain ce matin dans le Devoir justement). Je pourrais nommer d'autres exemples de la sorte sur plusieurs pages (bouteilles d'eau en plastique...au Québec, vraiment?).

    Je crois qu'on manque d'informations; on se fait dire que la terre se réchauffe et que les catastrophes climatiques sont en hausse. Les catastrophes en hausse sont vérifiables, mais en quoi est-ce que les actions individuelles sont responsables pour ce réchauffement?

    Ceci demeurre l'inconnue dans la pièce. Se fiez sur un gouvernement pour régler les problèmes à survenir au-delà du délais d'un mandat est dérisoire.

    Together we stand, divided we fall

    • Cyril Dionne - Abonné 8 janvier 2020 13 h 40

      M. Cloutier, dans les démocraties occidentales, la plupart des gouvernements sont dûment élus par leur population respective. Alors, qui doit-on blâmer? Les politiciens ou bien ceux qui ont voté pour eux en connaissant fort bien leur parcours politique et leur feuille de route environnementale? Personne n’élira un politicien qui promet de réduire d’un tiers la croissance économique en plus d’augmenter les taxes sur le carbone. Personne, même pas nos élites médiatiques qui se plaisent à prêcher leur révolution écologique qu'ils portent à leur boutonnière en signant des pactes et en faisant des annonces publicitaires pour des 4x4 énergivores.

      L’effet Greta Thunberg? Misère. Au lieu d’aller sermonner les plus gros pollueurs de la planète, notamment la Chine, les USA, l’Inde et j’en passe, elle s’en est pris à des cibles faciles. Il ne faudra jamais oublier que 80% des nouvelles émissions de C02 nous parviennent de la Chine et l’Inde. Mlle Thunberg était tout simplement la nouvelle saveur du mois qu’on va vite oublier tellement son discours était incongrue et peuplé de contradictions.

      Bon. Revenons aux générations benjamines. La plupart ne connaissent rien en science et 99% d’entre eux ne pourrait pas expliquer le phénomène scientifique, l'effet de serre, qui est pourtant facile à comprendre. Ce n’est pas dans les sciences sociales qu’on apprend les sciences naturelles qui ont un impact direct sur nos vies. Pour le 350 000 jeunes à Montréal un certain jour de septembre 2019, la plupart étaient là pour prendre un « selfie » d’eux-mêmes tout en étant pas conscient que la téléphonie représente 11% de tous les GES mondiaux. Ils ne sont pas assez lucides pour comprendfe que le seul remède de cheval est la décroissance économique drastique. En fait, ce serait un retour au Moyen-Âge. De toute facon, il est trop tard pour nos vœux pieux et tout ce qu’on peut faire maintenant, c’est de s’adapter aux changements climatiques dont la cause directe est la surpopulation.

  • Pierre Rousseau - Abonné 8 janvier 2020 08 h 19

    Deux poids, deux mesures

    C'est bien beau tout ça mais il semble évident que la planète a passé le point de non retour à cause en particulier des autorités des pays dits démocratiques, dûment élues. On voit aussi les « deux poids, deux mesures » dans la destruction qui s'amorce maintenant. On ne se gêne pas pour critiquer le gouvernement Bolsonaro pour la destruction de l'Amazonie brésilienne par le feu et la déforestation alors qu'on ferme les yeux sur la destruction qui a lieu en Australie depuis quelques années.

    Dans le cas du Brésil, l'Amazonie était passablement vierge, surtout du fait que des peuples autochtones non contactés y habitaient alors qu'en Australie, la destruction est rendue plus facile à cause de la manière colonialiste que les autorités coloniales australiennes jusqu'à aujourd'hui ont traité son milieu naturel. Il y a aussi un Premier ministre dinosaure qui tient mordicus à l'exploitation du charbon, ce qui aggrave encore plus la situation. On en est rendu à constater la perte d'au moins un demi milliard d'animaux et l'éradication probable d'espèces uniques à ce pays-continent comme le koala, sans que les autorités des autres pays ne lèvent le petit doigt pour blâmer ce gouvernement conservateur.

    Au Canada nous avons eu un demi million de gens dans les rues de Montréal avec Greta Thunberg puis, peu après, l'élection d'un gouvernement libéral connu pour encourager les pipelines... Cherchez donc l'erreur.

  • Jean Richard - Abonné 8 janvier 2020 10 h 56

    L'effet Greta ?

    « Nul doute que le phénomène Greta Thunberg aura contribué à créer un mouvement de sensibilisation sans précédent autour de la lutte contre les changements climatiques. »
    Résumons le parcours de l'adolescente au plus fort de sa couverture médiatique. Elle voulait se rendre à New York. Par idéologie ou même dogmatisme, elle a refusé de prendre l'avion, préférant le chic catamaran d'une famille milliardaire de Monaco. Or, plusieurs ont avancé que ce choix pourrait difficilement résister à un calcul de l'empreinte écologique réelle d'un tel choix. Ajouter 50 kg à un avion non rempli a une incidence minime sur la consommation. Passer plus de 5 semaines sur un voilier à consommer de la bouffe hautement transformée et suremballée laisse des traces. Et sur terre ? Traverser l'Amérique dans une grosse voiture de 2,5 tonnes consommant beaucoup d'électricité venant surtout du charbon et du gaz naturel, était-ce un meilleur choix que le train – ou même l'avion ? Il faut parfois savoir calculer.
    Greta a failli rater la COP25 à Madrid. Ouf ! Les médias l'ont échappé belle.
    Vous croyez vraiment que la manifestation de Montréal constitue une sensibilisation sans précédent à la cause environnementale ? N'en soyez pas si sûrs. Quelques semaines plus tard, demandez aux 500 000 jeunes participants pourquoi la COP25 a-t-elle été un échec. Un pourcentage inquiétant pourraient n'en avoir aucune idée. Mal informés ces jeunes ? Pas nécessairement car il faut dire que les médias ont été beaucoup plus nombreux à nous parler de Greta que de faire l'analyse de l'échec de la COP25.
    Les enjeux environnementaux sont complexes. Les mesures et les solutions pour éviter ou du moins atténuer la crise qui s'amène sont également très complexes. Le discours de la jeune icône, pas très consistant, sera vite oublié ; idem pour son doigt pointé vers les autres.
    Elle est rentrée à la maison et son père nous assure qu'elle est maintenant heureuse.

  • Gilbert Talbot - Abonné 8 janvier 2020 12 h 59

    Science et religion ne font pas bons ménages pour assurer la survie de notre planète

    Greta est Porte-parole d'un mouvement mondial pour sauver la planète.sa référence c'est l'ensemble des données scientifiques du GIEC qui nous démontrent que La planète change dramatiquement sous l'effet du réchauffement du climat. Le problème surgit lorsque des politiciens climato-sceptiques Bolsonaro, Trump, oú le premier ministre australien mélangent religion évangélique et climat. Un peu comme à l'époque où les religions s'opposaient à la théorie de l'évolution, oú à La contraception.

  • Henri Marineau - Inscrit 8 janvier 2020 14 h 34

    L'après-Greta

    @ Cyril Dionne et Jean Richard

    Un simple commentaire... J'attire votre attention sur le fait que mon article n'avait aucunement trait à l'effet-Greta mais plutôt à l'après-Greta!

    • Cyril Dionne - Abonné 8 janvier 2020 16 h 16

      Bien M. Marineau, il n'y aura pas d'effet Greta a posteriori. Aucun. Nada. Nothing. Désolé, la nouvelle saveur du mois est passée date.

    • Jean Richard - Abonné 9 janvier 2020 01 h 03

      L'après-Greta ?

      Elle est rentrée chez elle où elle serait maintenant plus heureuse, a dit son père à certains médias.
      Les 500 000 jeunes Québécois sont rentrés chacun chez soi, à temps pour le vendredi fou et le boxing day.
      La banlieue a continué à s'étaler et les bouchons de circulation, après une petite trève du temps des fêtes, ont continué et presque tout indique que ce n'est pas demain la veille que la situation va changer.
      Enfin, très peu, trop peu, beaucoup trop peu de gens ont compris pourquoi la COP-25 à Madrid avait échoué.
      Et comme dessert, il y a une guerre latente à l'horizon.

      Puisque Greta n'alimente plus les médias depuis son retour au bercail, ceux-ci ont déterré de quoi noircir quelques pages : un vieil écrivain qui a aujourd'hui 84 ans et qui dans les années 70 affichait ses attirances malsaines vers les enfants. Les changements climatiques peuvent attendre un peu, sauf en Australie. À moins qu'on se tape une tempête de verglas pire que celle de la fin du siècle dernier...