Piétons à Montréal: le décompte 2020 a débuté!

Voilà c’est fait. Le 4 janvier, le décompte des piétons qui tomberont encore à Montréal, en cette nouvelle année, a débuté. Deux femmes ont été heurtées par des véhicules le même jour, à seulement deux heures d’intervalle, et l’une d’elles a rendu l’âme.

Il est bon de rappeler qu’en 2019, 24 piétons ont été tués à Montréal. Le pire bilan depuis des lustres. Va-t-on dorénavant ranger ces accidents mortels, impliquant automobilistes et piétons, au rayon des simples faits divers, au rayon de notre indifférence ? Le danger est là !

L’idée de croire que les piétons ont leur grande part de responsabilité quand ils sont frappés de plein fouet par des automobilistes, pour moi, ça ne tient plus la route. Peu importent les raisons, il y a mort de femme et mort d’homme, parce que tout simplement l’humain bipède qui marche en ville ne fait plus le poids face à la prolifération de l’automobile.

À Montréal, je m’excuse, l’automobile est encore reine comme dans un jeu d’échecs. Cela dit, le parc automobile à l’échelle mondiale se fait de plus en plus encombrant.

Voilà pourquoi, dans plusieurs grandes villes de notre monde, on a décidé de restreindre la circulation des véhicules, qu’on a interdit même l’accès à des véhicules de types poids lourds et qu’on a instauré des règles sévères afin de protéger les piétons.

Les automobilistes délinquants y sont lourdement punis, qui plus est. Alors l’administration de la Ville de Montréal devrait, elle aussi, suivre cette tendance et agir en conséquence, et ce, dès maintenant. Les bonnes intentions ne suffisent plus.

Sinon je vais commencer à croire que Montréal est en voie de devenir une des Métropoles les plus dangereuses sur le plan de la sécurité des piétons en Amérique du Nord.
7 commentaires
  • Robert Taillon - Abonné 6 janvier 2020 07 h 47

    Responsabilités

    Je pense, comme plusieurs autres, que les gouvernements et administrations devraient être tenus responsable de ces morts, considérant le laisser aller en ce qui a trait aux distractions en quelque sorte tolérées chez les automobilistes et camionneurs aussi; de texter au volant alors que c'est interdit devrait être puni beaucoup plus sévèrement que ce qui est fait maintenant, la révoquation immédiate du permis de conduire serait plus efficace avec une lourde peine financière pour décourager les éventuels contrevenants. Et il devrait être aussi dit que la conduite automobile ne rime pas avec la conso,mmation d'un repas, du maquillage ou de querelles au téléphone même si avec mains libres. Des lois plus sévères pour moins de morts. Les piétons devraient aussi se responsabiliser en considérant les indications aux traverses et en ne se jetant pas devant les voitures en se faulilant à travers les voitures stationnées ou en mouvement.

    • Louise Collette - Abonnée 6 janvier 2020 08 h 38

      Très juste votre commentaire.

      Et un jour ou l'autre, tout le monde est fautif, il n'y a pas que les automobilistes qui manquent de <<savoir-vivre>>, j'ai vu des piétons prendre des décisions suicidaires, il y en a même un qui vit encore grâce à moi. Il faut sensibiliser toute la population.
      Il faut être vigilant. Incontestablement les choses doivent changer et il y a beaucoup de travail à faire.

  • Pierre Samuel - Abonné 6 janvier 2020 08 h 13

    < J'attendrai le jour et la nuit ... > ( Air connu )

    Cher Monsieur Giguère,

    Comme vous le constatez, vous-même, les piétons à Montréal sont effectivement considérés entraves publiques au flux de circulation des véhicules.

    Voici, à cet effet, mon humble tentative :

    Le 2 décembre 2015, j'ai communiqué avec l'arrondissement Montréal-Nord, afin de leur faire part du risque encouru par les piétons au carrefour Gouin et Langelier bordé de nombreuses résidences pour personnes âgées dont plusieurs de ces résidents sont à mobilité réduite, afin d'y faire installer un décodeur numérique,

    La conseillère de l'arrondissement de l'époque responsable du dossier, Mme Sylvia Lo Bianco, m'avait confirmé textuellement dans un courriel daté du 8 décembre 2015 : < Je transmets votre demande à notre directeur de service, Monsieur Alain Legault. Soyez assuré de notre collaboration dans ce dossier >.

    Six mois plus tard, face à l'Inaction de l’arrondissement, je me suis alors présenté à une séance du conseil, le13 juin 2016, présidé par la mairesse actuelle, Mme Christine Black, muni d'une pétition à cet effet.

    Motus et bouche cousue de leur part jusqu'au 11 octobre 2018, lors d'un appel téléphonique reçu de la part de Mme Solange Laurin, alors responsable des travaux publics de l'arrondissement, soit plus de trois ans plus tard, m'assurant que le dit décodeur serait installé incessamment...

    Dès le lendemain, 12 octobre 2018, la mairesse de l'arrondissement, elle-même, Mme Christine Black, me confirme par courriel : < Nous suivons ce dossier depuis un moment ( ?!?), et enfin un décodeur sera implanté ! Une bonne nouvelle ! Je demeure disponible au besoin .

    Bonne journée, Cordialement.

    Christine Black, Adm. A. M.AP.
    Mairesse - Arrondissement de Montréal-Nord >.

    Aujourd'hui, cinq ans et un mois après la démarche initiale, en dépit des 24 piétons tués en 2019,sans compter ceux des années antérieures, des belles promesses des mairesses Black et Plante, où se trouve ce sapristi décodeur numérique coin Gouin-Langelier?

  • Maurice Amiel - Abonné 6 janvier 2020 09 h 16

    Et pourquoi pas une police des piétons?

    Dans plusieurs villes nord américaine on appelle "jaywalking" ce que M. Taillon appelle traverser une rue au milieu de celle ci plutôt qu'aux passages sécurisés pour les piétons. Le "jaywalking" y est surveillé et les piétons pénalisés sur le champs par la police de quartier à pied.

    Pourquoi pas une telle police à Montréal ... elle pourrait aussi être très utile au contrôle des fantaisies des cyclistes circulant sur trottoir, à contresens. etc.

    Maurice Amiel, abonné

    • Serge Lamarche - Abonné 6 janvier 2020 20 h 38

      Bravo, emmerdons les piétons et les cyclistes en passant. Ce sont de vrais tueurs d'automobilistes! Ou casses-couilles en tout cas, hein?

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 6 janvier 2020 11 h 23

    Entièrement d’accord

    Les vieux piétons sont tués parce que le temps qui leur est attribué pour traverser les rues est trop court.

    À Montréal, la durée d’un feu vert est calculée sur une vitesse de traversée de 1,1 mètre par seconde. Par contre, la vitesse _moyenne_ de marche d’un vieux est de 0,8 mètre par seconde. Même à 0,8 mètre/seconde, une partie des vieux (ceux avec une canne, notamment) n’en sont pas capables.

    Avec la norme actuelle de 1,1 mètre par seconde, entre 30 et 50 % des personnes âgées n’y parviennent pas.

    L’administration Plante se propose d’abaisser la norme actuelle à 0,9 mètre par seconde (ce qu’on sait d’avance être insuffisant). Et ce seulement à proximité des écoles, des CHSLD, des hôpitaux et des centres communautaires. Le tout prendra 8 ans. Huit ans, c’est long.

    À moins d’un renversement inattendu des tendances actuelles, tout indique que la crise des piétons tués à Montréal s’aggrave présentement; non seulement 2019 est une année exceptionnelle, mais durant ses six dernières semaines, il est mort autant de piétons dans les rues de Montréal que dans la moitié de toute l’année 2015.

    Avec l'augmentation du parc automobile consécutif à la dégradation du transport en commun (mille pannes dans le métro, bordel aux trains de banlieue) et en raison du vieillissement de la population, cette crise ne pourra que s'aggraver.

    En ne prenant pas cela au sérieux, l’administration Plante fait preuve d’irresponsabilité.

    Dans ce sens, je rejoins parfaitement votre opinion, M. Giguère.

  • Claude Coulombe - Abonné 6 janvier 2020 13 h 54

    Tasse-toi mononcle!

    Alors que plus de 60% des piétons tués sont des aînés, il me semble clair que le plus gros du problème n'est pas la témérité des victimes mais bien leur incapacité physique.

    Dans un contexte de vieillissement de la population, la marche constitue un moyen simple pour atteindre un niveau d’activité physique afin de maintenir une bonne santé. Voulons-nous que les personnes âgées se terrent au foyer apeurées par la perspective de traverser une rue?

    Si rien ne change, au rythme actuel de l'hécatombe, il faudra attendre des dizaines de décès, au pire près de 200 morts dont 125 personnes âgées, avant que la Ville de Montréal ne complète dans 8 ans la reprogramation des feux aux intersections pour favoriser la sécurité des plus vulnérables.

    Le pire c'est qu'on implante une norme de 0.9 mètres par seconde alors que la science nous avise que la vitesse moyenne de marche d'une personne âgée est de 0.8 mètres par seconde. Sans tenir compte des personnes avec cannes et marchettes... Pour une voie de 20 mètres de large, un simple calcul nous montre qu'une personne âgée moyenne se retrouvera à plus de 2 mètres du trottoir, soit en plein dans la circulation.

    Scientifiquement vôtre

    Claude Coulombe