Gouverner une nation

Quand François Legault clame que la CAQ respecte ses promesses, il serait un bon candidat au festival Juste pour rire. Après seulement 14 mois, la liste des promesses non remplies ou remplies à moitié s’allonge. « L’art de la demi-mesure » a écrit Michel David.

La plus choquante, quant à moi : la promesse formelle que les élections 2022 se feraient à la proportionnelle. « On ne fera pas comme Justin Trudeau », avait dit M. Legault. Du côté immigration, les réalisations sont très loin des promesses du programme caquiste. Au départ, la CAQ a voulu envoyer à la déchiqueteuse 18 000 dossiers ; le tout arrêté sur ordre de la Cour supérieure : pas fort ! […].

« Le bluff de Legault en immigration », a écrit un chroniqueur, en parlant de la promesse de réduire les seuils d’immigration ; comment réduire quand le Québec n’a pas tous les pouvoirs ? Ne pouvant pas réduire dans les immigrants avec permis de travail, la CAQ a voulu réduire dans le programme PEQ des étudiants : levées de boucliers dans le milieu des affaires et de l’enseignement supérieur. Trois semaines plus tard, changement radical de position : la CAQ veut maintenant accueillir les étudiants étrangers à bras ouverts, les qualifiant de « candidats de choix » !

Quant au projet de loi 21, la CAQ n’avait-elle pas dit qu’elle exempterait les écoles privées, pourtant subventionnées […] ?

Les trop-perçus d’Hydro-Québec. La promesse d’aller chercher un milliard de dollars dans l’entente avec les médecins spécialistes. La promesse d’abolir les élections scolaires : selon ce qu’on en sait, les anglophones conserveraient le suffrage universel. […]

Il faut déplorer le fait que la CAQ applique, encore une fois, la vitesse grand V en vue de l’adoption rapide du projet de loi 40 modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaires […]. Des associations d’enseignants et des comités de parents s’inscrivent en faux contre ce projet ; à tout le moins quant à la précipitation [avec lequel il a été traité].

On est très loin des projets emballants de la Révolution tranquille et des années 1990. On peut s’interroger sur la vision de la CAQ, à moyen et à long terme. Où s’en va le Québec avec cette courte vision comptable de l’administration publique ?

4 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 4 janvier 2020 07 h 00

    … autrement ?!?

    « Où s’en va le Québec avec cette courte vision comptable de l’administration publique ? » (Pierre Grandchamp)

    Vers son Indépendance ou ailleurs et …

    … autrement ?!? - 4 jan 2020 -

  • Pierre Grandchamp - Abonné 4 janvier 2020 08 h 53

    Corrections

    Je suis déçu parce que Le Devoir n'a pas publié mon texte intégralement. Ce faisant, cela change beaucoup.

    On a complètement ignoré ce que je disais sur "le test des valeurs":! "Qu’on songe au ridicule test de valeurs, à distance, et seulement pour les immigrants économiques, à des années lumière des promesses du programme électoral. Mylène Crête, dans LE DEVOIR du 3 janvier 2020, y parle de « un test de peu de valeurs » En effet, dit-elle : « la CAQ voulait le rendre conditionnel au maintien de la résidence permanente octroyée par le gouvernement fédéral. »

    Voici ce que j'écrivais concernant PL21; " Quant au projet de loi 21, la CAQ n’avait pas dit qu’elle exempterait les écoles privées, pourtant subventionnées : un prof du privé est, tout aussi, en situation d’autorité."

    Voici ce que je disais au sujet de PL40 :"Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs qu’en immigration, la CAQ devrait prendre le temps d’écouter, davantage, Quant à moi, je suis partisan du « no taxation without representation » et je pense qu’Il y a moyen d’améliorer la participation démocratique en plaçant les élections scolaires en même temps que les municipales. S’il est vrai que le taux de participation n’est que de 5% aux élections scolaires; d’autre part, il ne serait que de 2% aux élections des conseils d’établissements. En effet, dans le projet de loi, des parents élus par les conseils d’établissements remplaceraient les commissaires actuels.".

    • Pierre Grandchamp - Abonné 5 janvier 2020 07 h 30

      Le titre était le suivant:"Gouverner une nation à grande vitesse, par essais et erreurs. Et projet de loi 40."

  • Marc Pelletier - Abonné 5 janvier 2020 11 h 41

    Les promesses

    Nous savons tous que les promesses " bricollées " de M. Legault ne visaient qu'à gagner l'élection que les libéraux lui ont d'ailleurs offert sur un plat d'argent rempli d'argent.

    La bonne " bouille " de M. Legault continue d'hypnotiser les Québécois qui lui font une confiance aveugle; d'ailleurs les francophones s'intéressent peu à la politique : il ont d'autres chats à fouetter.

    Peut-être que son manque d'intérêt pour l'environnement réussira petit à petit à désagréger la base de son trône, à moins que sa vraie nature, que l'on dit " près du peuple ", ne se manifeste au grand jour par ses actions ou ses inactions.

    " On verra " !