Désolation, rue Saint-Denis

Récemment, je déambulais rue Saint-Denis, cette artère mythique du Montréal francophone. Sur les devantures sont placardées des affiches « À louer », « À vendre ». Plus du quart des anciennes boutiques sont désormais vacantes au nord de Sherbrooke !

Que sont devenues toutes ces jolies boutiques aux devantures attrayantes, offrant une variété de produits de qualité ? Que subsiste-t-il de cette vibrante vie de quartier, communautaire, artistique et commerciale ? Au coeur de ce Montréal prétendument francophone, la majorité des conversations captées dans la rue ce jour-là sont en anglais. Gaston Miron, Pauline Julien et Gérald Godin, qui ont vécu dans le Quartier latin dans les années 70 et 80, ne reconnaîtraient guère cette artère aujourd’hui, ses cafés, ses restaurants, ses boutiques.

Comment expliquer un tel déclin ? La hausse immodérée des loyers commerciaux est sans doute en cause. Les achats en ligne se généralisent, détournant les consommateurs du magasinage de boutique en boutique. Un monstrueux temple de la consommation va bientôt jaillir de terre à proximité d’un carrefour autoroutier achalandé. Après le Dix30 sur la Rive-Sud, ce sera au tour du Royalmount dans la ville de Mont-Royal. En plus d’engorger un réseau routier déjà saturé, cette raison sociale typiquement anglophone dominera le paysage et souhaitera la bienvenue aux visiteurs en provenance de l’aéroport. Quelle désolation…

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6 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 3 janvier 2020 01 h 21

    Le patron d'Amazon pratique une compétition déloyale qui bafoue les lois anti-monopole.

    Vous avez raison, monsieur Yves Archambault. Le commerce en ligne va détruire toutes les petites boutiques. Il faudrait boycotter les grandes multinationales telles qu'Amazon de Jeff Bezos. Non seulement ce propriétaire ne paye pas un cent en taxes, mais pire encore, il bafoue toutes les lois antitrust sur la concurrence jusqu'à ce que ces petites boutiques ferment leurs portes et après il pourra exiger le prix qu'il veut.
    Malheureusement, c'est «l'ubérisation» prédatrice de notre société avec la bénédiction de nos gouvernements qui pratiquent le laissez-faire pour les riches et les mieux nantis au dépend de la majorité de citoyens.

    • Robert Taillon - Abonné 3 janvier 2020 07 h 12

      Vous avez tout à fait raison, le laisser aller des gouvernements qui nous laissent abusés par ces prédateurs commerciaux qui font tomber nos économies locales est à changer, bien certainement politiquement car on voit bien que les partis en place ne font rien pour solutionner le problème. Qu'en sera-t-il des employés de ces commerces de quartier.
      Les élus réagiront-ils lorsque tout ce qui est francophone va continuer à disparaitre vu qu'ils offrent notre commerce aux voisins du sud, ce sans leur faire payer leurs parts sociales de surcroit.
      Ces nouvelles économies risquent, dans un proche avenir, de jeter à la rue encore plus de gens qui vont grossir les rangs aux soupes populaires et dans les camps d'itinérants qui croissent partout sans que l'on en tienne compte.

  • André Labelle - Abonné 3 janvier 2020 19 h 04

    Avez-vous remaqué ... ?

    Avez-vous remarqué que la rue Saint-Denis est en plein centre du plateau Mont-Royal ? Or les dirigeants de cet arrondissement ont tout fait depuis plusieurs années pour décourager la circulation automobile dans ce quartier. Ce qui devait arriva ! Les visiteurs de l'extérieur de Mtl viennent de moins en moins sur cette belle rue commerciale mais pittoresque. Aucune mesure n'a été prise pour contrer les effets pervers des bobos du plateau. Leurs belles promenades enfin tranquilles leur font maintenant admirer des vitrines vides et placardées.
    On aura tué la poules aux oeufs d'or !
    Peut-être que la ville devrait maintenant augmenter les taxes municipales au point que les propriétaires laisseraient alors "aller" leurs bâtiments pour les "taxes" et qu'ainsi la ville pourrait en faire des logements, des résidences. Mais il faudrait une loi pour éviter de démolir les façcades et les beaux escaliers typiques de ce quartier.
    La ville devrait également faire rapport sur qui sont maintenant les vrais propriétaires des édifices de cette portion de la rue Saint-Denis. Peut-être que la situatuion de délabrement fait l'affaire des spéculateurs immobiiers du secteur. Qui sait !

    “Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières.”

    [Oscar Wilde]

  • Maryse Pellerin - Abonnée 3 janvier 2020 21 h 43

    Enfin tranquilles?

    Les promenades du Plateau enfin tranquilles? Mon quartier n’a jamais été aussi bruyant. Camionnage, FedEx, véhicules d’entretien ( récupération, ordures, balayage, travaux de réfection) ajoutent à la cacophonie urbaine. Pour la tranquillité, on repassera...

    Ça fait mal au cœur de voir le bel édifice au coin de Rachel et Saint-Denis, placardé depuis la fermeture de Mexx dont les enseignes sont encore en place. Sans doute qu’on laisse le bâtiment tomber en décrépitude avant de le démolir... Honte à la Ville de Montréal.

  • Yvon Turcotte - Abonné 4 janvier 2020 12 h 19

    Le pire reste à venir

    Le projet Réseau Vélo Express qui amputera sous peu Saint-Denis de 50% de son espace dédié à la circulation automobile achèvera de tuer cette rue emblématique de Montréal et seul lien de circuation nord-sud à peu près fluide au centre de la ville. L'embouteillage permanent qui résultera du mouvement à pas de tortue de tous les véhicules à quatre roues y compris ambulances, autobus, taxis, camions de livraison et incendie y augmentera la pollution de toutes sortes et freinera le plaisir d'y déambuler comme simple piéton.

  • Yvon Turcotte - Abonné 4 janvier 2020 13 h 21

    Le pire reste à venir

    Le projet Réseau Vélo Express qui amputera sous peu Saint-Denis de 50% de son espace dédié à la circulation automobile achèvera de tuer cette rue emblématique de Montréal et seul lien de circuation nord-sud à peu près fluide au centre de la ville. L'embouteillage permanent qui résultera du mouvement à pas de tortue de tous les véhicules à quatre roues y compris ambulances, autobus, taxis, camions de livraison et incendie y augmentera la pollution et freinera le plaisir d'y déambuler comme simple piéton.

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