Legault et la religion

En visite en Californie, notre premier ministre s’est à nouveau aventuré sur le terrain de la religion en faisant remarquer au gouverneur Newsom qu’ils étaient tous deux catholiques, ajoutant que « tous les Canadiens français le sont ». Cette sortie précise la réponse qu’il avait donnée aux journalistes qui lui demandaient, lors du débat sur la loi 21, s’il était croyant ou non.

Qui l’eût cru ! Alors que l’adoption de la Loi sur la laïcité de l’État devait soi-disant évacuer la question de la religion du débat public une fois pour toutes, le premier ministre étale ses convictions religieuses comme le ferait un bon politicien américain. A-t-on vraiment besoin de se rendre, ne serait-ce qu’à petits pas, à cet extrémisme de nos voisins du Sud ; où l’importance du phénomène religieux permet aux fondamentalistes d’aller jusqu’à contester l’enseignement des théories de l’évolution dans les écoles publiques ?

Je ne veux pas connaître les convictions religieuses de nos politiciennes et politiciens, et je ne veux surtout pas qu’elles aient à jouer un rôle quelconque dans leurs carrières et notre vie publique. Je préfère que God ne bless pas Quebec, et que l’on s’en remette plutôt à l’énergie des femmes et des hommes de notre société pour espérer la rendre meilleure.

En terminant, bien que je sois sans doute un Canadien français « pure laine », je ne suis pas catholique. Et sachez qu’aujourd’hui, toutes et tous devraient pouvoir se réclamer de la nationalité québécoise et sentir que leur premier ministre parle en leur nom, peu importent leurs convictions religieuses.


 
9 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 14 décembre 2019 04 h 32

    La religion et la politique ne se mélangent pas.

    Vous avez amplement raison, monsieur Julien Rousseau. Une société civilisée et moderne doit forcément évacuer la religion de la politique. C'est de l'hypocrisie de la part de monsieur Legault de parler de son appartenance catholique en conversation politique avec le gouverneur, Newton de la Californie.
    La religion doit toujours demeurer dans la sphère privée, si l'on ne veut pas finir avec un pays ingouvernable où les groupes ethniques et religieux se bagarrent constamment pour une tranche de la gouvernance.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 14 décembre 2019 09 h 03

    Décidément

    Plus M. Legault s'ouvre la bouche, plus il se révèle gaffeux.

    Son affichage public en tant que catholique s'aligne à celui de M. Pérez avec sa kippa.

    Le premier ministre devrait donner l'exemple, mais il semble que c'est trop lui demander.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 14 décembre 2019 12 h 39

      Pourquoi M. Legault a t-il étalé en public sa religion catholique?

      Qu'est ce que ceci a à voir avec cela ?

      En quoi les dossiers qu'il avait à traiter en Californie profitaient de cette profession de foi «out of the blue» quand on sait en plus que les bonzes de l'industrie du cinéma américaine penchent plutôt vers le judaïsme.

      «Je ne comprends pas!» Comme disait le père d'Amélie Poulain, quand il recevait des photos de voyage de son nain de jardin un jour disparu.

  • Michel Lebel - Abonné 14 décembre 2019 09 h 22

    D'autres perles à venir!

    Il faut bien réaliser que la pensée de François Legault sur bien des choses est floue! Disons simplement qu'il ne pense pas bien fort avant de parler! Plus à venir!

    M.L.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 14 décembre 2019 09 h 53

    100 % d'accord


    Questionné sur sa foi et ses croyances religieuses, le premier ministre François Legault s’est confié aux journalistes en mai : « Moi, je souhaite que Dieu existe. Je pense que, sinon, la vie serait injuste. Je pense aux gens qui ont eu de la misère, qui sont décédés jeunes... Moi, je souhaite que Dieu existe, mais je n’ai pas de confirmation. Les deux théories se valent. On peut dire que Dieu existe, on peut dire que tout est un hasard, mais un hasard assez spécial, qu’il y a eu le Big Bang, la vie, les êtres humains qui pensent. Donc, les deux options se valent, il n’y a personne qui peut confirmer par la science ni une position ni l’autre. »

    Le premier ministre aurait été mieux de se taire, comme l’ont fait fort justement d’autres politiciens. Car un politicien n’a pas à aborder ce sujet personnel, surtout lorsque qu’un projet de loi sur la laïcité est à l’étude. D’autant que ses confidences sont incompréhensibles : « Moi, je souhaite que Dieu existe. Je pense que, sinon, la vie serait injuste. Je pense aux gens qui ont eu de la misère, qui sont décédés jeunes... » Quel galimatias!

    M. Legault devrait lire la grande Simone de Beauvoir, qui a écrit sur le sujet : « Il m’était plus facile de penser un monde sans créateur qu’un créateur chargé de toutes les contradictions du monde. »

  • Gilles Théberge - Abonné 15 décembre 2019 13 h 06

    Legault ? Legault c'est un mononcle.

    Un mononcle sympathique peut-être.

    Mais un mononcle !