Qui est la véritable victime?

Ce que ça peut être pénible de voir des gens par ailleurs intelligents essayer de justifier les frasques de Mike Ward. (Après tout, il a gagné des Olivier, alors il doit être bon, non ?) Encore un talent mal compris, une victime d’un système qui veut à tout prix écraser le pauvre petit humoriste qui veut sortir des sentiers battus, etc.

Oui, c’est pénible. Mais pas pour Mike Ward. La victime, ce n’est pas lui.

Au nom de la liberté d’expression, il se croit tout permis. Mais le simple bon sens nous dit que ce n’est pas vrai. J’ai parfaitement le droit de me faire aller les bras dans les airs, mais ce droit s’arrête au nez du voisin. C’est tellement évident que je me demande si les défenseurs de Ward sont vraiment de bonne foi.

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11 commentaires
  • Marc Therrien - Abonné 12 décembre 2019 06 h 54

    Mais où est donc Catherine Dorion?

    La controverse autour de Mike Ward commence à sépuiser après avoir fait entre autres le tour des chroniqueurs du JDM. Il est grand temps que Catherine Dorion nous revienne avec une frasque dont elle est capable.

    Marc Therrien

    • Marc Therrien - Abonné 12 décembre 2019 17 h 59

      Bon...bien voilà que HuffPost Québec m’informe que « Catherine Dorion s'en prend à la langue de bois des députés. » « Une nouvelle vidéo de la députée solidaire fait bien mal paraître la ministre Nathalie Roy. » Il semble qu’elle ait gardé toute sa concentration pour réussir à éviter ce que Coluche déplorait en disant: «Technocrates, c’est les mecs que, quand tu leur poses une question, une fois qu’ils ont fini de répondre, tu comprends plus la question que t’as posée.»

      Marc Therrien

  • André Labelle - Abonné 12 décembre 2019 08 h 22

    Un enfoiré reste un enfoiré !

    Dimanche soir j'ai eu honte des humoristes du Québec. Ils ont fait de Ward un héro. Quant à moi je pense à vraiment à boycotter tous les spectacles d'humour de ceux et celles qui ne se seront pas dissociés des honneurs rendus à Mike Ward.
    Ce troupeau d'humoristes ne mérite plus ma reconnaissance et j'espère que d'autres citoyens ordinaires feront comme moi.

    «Qu'il soit noir, juif ou arabe, un type bien est un type bien et un enfoiré sera toujours un enfoiré.» [Guy Bedos]

    • Marc Therrien - Abonné 12 décembre 2019 12 h 11

      Et le même Guy Bedos de dire aussi «La liberté d'être soi-même, à laquelle chacun devrait tenter d'accéder, c'est aussi, pour certains, la liberté d'être un con ou un salaud.» Et ce con proclamé de Mike Ward apprécie sûrement cette pensée de Frédéric Dard: «Rien n'est plus voluptueux pour un pas-con que d'être pris pour un con par un con».

      Marc Therrien

  • Cyril Dionne - Abonné 12 décembre 2019 08 h 52

    Qui est la véritable victime? La liberté d’expression

    Ce n’est pas une question d’Olivier, parce que toutes ces petites fêtes et galas ne servent qu’a mousser la réputation des artistes et faire de la publicité à l’industrie des « comiques ». Ce n’est pas une question d’être bon, c’est une question de savoir si des gens sont prêts à débourser leur argent pour aller les voir et les entendre. Et parlons-en d’un système qui en écrase plusieurs qui vont à l’encontre de la très sainte rectitude politique.

    Ceci dit, « ben » non qu’au nom de la liberté d’expression, tout est permis. Les lois du Code criminel canadien sont très précises en ce qui concerne la diffamation et l’incitation à la haine. Pour le reste, il ne s’agit que de moralité, une instance qui est certainement à géométrie variable.

    Enfin, les gens qui supportent la liberté d’expression ne supportent pas Mike Ward; ils le tolèrent tout simplement même s’ils ne sont pas d’accord avec ses propos parce qu’aucun crime a été commis. Ceux qui en appelle à la très, ô combien Sainte rectitude politique, sont les mêmes qui ne verraient pas d’un mauvais œil la censure et l’autocensure jusqu’à même la criminalisation des propos qui critiquent les religions, vous savez, les idéologies politico-religieuses qui ne paient aucun impôt, taxe ou cotisation, blasphème oblige.

    La liberté d’expression est un droit humain fondamental et où repose le socle de la démocratie. Certains voudraient faire fi de tout cela pour des blagues qui ont été faits dans des contextes privés où les gens ont payé pour les entendre. Petit conseil à nos âmes sensibles; si vous ne voulez pas entendre de tels discours, eh bien, ignorez-les. C’est cela la censure dans une démocratie. Et c’est très efficace.

    • Marc Pelletier - Abonné 12 décembre 2019 10 h 39

      Le pouvoir juridique repose lui aussi comme un fondement de la démocratie et pourtant, en toute liberté d'expression, plusieurs voudraient le saborder lorsque leurs convictions politiques peuvent y être mises à mal.

      En ce qui concerne Mike Ward, ses blagues n'ont rien de privées puisqu'elles font la nouvelle , semaine après semaine.

    • André Labelle - Abonné 12 décembre 2019 11 h 55

      Sans doute que Mike Ward pourrait se réclamer de la liberté d'expression pour dire n'importe quoi. Peut-être qu'il ne commet pas un acte criminelle ce faisant quoi que je n'en sois absolument pas convaincu.

      Mais ceux ou celles qui sont l'objet de ses farces abjectes ont certainement le droit de réclamer au civil des compensations pour avoir été mis injustement au pilori comme Ward l'a fait. J'irais même jusqu'à penser que, comme dans le cas de Ward, le fait de se prévaloir de la liberté d'expression pour attaquer vicieusement une personne qui elle n'a commis aucun crime devient une circonstance aggravante donnant droit à une majoration significative de la compensation.

      Ceux et celles qui s'appuient sur la liberté d'expression pour dire n'importe quoi doivent accepter d'en payer le prix fort.
      Le petit monde incestueux des huimoristes m'a profondément déçu par leur adulation à cet abjecte et grossier humoriste. Toutes celles et tous ceux qui l'appuient ne méritent plus mon soutient. Je les boycotterai donc en attendant qu'ils admettent qu'ils ont soutenu un humoriste grossier et abjecte.

      «Les gens sont trop bien élevés, les méchants peuvent s'en donner à coeur joie.»
      [Dan Powell]

    • Cyril Dionne - Abonné 12 décembre 2019 13 h 53

      @ André Labelle et Marc Pelletier

      Alors, arrêtez de les écouter ces incestueux humoristes et ils vont disparaître. Cela va aussi pour les p'tites nouvelles partout dans les médias. Mike Ward s’est moqué d’un autre artiste comme la plupart font dans le métier, soit par jalousie, haine ou pour d’autres motifs. Le petit Jérémy Gabriel en question avait fait de son handicap un atout pour se faire de la promotion. C’était un personnage public et non pas un individu qui tenait à sa vie privé. Ce n’est pas de la faute de personne si M. Gabriel a ensuite connu un échec retentissant avec sa carrière de chanteur en 2017, lui, qui avec sa famille, avaient cultivé l’indignation pour se faire de la publicité. Et oui, il était dans son droit de poursuivre M. Ward pour diffamation tout comme ce dernier est dans son droit d’en appeler en cour Suprême.

      Vous alimentez les discours des « comiques » avec vos indignations que sonnent fausses. Aux dernières nouvelles, personne ne va a élu pour devenir les gardiens de la morale ambiante et journalière. Il nous semble que vous faites partie du problème et non de la solution.

    • Marc Therrien - Abonné 12 décembre 2019 14 h 08

      Baah!, monsieur Labelle, on peut demeurer indulgent, car comme disait Umberto Eco: « les faiblesses des méchants sont les mêmes que celles des saints.»

      Marc Therrien

  • André Labelle - Abonné 12 décembre 2019 22 h 21

    wow !

    Que penser de toutes ces paroles vides pour défendre un grossier personnage en se réclamant de la liberté d'expression. Évidemment la liberté d'expression est sacrée. Mais cette sacro-sainte liberté ne peut pas mettre à l'abri celui qui profère des grossièretés, des injures et des insultes de vivre avec les conséquences des ses paroles.

    Quelles indignations sonnent fausses ? Évidemment c'est plus facile de nier les faits que de voir le problème en face. Faudrait-il garder le silence devant les vacheries de certains humoristes ? La liberté d'expression que je reconnais est-elle à sens unique ? Je ne prétends pas offrir une quelconque solution mais je n'entends pas rester silencieux devant la connerie.
    «Les vieux cons ne sont jamais que de jeunes imbéciles qui ne
    se sont pas améliorés avec le temps.»

    [Jean AMADOU]

    • Marc Therrien - Abonné 13 décembre 2019 09 h 38

      Bien sûr que la liberté d'expression existe tant pour l'offenseur que l'offensé. Pour ce qui est de la connerie, je ne saurais dire si elle est la même chose que la bêtise méchante et irrévérencieuse. Je ne sais pas si les amateurs d'humour clownesque bon enfant non menaçant sont d’accord avec Michel Boujenah : « l'humour drôle naïf, c'est quand on se fait passer pour un con et que ça fait rire tellement on est con. Généralement, ça marche que quand on est vraiment con. »

      Marc Therrien