La «mikewar-disation» de l’humour québécois

L’humour est défini dans plusieurs dictionnaires comme étant « une forme d’esprit qui s’attache à souligner le caractère comique, ridicule, absurde ou insolite de certains aspects de la réalité ; marque de cet esprit dans un discours, un texte, un dessin, etc. Raconter ses propres mésaventures avec humour ».

Depuis le 8 décembre 2019, il est convenu au Québec que l’humour est mikewardisé (prononcé avec l’accent français). C’est-à-dire que, désormais, au Québec, l’humour n’est plus seulement une tentative imagée d’expliquer des travers psychologiques, sociologiques, politiques etc. de certaines personnes ou de certains groupes de personnes. Mais aussi de mettre en exergue des défauts physiques chez une personne.

Des défauts que la personne a malencontreusement subis depuis sa naissance… et sur lesquels les gens, comme chez les peuples primaires, peuvent s’épivarder. J’ai dit primaires et non primitifs. Je veux dire des peuples qui sont demeurés à un niveau infantile de développement, tant intellectuel que psychologique et affectif… peut-être plus affectif. Ce que nous pouvons constater chez les enfants qui se moquent de tares dont sont affligées certaines personnes, soit depuis leur naissance, soit à la suite d’un malheureux accident de la vie. Des tares peu répandues, de telle sorte que les esprits peu développés ne peuvent encore les accepter. Ce qui a été confirmé le dimanche 8 décembre 2019 dans nos télévisions québécoises.

La semaine dernière, j’écoutais Jérémie en entrevue télévisée : quel esprit structuré. Il parle déjà comme un individu mature qui a développé son parler français depuis des lustres. Toute sa pensée coulait aisément, sans ambages, sans ambiguïtés. Tout le contraire de ce qu’on entend de la grande majorité des humoristes de notre scène québécoise. Je crois bien que tous nos lecteurs connaissent suffisamment nos humoristes et leur petitesse intellectuelle ; je n’en discourrai pas davantage.

Cher Jérémie, il est évident que tu n’auras pas besoin ni de sacres, ni de jurons, ni de te vautrer dans les scatologies si répandues dans le monde des humoristes d’aujourd’hui au Québec. Je sais que tu réussiras une belle et brillante carrière peu importe dans quel domaine tu travailleras.

Cher Olivier, toi, assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, je te fais parvenir une boîte de boules Quies. Sache que tu nous manques. Tu nous manques beaucoup. Tu nous manques énormément.

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