Drame de l’École polytechnique: l’importance du deuil collectif

Le 6 décembre représente un devoir de mémoire face à la tuerie de 14 jeunes femmes, étudiantes à Polytechnique. Nous vivons encore, après 30 ans, le besoin de commémorer ce deuil collectif. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une blessure profonde pour le Québec et pour tout le Canada.

Beaucoup d’établissements universitaires ont tenu à souligner cet événement partout au pays, condamnant ce geste gratuit de violence envers des femmes, car il s’agissait d’un acte délibéré contre de jeunes femmes étudiantes ingénieures. Le tueur a brisé des vies, des carrières et des espoirs en l’avenir.

Les familles des victimes, les proches, les amis et les communautés où vécurent les jeunes femmes assassinées se sentent tous concernés par ce drame.

Ensemble, nous sommes plus forts face au deuil, d’où l’importance de vivre un deuil collectif, de partager des émotions, des douleurs vives, des souvenirs nous rappelant des moments terribles que certains voudraient oublier, mais que collectivement nous ne pouvons oublier.

Nous avons tous un devoir de mémoire, merci à tous ceux qui prennent le temps de se rappeler et d’honorer la mémoire de celles qui représentent un symbole d’égalité des chances, d’égalité entre les hommes et les femmes.

Nos valeurs québécoises d’égalité doivent se refléter partout dans notre quotidien, nous devons combattre le sexisme, la discrimination, la violence verbale et physique, mais surtout nous protéger contre le fanatisme et ses dérives extrêmes.

Pour y parvenir, nous devons nous unir tous ensemble pour bannir la vente libre des armes d’assaut. Malheureusement, 30 ans plus tard, tout reste encore à faire. Demandons à nos gouvernants d’avoir le courage d’agir et de ne pas céder au puissant lobby des armes à feu.

Nous sommes tous féministes, n’ayons pas peur d’utiliser ce mot, comme le mentionne Karine Vanasse, productrice du film Polytechnique, qui nous remémore ce triste événement.


 
1 commentaire
  • François Beaulé - Inscrit 10 décembre 2019 07 h 11

    Principe d'égalité : tous les terrorismes sont également condamnables

    En janvier 2017, 6 hommes musulmans ont été tués et huit autres ont été blessés au Centre culturel islamique du Québec. La vie des ces hommes et de leurs familles et amis ont été aussi affectées que celles des victimes du drame de Polytechnique. Et cela est vrai pour tous les actes terroristes ici ou ailleurs au Canada ou ailleurs dans le monde.

    La mentalité et les actes de Marc Lépine ne sont aucunement représentatifs de la société québécoise, ni en 1989 ni aujourd'hui. Au contraire, c'est parce que son attitude anti-féministe n'avait aucun appui chez les jeunes Québécois de 40 ans et moins que le tueur a échaffaudé son projet funeste. En 1989, la société québécoise était déjà largement féministe et ce drame n'y a strictement rien changé.

    À l'échelle internationale, les relations entre les musulmans et l'Occident sont autrement plus préoccupantes. La mythologie qui s'est développée autour du drame de Poly repose sur des peurs mal fondées. Elle devrait être déconstruite. Au contraire de battre leur coulpe, les hommes du Québec pourraient fêter avec les femmes la réalité d'une égalité hommes-femmes. Autrement dit, se rassembler autour du bien plutôt que dans la crainte du mal.