Claude Béland et l’Université Laval

Bien qu’elle soit l’une des plus anciennes universités d’Amérique, l’Université Laval a été la dernière à se doter d’un vrai conseil d’administration comportant une forte proportion de représentants de la société. Ce n’est, en effet, qu’en 1991 qu’elle a fait modifier sa charte en ce sens par l’Assemblée nationale du Québec.

Dans les divers témoignages rendus à Claude Béland dans les médias depuis la triste annonce de son décès, je n’en ai pas lu qui soulignaient le fait qu’il a été choisi comme premier président de ce nouveau conseil.

Pourtant, ce choix éclaire le personnage. Il convient de rappeler que ce changement à la charte n’est pas passé comme une lettre à la poste au sein de la communauté lavalloise. Il s’en trouvait plusieurs, notamment parmi les professeurs, qui craignaient que l’Université ne s’aliène ainsi et ne se livre en quelque sorte aux gens d’affaires.

Pour contrer cette perception et donner le vrai sens du changement majeur envisagé, il fallait que la personne choisie pour présider ce nouveau conseil soit quelqu’un à l’idéal élevé, aux valeurs incontestables et aux préoccupations sociales nettement accusées.

Le choix s’est porté naturellement sur Claude Béland, bien qu’il ne fût pas un diplômé de Laval. Sa nomination eut l’heur de calmer bien des appréhensions et de faire accepter le changement structurel important qui se mettait en place.

Peu de temps après son entrée en fonction, fidèle à lui-même, Claude Béland a demandé qu’on tienne une journée de consultations auprès de divers représentants du milieu social afin d’harmoniser la planification de l’Université avec les besoins de la société, journée qui s’avéra très fructueuse.

Et, pendant quelques années, Claude Béland a présidé le conseil avec compétence et dévouement et a rendu un grand service à l’Université Laval qui a, à son égard, une dette de reconnaissance indéniable.