Le bon bout de la laisse

Il faut se rappeler que les démarches de réglementation des divers ordres de gouvernement quant aux morsures de chiens ont été déclenchées par un événement des plus morbides : la mort atroce d’une dame attaquée sauvagement par un pitbull dont le propriétaire était irresponsable et récidiviste.

Face à une telle négligence criminelle, aucune accusation n’a été portée et il était déplorable de lire la conclusion du coroner : « Il semble qu’une combinaison tragique d’événements a amené Mme Vadnais à être simplement au mauvais endroit au mauvais moment. »

Jusqu’à maintenant, la cible de culpabilité s’est concentrée sur l’animal. De toute évidence, on ne regarde pas le bon bout de la laisse.

Il est vrai que le pitbull est surreprésenté dans les attaques de chiens avec blessures graves, mais il existe plusieurs races de chiens à potentiel dangereux. Par ailleurs, des chiens en apparence inoffensifs peuvent devenir dangereux dans certaines circonstances et ça ne prend pas un gros chien pour blesser un enfant.

Du point de vue médical, il est bien établi que les morsures de chien peuvent causer des plaies débilitantes et laissent trop souvent des séquelles permanentes au niveau physique, esthétique et même psychologique.

Pour protéger le public des dangers réels, tant sur le plan médical que sur le plan juridique, il faut criminaliser les morsures de chien avec déclaration obligatoire.

Il ne doit pas y avoir de compromis en ce qui a trait à la responsabilité. Le propriétaire est le maître et le seul responsable.

1 commentaire
  • Marc Therrien - Abonné 7 décembre 2019 09 h 33

    Et quand c'est le chien qui est le maître?


    Compte tenu de tout ce battage médiatique et de la perturbation sociale qu’entraînent les attaques de pitbulls, il est à se demander ce qui peut bien encore motiver une personne à se procurer un tel type de chien. On souhaiterait que ces personnes puissent se discipliner elles-mêmes en se débarrassant de leur chien potentiellement dangereux. Mais, on sait qu’il existe des personnalités antisociales. Toute personne raisonnable qui promeut des valeurs humanistes demeure consciente qu’il y a des limites à l'amour et à l'accueil inconditionnels d’autrui. Une de ces limites, c'est la menace à l'intégrité physique et à la vie causée par les gens irresponsables qui ne savent pas faire un usage raisonnable de leur liberté. Pour le reste, quand j’observe le chien et son « maître » qui se promènent, et le maître ramassant les déjections de son chien, je ne suis plus certain de qui promène qui en laisse.

    Marc Therrien