Une politique à sens inique

Dans sa nouvelle politique internationale du Québec, le gouvernement priorise « le recrutement de la main-d’oeuvre et des talents » à l’étranger. Qu’un étudiant ou technicien français s’installe au Québec a peu d’incidence chez lui. Qu’en est-il, par contre, pour les pays en voie de développement d’Afrique où la fuite des cerveaux fait des ravages ? Le Maroc, par exemple, perd quelque 600 ingénieurs chaque année au bénéfice des pays du Nord, et cette saignée laisse des traces.

Le Québec a la capacité et le devoir de prioriser aussi des programmes de formation de main-d’oeuvre en collaboration avec les pays francophones de l’Afrique. Dans sa quête absolue de développement économique du Québec, la nouvelle politique néglige complètement cet aspect de la coopération internationale. C’est une politique à sens unique, voire à sens inique.

5 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 4 décembre 2019 08 h 41

    M. Taylor a tout à fait raison

    Les pays du Maghreb doivent garder leurs ingénieurs et ingénieures.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 5 décembre 2019 17 h 16

      Surtout certains ingénieurs et certaines ingénieures.

  • Cyril Dionne - Abonné 4 décembre 2019 10 h 18

    Le nouveau colonialisme intellectuel

    M. Taylor, c’est ce que David Suzuki disait en 2013 et tout le monde l’a traité de raciste. Il faut le faire, traiter un Canadien d’origine japonaise, lui qui a connu les camps d’internements canadiens lors de la 2e guerre mondiale avec ses trois sœurs et ses parents nés au Canada, de xénophobe. Wow, la Sainte rectitude multiculturaliste en action.

    Prioriser le recrutement de la main-d’œuvre et des talents à l’étranger ne fera que maintenir les pays en voie de développement, toujours en voie de développement. Vous avez raison de dire qu’un étudiant formé aux technologies nouvelles émanant d’un pays riche et développé et n’affaiblira pas le pays exportateur de main-d’œuvre. Mais le contraire, oui puisque c’est une autre paire de manches pour les pays comme Haïti ou africains où la fuite des cerveaux les maintiennent les populations dans un assertivement total. Le Québec a la capacité et devrait prioriser des programmes de formation de main-d’œuvre en collaboration avec les pays du tiers monde. Sinon, cela ne sera jamais équitable d’entretenir de telles relations avec des pays qui en arrachent en puisant ce qu’il y a de meilleur en ressources humaines chez eux. C’est du colonialisme intellectuel.

    • Marc Levesque - Inscrit 4 décembre 2019 16 h 51

      "Wow, la Sainte rectitude multiculturaliste en action"

      D'accord avec le fond de votre commentaire mais je me rappelle plutôt que c'était les conservateurs et Jason Kenny en particulier qui avaient mené l'attaque contre M. Suzuki.

      https://nationalpost.com/news/politics/jason-kenney-slams-david-suzukis-immigration-views-as-toxic-and-irresponsible-after-environmentalist-says-canada-full

  • Françoise Breault - Abonnée 4 décembre 2019 16 h 26

    Enfin quelqu'un souligne ce point. Merci M. Taylor

    Effectivement le Canada et le Québec prétendent aider les pays en développement. L'aide le plus efficace est premièrement de ne pas aller recruter les personnes les plus scolarisées pour venir dans notre pays. Je dirais même, que cette façon de faire est indécente.