Le choix de mourir

Alors que des discours politiques de bas étage nous déçoivent trop souvent, en Chambre et à l’extérieur, il était rafraîchissant, vendredi dernier, de voir nos élus amorcer une concertation transpartisane sur l’aide médicale à mourir advenant un diagnostic de maladie neurodégénérative.

Ils nous invitent à affronter notre peur de la mort. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. J’ai 81 ans et je serai un des premiers à signer une « demande anticipée » pour que l’on mette fin à mes jours si l’alzheimer ou toute autre maladie dégénérative me rend mentalement inapte à faire des choix personnels. Je mettrai la note suivante au dossier : « Si vous craignez que j’aie pu changer d’avis parce que vous me voyez m’épanouir à l’approche d’un repas ou chantonner en arpentant les quelque cinquante mètres de corridors qui seront à ma disposition, je vous supplie de ne pas décider arbitrairement que cette personne Y a préséance sur la personne X qui signe aujourd’hui ce document en toute lucidité. Sachez que si j’étais le moindrement conscient, aucune apparence de « démence heureuse » ne pourrait cacher l’atroce souffrance de ne plus être ce que je suis. Je vous demande d’écouter le philosophe : « Il y a un droit en vertu duquel nous pouvons ôter la vie à un homme, mais aucun qui permette de lui ôter la mort : c’est cruauté pure et simple… [Il faut] mourir fièrement lorsqu’il n’est plus possible de vivre fièrement. » (Friedrich Nietzsche) »

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