Mal des transports

Un samedi, à 17 h 30. Je suis au terminus de la gare Bonaventure et j’attends l’autobus 400, géré par la compagnie EXO (Réseau de transport métropolitain), qui me mènera à Chambly. Je suis debout, en ligne, depuis maintenant 45 minutes. J’ai mal au dos et mon âme meurt à petit feu. Autour de moi, des gens patients, résignés, habitués, semble-t-il, à ces retards inexpliqués.

Je dirais que cet endroit est le pire à Montréal pour y laisser un bout de sa vie : il n’y a pas de sièges pour s’asseoir, il fait froid, des néons blafards et une odeur de diesel agressent nos sens. Sur le panneau horaire électronique, l’heure d’arrivée du prochain autobus a depuis longtemps remplacé celle du bus en retard. Aucun avis n’est jamais donné, aucun mot d’excuse ou de justification du chauffeur lorsqu’il arrive avec 50 minutes de retard. Pourtant, un simple mot d’explication de votre part changerait tout.

EXO, votre service pourri contribue au malheur de vos clients. Entre mon rêve d’une société desservie partout par des transports collectifs efficaces, et cette attente frustrante à en pleurer, il y a un gouffre, dans lequel mes résolutions écologistes plongent et disparaissent tranquillement. Je vais aller m’acheter un char, je crois. Un client de moins pour EXO, un véhicule de plus qui ira contribuer à la congestion et à la crise climatique. Mais au moins, je ne subirai plus l’humiliation d’attendre dans cet endroit abject et déshumanisant.

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3 commentaires
  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 2 décembre 2019 09 h 41

    Dissonance cognitive?

    Je comprends votre frustration M. Ouimet, mais vous n'avez jamais pensé qu'il serait plus approprié ou tout simplement écologique de travailler près de votre lieu de résidence au lieu de transiter soir et matin, 68 km pour l'aller-retour, soit une perte de temps quotidienne de près de deux heures, cinq jours par semaine!

    Le choix du mode de vie n'est pas anodin et demeure fortement lié à notre empreinte écologique. Personne n'oblige personne à s'étaler jusqu'à plus "de bon sens" pour des raisons qui passent par des envies spéculatrices du genre "ma propriété va prendre de la valeur", à des justifications sans bon sens comme le pseudo "air pur" de la banlieue, alors que le moindre déplacement oblige à se transformer en homo automobilis que ce soit pour faire des emplettes, se restaurer, se divertir dans les merveilleux 10-30, etc.

    J'habite à 20 minutes à pied du lieu où je vais bosser. C'est une marche excellente pour la santé et quand je suis obligé d'y aller autrement, j'ai le choix entre le bixi et le bus. Rarement, j'utilise l'autopartage pour me déplacer. C'est un choix de vie que j'ai fait, il y a plus de 35 ans, m'étant débarrassé de cette dépendance à l'auto, en réduisant la distance à parcourir pour des déplacements pendulaires. Qu'attendez-vous pour faire la même chose?

  • Marc Lévesque - Abonné 2 décembre 2019 14 h 05

    Merci pour votre lettre

    Elle décrit très bien, et avec émotions, des problèmes que vivent encore beaucoup trop de gens, quelques soient les raisons de leurs déplacement.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 3 décembre 2019 01 h 50

    « en réduisant la distance à parcourir pour des déplacements pendulaires. Qu'attendez-vous pour faire la même chose?» (Pierre-Alain Cotnoir)



    Je songe à aménager dans le stationnement du supermarché, afin de réduire la distance lorsque je cours m'approvisionner.