«L’affront» du Manitoba

Les réactions à la publicité publiée jeudi dans Le Devoir et d’autres médias québécois dévoilent un visage bien épidermique de la fragilité du Québec comme nation. À la une du Devoir, on parle d’un affront ! En éditorial, plutôt que de souligner l’habileté de la publicité, on renvoie le Manitoba à son passé cruel envers les métis et Louis Riel, à la pauvreté de ses services en français, etc. Le PQ et la CAQ en profitent pour se faire du capital politique, comme, du bout des lèvres, QS. En cette province qui se complaît en victime alors que tant de créateurs et de groupes engagés le font rayonner dans le monde pour son dynamisme, c’est à qui se présente le plus « nationaliste » en déviant du sujet (la discriminatoire loi 21) pour mieux attaquer le porteur de message et cette « horreur » canadienne qu’est le multiculturalisme. La frilosité et le repli identitaire que masquent mal ces réactions démagogiques me confortent dans le fait qu’heureusement, le Québec fait encore partie du Canada, un pays bancal mais qui protège les droits et libertés avec une charte que l’on ne foule pas aux pieds quand ça nous arrange, pour des raisons électorales. Un Québec indépendant avec ces leaders politiques ? Je préfère encore le Canada et son « affront »… publicitaire !

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10 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 30 novembre 2019 07 h 07

    Le Canada pratique l'hypocrisie crasse.

    Vous avez tort, monsieur Jean-Yves Bernard. Le Canada dont vous êtes si fière est un état pétrolier, extravagiste et colonialiste. Le gouvernement canadien prêche l'inclusion et les droits individuels, mais ne pratique pas ce qu'il prêche. L'on a qu'à constater le refus de dédommager les enfants autochtones que la Cour suprême a décrétées. Le Canada n'a pas honte d'envoyer des véhicules blindés à l'État voyou de l'Arabie saoudite et continue d'appuyer politiquement tous les dictateurs de la terre. Le Canada parle des deux côtés de la bouche quand il signe l’entente de Paris pour réduire les effets de serre puis il achète un pipeline, avec l'argent des contribuables, qui va augmenter les GES.
    Pire encore, l'hypocrisie le plus crasse se trouve dans sa pratique multiculturaliste qui divise au lieu de réunir. Le multiculturalisme favorise le communautarisme et le sectarisme qui divisent les Canadiens en silos ethniques qui nuisent a une cohésion sociale et à l'égalité homme/femme. La laïcité que vous rejetez, monsieur, libère les femmes de l'emprise de la religion qui les infériorise. La laïcité protège les droits humains.

    • Marc Therrien - Abonné 30 novembre 2019 10 h 40

      Madame Alexan,

      J'aime apprendre et ainsi, me faire donner des leçons. Il manque à ma culture géopolitique actuelle de savoir quel(s) pays est où sont sous le régime colonial du Canada depuis sa fondation. Aussi, qu'est-ce que l'extravagisme? J'ai beau chercher, je ne trouve pas la définition de ce mot.

      Marc Therrien

    • Nadia Alexan - Abonnée 30 novembre 2019 13 h 56

      À monsieur Marc Therrien: Le Canada n'a-t-il pas colonisé le peuple autochtone que l'on a essayé d'éradiquer? Les autochtones souffrent jusqu'à présent d'un manque de l'eau potable et de logement adéquat. Les autochtones sont traités comme des citoyens de seconde classe jusqu'à présent. Le fait que le Tribunal canadien des droits de la personne a ordonné à Ottawa de verser 40 000 $ à chaque enfant des Premières Nations et à leur famille pour dédommager les enfants autochtones en témoigne de leur maltraitance. Le Tribunal a conclu que le gouvernement fédéral avait fait preuve de discrimination de façon « délibérée ou inconsidérée » en ne finançant pas correctement les services à l'enfance et à la famille des Premières Nations.
      De plus, saviez-vous pourquoi les sièges sociaux de presque toutes les compagnies minières se trouvent au Canada? La raison est simple. Les sociétés minières peuvent saccager les ressources des pays du tiers-monde à leur gré. Elles peuvent détruire des villages entiers, empoisonner l'eau potable des villageois avec impunité. Et ensuite, elles peuvent retourner au Canada où elles sont à l'abri de toutes poursuites. Le mot "extractiviste" est l'adjectif du verbe "extraire" des ressources minières. Je m'excuse, j'ai mal écrit le mot.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 30 novembre 2019 15 h 36

      À Marc Therrien :

      Le Canada est un pays colonial qui, à la différence des autres, ne possède pas ses colonies sous les tropiques mais encastrees dans son territoire; des poches autochtones régies par un apartheid juridique dont le but est leur lente extermination, et le Québec à qui l'ethnie dominante du pays a imposé une constitution adoptée à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle nous n’étions pas invités. Comme tout empire colonial le ferait à l’égard d’une colonie.

      Une colonie à qui on siphonne 50 milliards$ de taxes et d’impôts en contrepartie de 9 à 13 milliards$ de péréquation à la condition de se tenir tranquille.

  • Cyril Dionne - Abonné 30 novembre 2019 09 h 30

    C’est bien beau d’avoir des lois qui consacrent la suprématie de la religion, mais qui estime les droits inaliénables des autres comme un affront

    Ah ! Bien oui, le Canada est un pays qui protège les droits et libertés de tous et chacun avec sa charte d’un autre siècle que le Québec n’a pas entérinée et signée. Comme Franco-Ontarien, le Canada n’a jamais protégé mes droits inaliénables pour travailler dans ma langue maternelle. Où était ma liberté si je voulais vivre en français en Ontario alors qu’on sait bien que le travail occupe la grande partie de la vie d’un individu? Si on est unilingue francophone, on ne peut même pas espérer de travailler pour le gouvernement ontarien. Impossible, il faut parler anglais. La police provinciale ontarienne vous dira que tous les rapports sont écrits en anglais et que la langue de travail est l’anglais. Idem pour le Manitoba. Ils sont où nos droits comme francophones hors Québec? Ils sont où?

    Les Brian Pallister sont des orangistes, oui les mêmes qui ont décidé du sort de Louis Riel, un de mes ancêtres lointains. Les Brian Pallister sont francophobes et en plein déni du Québec et des francophones. Les Brian Pallister se foutent bien des Franco-Manitobains, en tout cas, pour ce qui en reste. L’assimilation a fait des ravages partout hors Québec.

    Bien oui, Québec solidaire se faisait le fier défenseur des extrémistes religieux et supporte même des francophobes comme ce Brian Pallister. Faites-nous rire avec votre muticulturalisme à la con qui ne parle que la langue de Don Cherry et de Doug Ford. Bien oui, les droits religieux outrepassent les droits linguistiques des minorités hors Québec. Bien oui, croire en des amis imaginaires et extraterrestres supplante l’aménagement linguistique et culturel d’une personne. Sur quelle planète vivez-vous? La loi 21 est démocratique et a le support de la très grande majorité des Québécois. C'est le peuple qui décide enfin.

    Lorsque les francophones auront les mêmes opportunités de travail dans le ROC que les autres dans leur langue maternelle, vous viendrez vous plaindre. Entre-temps, vous savez où vous pouvez aller. Misère.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 30 novembre 2019 09 h 38

    Pallister s'est trouvé un supporteur au Québec

    Je suggère à l'auteur fédéraliste d'aller faire un séjour prolongé au Manitoba. Il changera peut-être d'idée.

    "Le Devoir" a été bien bon de publier cette pauvre lettre.

    • Danièle Jeannotte - Abonnée 1 décembre 2019 10 h 25

      Il en a un autre : François Cardinal qui, dans La Presse, écrit que le Québec se l'est attirée, la publicité de M. Pallister, en présentant une loi qui n'était pas restreinte strictement aux personnes représentant l'autorité (policiers, juges, etc.). Pas étonnant de la part d'un journaliste qui a un jour affirmé sur les ondes de la SRC que les valeurs religieuses étaient plus importantes que toutes les autres. Et c'est aussi un peu malhonnête : M. Cardinal, qui n'est pas idiot, sait très bien qu'aucune version de la Loi 21 n'aurait reçu l'approbation du Canada anglais.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 1 décembre 2019 20 h 22

      Et "La Presse" veut qu'on lui donne de l'argent. Dieu m'en préserve!

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 30 novembre 2019 11 h 05

    Une ‘tempêtette’

    La chicane au sujet de la loi 21 est une querelle de chiffon et de breloques.

    Malheureusement, le droit de porter ces artifices de religiosité a été érigé au rang de droit constitutionnel au Canada en 1982.

    Normalement, lorsqu’une constitution est bien écrite, les droits constitutionnels sont synonymes de droits fondamentaux.

    Ce n’est pas le cas au Canada; de simples _croyances_, retrouvées dans aucun texte sacré — par exemple, le droit de porter le niqab ou la burka — ont été promues au rang de droits constitutionnels, au même titre que le droit à la vie.

    En somme, la loi 21 viole des _caprices constitutionnels_ et non des droits fondamentaux.

    Soyons sérieux, M. Bernard.

    De nombreux pays européens ont adoptées des lois au sujet de la laïcité, des lois qu'ils ont fait valider par leurs plus hautes instances constitutionnelles. Or la loi 21 est à leur image.

    La loi 21 respecte les droits de la personne. Elle permet la pratique de n’importe quelle religion. Elle n’interdit que _l’expression_ de l’appartenance confessionnelle à certains employés de l’État.

    Bref, c'est une tempête dans un verre d'eau.

  • Bernard Dupuis - Abonné 1 décembre 2019 11 h 53

    Comment facilement toujours se dédouaner

    Un bon canadianiste comme M. Bernard cherche souvent à se dédouaner en utilisant le sophisme de la double faute. L’idée c’est d’affirmer que ce qui se passe au Canada n’est pas très grave puisqu’on trouve pire au Québec. Par conséquent, on peut toujours préférer le Canada et son « affront » sans pour autant justifier quelques autres avantages du Canada pour le Québec. Et le Québec est toujours le véritable coupable. C’est un peu enfantin, mais c’est comme ça.

    Bernard Dupuis, 01/11/2019