De la marche aux actes

Si nous étions des centaines de milliers à marcher dans les rues de Montréal le 27 septembre dernier, c’était pour réclamer le changement du système qui engendre la crise climatique. À l’aube du Black Friday (traduit par Vendredi fou) et du Cyber Monday, il nous semble important de réitérer l’engagement de réduire notre consommation.

La tentation d’acheter sera grande considérant la réduction des prix et l’approche des Fêtes. Néanmoins, comme nous avons réussi à faire une grande démonstration de force lorsque nous sommes allés marcher pour le climat, nous croyons qu’il est possible de répéter l’expérience en fin de semaine. La difficulté de cette action tient au fait que cela repose sur la volonté individuelle et que nous sommes constamment bombardés par la publicité qui vise à créer des besoins artificiels pour nous inciter à la consommation. Toutefois, rappelons que le Black Friday est une course trompeuse aux bonnes affaires : les réductions proposées sont en réalité très proches du prix initial et cet effet de réduction nous pousse à des achats compulsifs dont nous n’avons pas besoin.

Ne restons pas dans le confort et l’indifférence et refusons d’acheter sous prétexte qu’il y a des soldes. La surconsommation est une cause directe des désastres environnementaux, des changements climatiques et des conditions de travail et de santé problématiques de millions de personnes. Si le Black Friday nous donne l’illusion de faire des économies financières, le coût réel de cette journée est social et environnemental.

Par ailleurs, nous sommes conscientes que la somme des actions individuelles ne suffira pas à régler les enjeux climatiques. Il faut également des actions politiques concrètes tant au plan local qu’au plan international, que nous continuons de réclamer. Toutefois, en attente de mesures politiques, nous pouvons redonner, dans la mesure du possible, un sens citoyen et écologique à l’action d’acheter.

Suivant le dicton « quand les bottines suivent les babines », nous boycotterons les magasins cette fin de semaine et nous vous encourageons à faire de même.

Soyons solidaires,

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9 commentaires
  • Serge Gagné - Abonné 29 novembre 2019 06 h 50

    Mot d'ordre

    Passons le mot : Si tu n’achètes rien, tu peux économiser jusqu’à 100 % sur tous les articles!

  • Cyril Dionne - Abonné 29 novembre 2019 08 h 11

    La fausse solidarité

    Bon. Les petits amis de l’UQAM ne participeront pas au Black Friday ou au Cyber Monday parce qu’ils veulent réduire leur consommation. Wow! Nous avons presque que des larmes aux yeux à lire ces lignes. Mais ce n’est pas cela la simplicité volontaire.

    Encore wow pour leur résistance aux soldes. Quel acte de volonté exemplaire. Un exemple à suivre pour notre génération hyper-individualiste où tout le monde gagne un trophée pour avoir participé. Et vous pouvez être assuré que ce geste va réduire notre empreinte carbone à la vitesse grand V. Vite, un prend un « selfie » de tout cela.

    Ceci dit et lorsque j’arrêterai de rire, nos milléniaux n’ont encore rien compris. Les téléphones intelligents représentent à eux seuls, 11% de toutes les émissions de C02 mondiales. Évidemment qu’ils ne mentionneront pas un mot sur ce fait tonitruant et inaliénable. S’ils étaient sincères, ce serait le premier geste à faire que de se débarrasser de leur iPhone.

    Mais ce sont toujours les non-dits qui résonnent et détonnent. Leur de sens citoyen et écologique à l’action d’acheter ne découle-t-il pas du fait qu’ils n’ont pas un pouvoir d’achat très grand encore? S’ils le pouvaient financièrement, est-ce qu’ils seraient les premiers aux loges de la consommation ultime? Pourquoi a-t-on l’impression que ce n’est que partie remise dans leurs cas et lorsque qu’ils auront l’argent, ils seront les premiers à démontrer qu’ils sont dépendants des objets cybernétiques et de la mode éphémère.

    Curieusement, cette idée de consommation à cause de Black Friday ou Cyber Monday ne m’est jamais venue à l’esprit. Pourtant, je n’écris pas des lettres au Devoir, je ne marche pas dans les marches inutiles pour le climat et je ne signe pas des Pactes écologiques avec les milliardaires de ce monde. Je pratique la simplicité volontaire sans mettre de macaron vert sur mon manteau.

    Cette fausse solidarité des bien-pensants et donneurs de leçons d’une classe aisée hante encore les pages du Devoir.

    • Marc Lévesque - Abonné 29 novembre 2019 14 h 22

      "notre génération hyper-individualiste"

      Cela dépend peut-être aussi des questions qu'on pose et des milieux qu'on analyse car les études ne semblent pas le confirmer, certaines disent que les milléniaux sont plus individualistes, d'autres moins, et encore d'autres ne trouvent pas de différences significatives.

    • Marc Pelletier - Abonné 29 novembre 2019 14 h 27

      Difficile de ne pas constater que vous êtes une personne " exemplaire "

    • Cyril Dionne - Abonné 29 novembre 2019 18 h 11

      Ben coudonc, voilà deux autre soldats de Québec solidaire.

    • Marc Therrien - Abonné 29 novembre 2019 20 h 01

      Il y a les bien-pensants, donneurs de leçons et il y a les "se pensent bons", correcteurs des leçons.

      Marc Therrien

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 novembre 2019 07 h 34

      @ Cyril Dionne,

      « Nos milléniaux n’ont encore rien compris. Les téléphones intelligents représentent à eux seuls, 11% de toutes les émissions de C02 mondiales. » - Cyril Dionne

      Les smartphones sont devenus des produits jetables, avec une espérance de vie de deux ans en moyenne. C'est donc l’obsolescence programmée des entreprises en quête de profits qu'il faut blâmer, bien davantage que le simple consommateur.

      Mais heureusement, Cyril Dionne navigue sur Internet à l'aide de son poêle à bois, ce qui explique sans doute pourquoi il a quelque wagons de retard sur ces informations.

    • Marc Lévesque - Abonné 30 novembre 2019 18 h 48

      M. Dionne,

      Votre penchant humoristique me désarme.

  • Gilles Théberge - Abonné 29 novembre 2019 12 h 19

    Bravo les jeunes! C'est à force d'initiatives comme la vôtre, que peut-être se construira une nouvelle façon de vivre.

    De toutes façons, préparons-nous (préparez-vous) à vivre les multiples conséquences des incuries et de l'imprévoyance de prédécesseurs avides de profits, qui nous conduisent tous dans l'enfer que vous affronterez, au cours des 50 prochaines années...

    Commencer par la consommation est une excellente idée.

    Bravo!