Covoiturer pour pouvoir se stationner

L’article de Magdaline Boutros du 25 novembre est opportun et excellent. Bravo à l’Institut de cardiologie et à Marc-Antoine Ducas de Netlift d’avoir lancé une initiative innovatrice. Potentiellement, le covoiturage peut contribuer énormément à réduire la circulation et donc les émissions et la congestion routière. Mais ce potentiel reste jusqu’à maintenant sous-exploité, faute de mesures incitatives et de volonté organisationnelle.

Bientôt, la région de Montréal fera face à un défi de mobilité jamais connu par le passé : la fermeture du tunnel sous le mont Royal. Je me demande si des éléments de l’approche prônée par l’Institut de cardiologie pourraient servir à mitiger les effets de cette fermeture. Comme on sait, les services de train de banlieue vers la gare Centrale seront interrompus pour une période prévue de deux ans. Il me semble que nous n’osons pas y penser, mais quel enfer nous attend ! Quelques mesures de mitigation sont planifiées : notamment des services de bus pour transporter au métro les usagers directement concernés. Ces usagers se plaignent déjà du temps excessif de déplacement prévu et le besoin de correspondances bus-métro. Mais l’ensemble des usagers sur la ligne orange aux heures de pointe, tronçons ouest et est, vont également souffrir d’un niveau de congestion jamais connu auparavant en « classe sardine ». Certains seront tentés d’utiliser l’auto, parmi ceux qui y ont accès, augmentant donc la congestion sur les autoroutes 13, 15 et Décarie, ainsi que sur d’autres parcours, tel l’Acadie et l’avenue du Parc.

Je me demande donc si certains éléments de la solution prônée par l’Institut de cardiologie ne pourraient pas être mis en place pour les employés venant vers le centre-ville afin de les inciter à adopter le covoiturage et à profiter des seuls véhicules ayant un surplus de capacité. Comme le dit l’article de madame Boutros, ces éléments pour promouvoir le covoiturage sont des privilèges de stationnement, des caméras de surveillance, des applications informatiques de jumelage, et surtout l’appui actif de l’employeur et de la Ville qui disposent des leviers et des pouvoirs en matière de stationnement.

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2 commentaires
  • Marcel Vachon - Abonné 28 novembre 2019 10 h 39

    J'habite Val-David depuis 5 ans et me rend à Montréal 1 à 3 fois semaine avec un retour à Val-David quelques heures plus tard. Il y a environ 1 an, suite à une petite recherche, j'ai découvert Amigo. Je m'y suis inscrit et les passagers qui profitent du partage de ces trajets sont à 100% satisfaits de cette opportunité. Mon problème est souvent le stationnement prêt d'un métro pour me rendre ici ou là en évitant les problèmes de circulation multiples.
    Une solution serait appréciée.

  • Jean Richard - Abonné 28 novembre 2019 10 h 49

    Le covoiturage n'a jamais fonctionné

    Les tentatives d'implanter le covoiturage comme moyen d'atténuer la congestion automobile, on en a vu des dizaines par le passé, aucune n'ayant vraiment fonctionné au point d'avoir un effet d'entraînement sur les autres.
    Le plus grand obstacle au covoiturage est probablement d'ordre culturel. Le partage d'une voiture est aux antipodes de la raison pour laquelle tant de gens utilisent, contre tout bon sens, une voiture individuelle. L'aire habitable d'une voiture est à peine plus grande que celle d'un lit. Aussi, inviter quelqu'un à partager l'étroitesse de son espace privé, c'est comme inviter un étranger à partager son lit. Un autre élément, c'est celui de la fausse liberté. Partir cinq minutes plus tôt pour cueillir des covoitureurs, c'est perçu comme une atteinte à sa liberté individuelle. Finalement, on préfère passer trente minutes de plus dans un bouchon que de laisser des étrangers violer son intimité.
    Il faudra plus que des applications de téléphone mobile pour changer la mentalité des gens. Il faudra renverser une tendance lourde, celle de la montée de l'individulisme et de la perte de repères collectifs qui en résulte.