Servir tout le peuple

Aussitôt après avoir annoncé la composition de son Cabinet, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que la première chose qu’il fera est présenter un projet de loi pour réduire les impôts « pour la classe moyenne ». Il a même nommé une ministre de la « Prospérité de la classe moyenne ». Pourtant, ce sont bien davantage les pauvres, les défavorisés qui ont besoin d’aide que les membres de la classe moyenne. Les pauvres ont de difficulté à se nourrir, à se vêtir et à se loger adéquatement. Pas de grandes maisons à deux garages, de grands voyages et d’échappatoires fiscaux pour ces gens-là. Ils travaillent de longues heures au salaire minimum, font rouler l’économie du mieux qu’ils peuvent et paient honnêtement leur part d’impôts. Et pourtant, quand vient le temps de donner un coup de pouce au peuple, on les laisse trop souvent de côté comme s’ils n’existaient même pas. N’est-il pas temps de mettre fin à cette façon de penser et d’adopter une autre stratégie et un langage nouveau ?

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3 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 27 novembre 2019 11 h 57

    La théorie des vases communiquants

    Cette façon de voir, aider cette "classe moyenne" dont je ne connais aucune définition valide, s'approche dangereusement de la théorie des vases communicants, les "fontaines en cascades" de Reagan, disant qu'il faut arroser le plateau du haut, les très riches, pour que l'eau, le cash quoi, se déverse "naturellement" vers les plateaux inférieurs.

    Trudeau prend un plateau du milieu à la place. Ben coudon. La théorie n'en reste pas moins stupide.

    Quant à votre chialage au sujet des fuites fiscales, je crois que vous avez la parfaite position pour chialer tout votre vie sans arrêt. Les puissants ont des prérogatives parce qu'ils ont les moyens de les avoir. Faites-les disparaître, les suivants seront pires.
    Quand Marois a voulu augmenter les impôts des riches, elle a reçu des appels de tous les banquiers, lui disant en gros "Faites ça et des milliards sortent immédiatement de la province. J'ai le doigt sur le bouton. 5....4....3...". Enfin, à peu près pour faire image, mais la soudaineté de la sortie des capitaux y était.
    Et Marois a agi de façon responsable. Ce n'est pas une chialeuse, elle. Elle manquait certainement de qualités de meneuse mais ça n'a rien à voir. Les cons qui l'ont accusée alors sont.... de vrais cons, ou des idéologues qui font feu de tout bois pour avoir l'air d'avoir raison. On dit aussi "salauds" quand on pense un minimum.

    Pour le reste vous avez tort. L'imposition ne sera jamais qu'une dernière mesure pour redistribuer la richesse et pas la meilleure. Les taxes croissantes, selon que le bien est plus ou moins essentiel, ça oui, et encore...

    C'est la capitalisme d'État, tel qu'entrevu par Keynes il y a 90 ans et développé par les scandinaves, lié à une démocratie responsable, qui peut le plus aider. Une participation minoritaire dans plusieurs des entreprises de chaque secteur est de loin la meilleure méthode.

    En clair. ne votez jamais pour QS. Des menteurs ignares.

    • Gilles Marleau - Abonné 28 novembre 2019 07 h 07

      Vos paroles parlent par elles-mêmes. Que dire de plus?

  • Gilles Théberge - Abonné 27 novembre 2019 14 h 14

    Si on veut que le premier ministre change de ton, il faudra élire un premier ministre qui n'est pas né avec une cuillère d'argent dans la bouche...

    C'est aussi simple que ça !