Non au statu quo

Monsieur Jonathan Wilkinson,

Je ne vous cache pas ma surprise de vous voir aujourd’hui destiné au ministère de l’Environnement. Comme plusieurs, j’estimais que monsieur Steven Guilbeault aurait fait un candidat de choix. Comme plusieurs, j’entretiens l’espoir que le Canada saura faire des pas de géant dans la lutte contre les changements climatiques dans les prochaines années. Cela étant dit, si M. Trudeau vous offre ce poste prestigieux, il doit vous faire confiance. Votre expérience dans le secteur de l’énergie et des technologies vertes sera mise ici à profit.

Vous le savez comme moi, le Canada a fait figure de cancre en matière d’environnement par le passé. Les gouvernements ont donc un rôle déterminant à jouer dans leur pays et leurs décisions influencent nos milieux de vie. Vous avez donc, en tant que ministre de l’Environnement, un réel pouvoir sur le cours des événements. La communauté scientifique est claire et alarmée : nous devons réduire nos émissions de carbone, car le monde tel qu’on le connaît est à l’aube de changer.

Déjà, le Canada n’est pas assuré de respecter les engagements pris à Paris. Qu’en est-il de la carboneutralité promise pour 2050 ? Je lisais, dans un article signé par Alexandre Shields dans Le Devoir du 19 octobre dernier, que le Canada poursuivrait sa croissance dans le secteur pétrolier jusqu’en 2040. Encore 20 ans de croissance, alors que tous s’entendent pour dire que des actions rapides et importantes doivent être prises si on veut éviter la catastrophe. M. Trudeau en appelait au vote progressiste lors des élections et disait avoir un vrai plan pour lutter contre les changements climatiques. Le secteur pétrolier étant un des principaux générateurs de GES, cette nouvelle m’apparaît alors comme étant assez contradictoire avec les promesses de votre parti. Dans ce contexte, quelles positions soutiendrez-vous ? Comptez-vous réellement poursuivre la croissance du secteur pétrolier, alors que l’on connaît son impact sur l’environnement ? Augmenterez-vous la taxe carbone au-delà de la promesse électorale de votre parti, quand on sait que le taux actuel n’est pas suffisant ? Et pour effectuer la transition, quelles seront vos mesures incitatives vers des énergies vertes pour le citoyen et l’entrepreneur ?

Des décisions importantes devront être prises. Elles heurteront de gros acteurs. L’industrie pétrolière ne restera pas les bras croisés. Mais le changement doit bel et bien commencer si vous voulez influencer le cours des événements.

Je vous souhaite une colonne vertébrale solide, car vous ne vous ferez pas que des amis. Mais sachez que les mesures importantes que vous proposerez, plusieurs les attendent impatiemment.

Le statu quo n’est plus possible. Nous sommes déjà en 2019.

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2 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 22 novembre 2019 02 h 11

    «Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle.- S'il n'a l'âme et le coeur et la voix de Néron». Alphonse de Lamartine

    L'appui de monsieur Trudeau avec des subventions faramineuses à l'industrie pétrolière de l'Ouest, me rappelle l'empereur Niron qui jouait du violon pendant que Rome brûlait. Un Leader inefficace en période de crise.

    • Marc Therrien - Abonné 22 novembre 2019 07 h 38

      Justin Trudeau pourrait aussi vous rappeler l'empereur Nikon en prenant contiuellement des autoportraits avec le paysage qui brûle en arrière-plan.

      Marc Therrien