OK, millénariaux!

Dans sa chronique du 15 novembre, Aurélie Lanctôt invite les boomers à réinventer le monde. C’est gentil, mais nous avons déjà donné, merci. Et comme elle le reconnaît, nous avons parfois beaucoup donné. Nous avons cru avoir assez secoué les conventions, assez contesté l’ordre établi, assez manifesté pour la paix, assez prôné l’égalité des sexes et des classes sociales, et nous être assez battues comme féministes pour que le monde se réinvente.

Mais pour beaucoup de millénariaux, il semble que nous ayons eu tout faux. Tout faux surtout de ne pas avoir su pressentir, dans les années soixante prospères, la fragilité de la planète.

Même si beaucoup d’entre nous militent toujours pour un avenir meilleur, il faut reconnaître que nous sommes aujourd’hui à l’âge des rhumatismes et des deuils. Que les millénariaux se réjouissent : tout l’espace leur appartiendra bientôt. Alors, comme des adolescents devenus adultes, il leur faudra décider : continuer à blâmer les générations qui les ont précédés pour tous les maux de la planète ou assumer leur héritage, combattre l’adversité et tenter à leur tour de réinventer le monde.

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8 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 19 novembre 2019 02 h 36

    Généralisations

    Je n'aime pas plus que l'autrice l'expression OK Boomers. J'ai aussi été déçu de cette chronique d'Aurélie Lanctôt, alors que je les apprécie presque toujours. Mais si j'ai été déçu, c'est en raison de la généralisation à une génération complète du comportement de quelques-un.es de ses membres. Ici, l'autrice fait exactement la même chose. Cela s'appelle un sophisme de la double faute.

    J'ai dénoncé bien souvent les attaques contre les milléniaux, attaques qui ressembent tellement à celles faites contre la jeunesse par tous les vieux cons depuis l'Antiquité. Nous avons tellement besoin de solidarité face au contexte social, économique et environnemental actuel que ces chicanes intergénérationnelles deviennent encore plus dommageables que par le passé. Arrêtons cela, c'est impératif.

    • Marc Pelletier - Abonné 19 novembre 2019 17 h 01

      En effet, blâmer les autres générations n'apporte rien de positif pour aller de l'avant : laissons cette atitude aux " mordus finis " de partis politiques qui n'en manquent pas une pour s'entre-déchirer.

      La solidarité inter-générationnelle sera d'autant plus essentielle que les difficultés à affronter iront en s'accroissant ; et c'est d'abord aux ainés de démontrer leur solidarité.

      Le minimum que les jeunes peuvent attendre de notre part c'est de l'empathie et de la collaboration en regard des problèmes qu'ils ont et qu'ils auront à affronter.

      Je ressens un malaise profond lorsque des gens de cinquante ans et plus dénigrent globalement les jeunes : ils devraient avoir honte, d'autant plus que certains se définissent comme enseignants ou ex-enseignants ! Souhaitez-vous les démolir, même avant qu'il soient en mesure d'apporter leurs propres contributions à notre société.

      Leur efficacité sera d'autant plus grande que les moyens dont ils disposent leurs procurent un degré d'information et de connaissance que nous ne pouvions même pas imaginer lorsque nous avions leur âge.

      Faisons-leur confiance et ils sauront apprécier le bout de chemin que nous avons réalisé avant eux. Le respect ça va toujours dans les deux sens et ça ne se mérite pas uniquement par l'âge. Certains en font trop souvent la démonstration !

  • Hélène Girard - Inscrite 19 novembre 2019 07 h 01

    Pour en rajouter....

    Je partage complètement les propos d’Élisabeth Melançon. Je profiterai cependant de l’occasion pour ajouter mon grain de sel et dire que je suis parfois horrifiée de voir l’attitude hautaine et autoritaire de certains boomers face aux jeunes qui veulent améliorer les choses. Ça me rappelle l’attitude de la génération précédant celle des boomers, la génération de nos parents, qui refusait de voir que les boomers allaient changer le monde, leur énergie d'après-guerre était stupéfiante. Eh oui, les boomers ont changé le monde, ils ont joué le rôle que l’histoire les invitait à prendre. C’est ce que veulent faire aujourd’hui, à leur tour, les millénariaux. Et c’est dans la nature des choses, de rejeter ce qui s’est fait avant nous pour pouvoir aller plus loin. Ne tombons pas dans le piège de mépriser les millénariaux, ils sont nos égaux dans le désir d’améliorer les choses. Mais cela ne nous enlève pas, bien sûr, le droit de réagir « avec intelligence » quand ils disent des bêtises;-)

    • Jean-Yves Gadeau - Abonné 19 novembre 2019 11 h 56

      C'EST SI VRAI ! ...
      S'ils ont été les acteurs de changements majeurs de nos sociétés face aux vieilles idées prédominants alors à leur époque, il serait judicieux pour les Boomers, lauréats de ces anciens accomplissements, de ne pas s'assoir sur leurs lauriers en se pensant être encore les héros à aduler aujourd'hui. Peut-être que cette assise imbue chez certains irrite les Millénariaux qui n'ont pas gouté à cette gloire du vainqueur et se sentent parfois abaissés au rang d'adolescent juvénile incompétent.
      Mais il faut se rendre à l'évidence; la motivation n'est pas très élevée chez les Boomers pour le prochain défi de l'humanité. L'énergie du changement n'est plus qu'une flamme nostalgique et la jouissance des acquis durement gagnés devient prioritaire devant les urgences mondiales.
      Alors, peut-être devraient-ils réaliser que la roue tourne, qu'à leur tour ils sont les porteurs de vieilles idées qui transpirent dans les politiques inadéquates et sans envergures, et que par la sagesse acquise dans leur vie (on espère le dicton vrai) ils devraient, en bons conseillers, céder le champ de bataille aux futurs héros.

  • Michel Lebel - Abonné 19 novembre 2019 08 h 54

    Chaque génération...

    Chaque génération commet son lot de bons et mauvais coups. C'est ainsi depuis fort longtemps... La planète connaît de grands désordres. Aux hommes et aux femmes de bonne volonté et de paix d'y voir. Il n'est jamais trop tard.

    M.L.

  • Raynald Rouette - Abonné 19 novembre 2019 08 h 57

    Facile, peut-être trop, de blâmer les boomers


    Quand généralement tu ne sais pas d'où tu viens, tu ne sais où tu vas. C'est un adage! Les boomers sont-ils les vrais coupables de la déchéance de la planète? Je ne suis pas prêt à plaider coupable.

    Les millénariaux devraient faire l'effort d'identifier les vrais maître du monde d'aujourd'hui. Ceux qui œuvrent dans l'ombre. Ils devraient réfléchir sur la possibilité que nos politiciens à tous les niveaux, ne soient devenus aujourd'hui que de simples intermédiaires entre les puissants et les populations de leurs pays respectifs. Il y aurait un sérieux travai de recherches à faire de ce côté là. Détourner le regard n'est plus une option...

  • Cyril Dionne - Abonné 19 novembre 2019 09 h 26

    « L'individualisme est comme le vent qui anime un brasier, mais qui éteint une chandelle. » - Étienne Parent

    Ce n’est plus aux « Boomers » de réinventer la « roue sociale ». Ils ont plus que donné avec tous leurs changements sociaux qui profitent à tous les citoyens québécois. La liste est trop longue pour tous les énumérer.

    Bon, si plusieurs milléniaux pensent que les « Boomers » ont failli à la tâche en ce qui concerne la planète et les changements climatiques, ils sont prêts à vous écouter. Mais avant de faire cet exercice, vous devrez vous départir de vos téléphones intelligents qui représentent 11% du total des émissions de GES mondiaux. Aussi, vous devrez adopter la simplicité volontaire comme style de vie. Fini les voyages d’outremers qui forment la jeunesse, les avions et les bateaux, c’est bien trop polluant.

    Ceci dit, de continuer à garder votre tête dans le sable en ce qui concerne la surpopulation n’aidera personne et surtout votre génération. Si ce sont les activités humaines qui sont responsables du réchauffement climatique, eh bien, plus de gens signifient aussi des sautes d’humeur environnementales plus prononcées. Vous savez, en augmentant la population québécoise via l’immigration, vous augmenter aussi l’empreinte carbone du Québec. Ici, on ne parlera même pas de l’effet sur les écosystèmes marins et terrestres, de l’étalement urbain et de la pollution atmosphérique en occultant les GES.

    Mais, c’est plus facile de blâmer les autres en étant des Tanguy encore dans la maison de vos parents n’est-ce pas? Ce qui est encourageant de votre génération, c’est qu’il y a plusieurs jeunes sensés qui prennent leurs responsabilités au sérieux et ne blâment les autres pour les problèmes qu’ils ont aidé à engendrer. Vous savez, vous ne les retrouverez pas à écrire des banalités sans conséquences dans des journaux. Mais pour cela, il faut faire fi de l’hyper-individualisme qui sévit chez plusieurs jeunes. Il faut se demander ce qu’on peut faire pour les autres avant de demander ce que les autres peuvent faire pour nous.