En Bolivie, le mal est fait

Depuis la démission du président de la Bolivie, les réactions ont été multiples. Entre joie et désarroi, les Boliviens vivent un moment historique. Evo Morales est l’un des présidents qui ont servi le plus longtemps en Amérique latine et le premier président autochtone de la Bolivie. Après près de 14 ans au pouvoir, il a renoncé à son poste à la suite d’élections controversées. Plusieurs chefs d’État et médias ont dénoncé un « coup d’État » mené, clament-ils, par l’élite et la droite religieuse. Bien que les autorités religieuses et l’élite néolibérale aient toujours fait partie du paysage politique de la Bolivie, elles ne sont pas les seules causes de ce branle-bas entre opposants et partisans d’Evo Morales.

Son héritage politique a été marqué par la modernisation du pays, la réduction des inégalités et la défense et la promotion des droits indigènes. Toutefois, ces dernières années ont été entachées par ses tentatives ratées de s’accrocher au pouvoir. En 2016, il a perdu le référendum qui lui aurait permis de se présenter de nouveau aux dernières élections. Ensuite, la Cour suprême décida d’abolir la limite de deux mandats consécutifs pour le président, contrairement à ce qui est établi dans la Constitution. La cerise sur le gâteau aura été les irrégularités lors du comptage des votes et les manipulations du système informatique démontrées par l’Organisation des États américains, celles-ci ayant permis la victoire d’Evo Morales au premier tour de la présidentielle et déclenché des vagues de protestation partout dans le pays.

Si le président Evo Morales avait tant à coeur la cause de son peuple et sa vision pour un monde plus juste, il n’aurait pas autant miné les institutions démocratiques et méprisé le vote des Boliviens. Il aurait assuré la pérennité de son parti au lieu de le personnaliser. Maintenant, le mal est fait. L’héritage de sa présidence n’aura jamais semblé aussi fragile.

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1 commentaire
  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 14 novembre 2019 09 h 54

    La désinformation

    Ce qui est limpide, c'est votre incompréhension des enjeux de notre époque. À droite toute!

    Alors que le président élu d'Argentine, puis Lula, ex-président du Brésil détenu à la suite d'une mascarade juridique, dénoncent le "coup d'État" réalisé en Bolivie par les représentants de la ploutocratie mondiale, vous entonnez le refrain des marionnettes de Washington réunies sous l'égide de l'Organisation des États américains. Tant qu'à faire, vous devriez appeler à la rescousse le chœur du groupe de Lima qu'entonne allègrement Trudeau jr en petit caniche servile !

    Les oligarques de la mondialisation néolibérale n'entendent pas laisser une parcelle de la Terre hors de leur domination. Comme l'a clamé le milliardaire William Buffet: « Il y a une lutte des classes, bien sûr, mais c'est ma classe, celle des riches, qui fait la guerre. Et nous gagnons. ».

    J'ai de mauvaises nouvelles pour eux, ils sont en train de la perdre, tout en menant notre "civilisation" mondialisée vers son effondrement. Car ils n'en ont pas compris un élément essentiel: soit la dure réalité des lois naturelles face auxquelles ils vont se casser les dents. Celles-ci se manifestent déjà par le tarissement des énergies fossiles, les dérèglements climatiques, la crise environnementale rendant illusoire toute idée de croissance illimitée de leurs fortunes. Viendra un jour où ils auront des comptes à rendre aux damnés de la Terre, sinon à «Pachamama» elle-même.

    Ce ne sont que des aveugles qui veulent entraîner l'humanité à leur suite comme autant de moutons de Panurge.