Garderie: je n’ai pas gagné à la loterie

J’étais très emballée par la nouvelle mesure du gouvernement Legault concernant le retour du tarif unique en garderie à 8,25 $; une belle mesure pour les familles qui ont de jeunes enfants en garderie. J’ai rapidement déchanté en constatant que la mesure concernait uniquement les places en milieu subventionné. Mon enfant fréquente un beau milieu de vie… dans un établissement privé. Avant de faire notre choix, mon conjoint et moi avions aussi trouvé une place en milieu familial… également privé. Il faut dire que les places en garderie ou service de garde subventionné, que ce soit un centre de la petite enfance ou un milieu familial, se font rares. Bien évidemment, mon petit trésor est inscrit sur la liste de plusieurs établissements via la plateforme en ligne du gouvernement, soit La Place 0-5. Nous attendons toujours qu’une garderie nous rappelle dans l’espoir de pouvoir, nous aussi, avoir accès à une place en milieu subventionné et ainsi alléger notre fardeau fiscal. Avoir une place dans une garderie privée nous est donc imposé et, par le fait même, la dépense supplémentaire qui en découle. Cette dépense à la fin de l’année représente la coquette somme d’environ 2300 $ dans notre cas, pour un seul enfant, tout ça parce que nous n’avons pas accès à une place en milieu subventionné.

La mesure du gouvernement Legault devrait toucher toutes les familles qui ont un enfant en garderie et non pas seulement celles qui ont eu la chance de remporter à la loterie des places en garderie subventionnée. Ici, la mesure du retour au tarif unique crée une grande disparité économique qui transcende les classes sociales, car n’importe qui peut avoir accès à une place en milieu subventionné. C’est donc sur la base de la chance que certaines familles ont droit à un allégement fiscal… Cette mesure devrait être mise en place, quel que soit le milieu de garde fréquenté par l’enfant afin d’être équitable pour toutes les familles du Québec.

Notre gouvernement doit être sensible à cette réalité. Il faut mettre en place une mesure réellement universelle à l’attention des familles avec de jeunes enfants puisque les places en milieu subventionné ne courent pas les rues.

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2 commentaires
  • Hélène Dumais - Abonnée 13 novembre 2019 15 h 31

    je suis tout à fait d'accord avec vous; toutefois, étendre le tarif unique aux garderies privées non subventionnées suppose que ces dernières devront être compensées pour leur manque à gagner, et devront se soumettre aux critères de qualité que les CPE, et se doter d'un conseil d'administration,, elles deviendront publiques.
    Cette situation a pour origine le manque de volonté des libéraux qui, depuis 2003, n'ont pas développé significativement les CPE, préférant laisser les garderies privées se développer de façon exponentielle; en effet en 2003, ces dernières n'offraient que 1620 places alors qu'en 2018, elles offrent 67246 places; les CPE n'offrent que 30% de l'ensemble des places disponibles, tout service de garde confondu.

  • Mathieu Boivin - Inscrit 14 novembre 2019 09 h 08

    Mathieu Boivin

    Tout comme vous, je suis amèrement déçu que cette annonce se limite aux places subventionnées alors que le gouvernement sait pertinnemment que l'offre de places subventionnées ne répond pas à la demande.

    Nos deux enfants sont dans une garderie non subventionnée. On aimerait évidemment une place en CPE (en attente depuis 43 mois à ce jour), mais on se consolait en se disant que l'établissement où ils sont est super et que le crédit d'impôt faisait en sorte que le coût annuel n'était pas énormément plus élevé qu'en établissement subventionné. De toute façon, les deux CPE du voisinage semblent être réservés aux amis/connaissances de l'établissement; l'enfant de 15 mois de notre voisine y est entré car son ex beau-frère y travaille (on est loin de la fatrie...!). Pendant ce temps, notre grand de 39 mois attend toujours....

    Avec la nouvelle annonce, on apprend qu'en plus de ne pas être assez chanceux pour avoir une place en CPE, la différence de prix entre un CPE et notre garderie non subventionnée est de maintenant envrion 7 000 $ de plus par année...! C'est à n'y rien comprendre...

    Cette injustice a beau avoir été soulignée par de nombreux chroniqueurs, dans des lettres ouvertes et sur les réseaux sociaux, le gouvernement caquiste ne semble pas en tenir compte. On parle bien sûr de convertir quelques garderies non subventionnées au tarif unique de 8,25 $ / jour, mais seulement pour 5 % de ces 1 300 garderies et sans trop savoir quand cette (trop timide) conversion débutera.

    Certains diront qu’il est normal que les parents payent plus cher pour le système privé des garderies non subventionnées, mais contrairement au système scolaire, on n’a pas ici affaire à des parents qui choisissent le système privé, mais qui se le font plutôt imposer faute de place en CPE. De maintenant apprendre qu’on devra payer un prix fort pour se faire « imposer » le système privé, c’est ajouter l’insulte à l’injure!