De la souveraineté des données

Devant faire face à l’augmentation considérable des informations à stocker, des processus complexes de gestion et de sécurité des données informatiques, un gouvernement peut faire le choix d’externaliser ses données et la gestion de celles-ci (dossiers médicaux, revenus des citoyens, informations personnelles sensibles des ministères, dossiers de justices et de police, partis politiques, etc.).

Dans l’environnement nuagique nommé Cloud, les données d’un gouvernement seraient confiées à une tierce partie comme une entreprise privée, dans la plupart des cas dans un pays étranger dont l’infrastructure, le centre de données, peut être assujettie aux lois du dit pays étranger. Exemple : Amazon, Azure aux États-Unis, Alibaba en Chine.

Le principal risque pour ce gouvernement, en ce qui concerne la souveraineté de ses données, est que des organismes étrangers peuvent facilement tirer parti des lois de leur pays d’origine pour les obliger à transmettre les données privées liées à la sécurité, à la vie privée, aux secrets d’État, faisant fi de la souveraineté des données du gouvernement auquel elles appartiennent, cherchant à utiliser cette opportunité comme moyen de pression et de levier de négociations.

Le gouvernement du Québec semblerait avoir, sous la pression de lobbyistes, décider d’opter pour cette solution.

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1 commentaire
  • Jean-François Trottier - Abonné 9 novembre 2019 10 h 08

    J'abonde dans ce sens

    Un gouvernement a des obligations de transparence. Pas les compagnies.

    Celles-ci non seulement peuvent fourguer de l'information à leur pays d'origine, mais à d'autres compagnies selon leur propre interprétation de l'éthique.
    Au bout du compte elles n'ont de compte à rendre qu'à leurs actionnaires... quand ceux-ci sont au courant. Les vérifier continuellement coûterait des milliards!

    Alors que les ordinateurs quantiques en sont à l'étape de l'élaboration pratique, on sait qu'aucun cryptage, aucun secret ne pourra être véritablement protégé. Déjà maintenant, hein...

    Certains auront toutes l'information et les autres presque rien, la pire situation possible. Nous vivons tous dans une cage de verre. Certains utilisent déjà l'information au détriment des autres, parce que l' information reste secrète.

    Donner accès à tous à l'information, c'est tuer l'information privilégiée. Plus difficile de manipuler les gens séparément ou en groupe, plus difficile d'influer sur les événements avant les autres.

    Le rêve des années '80 auquel j'ai participé était l'information pour tous. Actuellement il s'agit uniquement de désinformation. De quoi brailler.

    Plus que jamais chaque individu doit pouvoir accéder à toute l'information possible, et puisque nos vies privées ne sont plus qu'un leurre, pas par"justice" mais seulement pour empêcher les prises de contrôles déjà commencées.

    La phrase la plus mensongère qui soit, comme le disait si bien Charest (ou n'importe quel chantre de QS) : "Faites nous confiance". À tout coup.

    On ne peut faire confiance qu'en un gouvernement qu'on peut surveiller, on ne peut jamais faire confiance à une corporation : lire la loi des corporations suffit pour comprendre.
    On voit ce qui arrive aux pays condamnés à acheter leur armement.
    La plus meurtrière arme, c'est l'information.