Deux remarques pertinentes

Sans être un spécialiste de Mathieu Bock-Côté, mais de formation en sociologie, j’ai retenu deux analyses très pertinentes de Mark Fortier (Le Devoir, 5 novembre 2019).

L’auteur étudié ne fait pas de sociologie d’observation, ne citant à peu près jamais de faits, de phénomènes ou même d’événements à l’appui de ses affirmations ; on a souvent l’impression qu’il se base sur des études sociologiques ou historiques relatives à d’autres sociétés et à d’autres époques. Entre parenthèses, je pense que cela explique son succès auprès d’une certaine élite française de droite.

En deuxième lieu, son langage (vocabulaire, syntaxe, longueur de certaines phrases) est un peu rébarbatif, même pour des gens ayant une certaine formation. Encore là, on reconnaît ses influences françaises et un certain réflexe intellectuel de vouloir impressionner.

Malgré cela, il constitue un idéologue puissant qui a le mérite de dénoncer certaines dérives d’un nouveau « politiquement correct ».

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6 commentaires
  • Marc Therrien - Abonné 7 novembre 2019 07 h 08

    Un maître de la dialectique


    Pour l’avoir vu et entendu à 2 reprises en conférence, je pense que Mathieu Bock-Côté est d’abord un maître de la dialectique qui a cette grande habileté de réunir des dualités pour tenter apporter un meilleur éclairage sur des réalités; dit autrement, il est capable de penser en termes de « ceci et cela » plutôt que de façon traditionnelle en « c’est ceci ou cela, choisissez ». Bien que pour lui, « penser est un sport de combat », et que sa thèse est affirmée avec puissance et clarté, de par sa créativité et son esprit dialectique permettant le recadrage des problématiques, il est un intellectuel sur qui on pourrait compter pour aider à établir des synthèses ou des solutions intégratives. L’exemple du concept de cercles concentriques de l’identité de Hégel : dépasser ce qui nous précède tout en conservant ce qui nous fonde traduit bien la pensée de Mathieu Bock-Côté.

    Ce que j’apprécie par-dessus tout, même avec un discours très dense et élaboré, c’est sa capacité à s’exprimer pour être compris avec une volonté claire que sa parole engagée et agissante fasse une différence. Je demeure conscient cependant que beaucoup de dirigeants semblent allergiques ou hypersensibles à la lumière et qu’ils manoeuvrent mieux dans l’obscurité et le brouillard. Ainsi, Mathieu Bock-Côté est un agent perturbateur pour les adeptes du flou artistique.

    Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 7 novembre 2019 09 h 23

      Il existe bel et bien une semaine des quatre jeudis. Je suis 100% d’accord avec vous M. Therrien. Wow !

      Non. L’auteur de cette lettre n’est pas un spécialiste de M. Mathieu Bock-Côté. Misère avec cette sociologie d’observation. On n’a pas encore compris l’épiphénomène de la dualité quantique de la lumière qui dicte entre autre que lorsque vous observez un événement, vous en changez sa nature. Idem pour l'étude des êtres humains dans leur milieu social.

      La sociologie est loin d’être une science exacte. Elle est basée sur des approximations et des opinions que plusieurs lancent à tous vents. Plusieurs en font des dogmes basés sur des tablettes d’argile comme un certain Moïse.

      Ceci dit, les énoncés de M. Bock-Côté coupent comme scalpel la désinformation qui sévit partout dans toutes les sphères multiculturalistes et communautaristes « canadian ». Lorsqu’il mentionne que Montréal s’anglicise et s’assimile au carcan anglo-américain, il n’a pas tort. Lorsqu’il donne les raisons de cette assimilation sauvage, notamment l’immigration de masse qui ressemble de plus en plus à une invasion, il n’a pas tort. Lorsqu’il parle de la diabolisation du nationalisme québécois par l’idéologie du multiculturalisme malsain, il n’a pas tort. C’est pour cela qu’on l’attaque férocement.

      Il fait plus que de s’attaquer à la très sainte rectitude politique. Il dénonce les mécanismes qui en sont responsables. C’est une lumière dans ces ténèbres du multiculturalisme d’assimilation qui sanctionne tous ceux qui ne pensent pas comme eux. C’est un digne héritier de Claude Lévi-Strauss, lui qui pourfend les apparatchiks et les courtisans du pouvoir mondialiste, néolibéraliste et du 1%.

      Mais je suis d’accord avec l’auteur. Il pourrait faire une économie de mots pour exprimer sa pensée. Comme dans la simplification d’équation mathématique, si on peut réduire une pensée et une idée de façon parcimonieuse sans en perdre la signification, l’effet et le contenu, c’est encore mieux.

    • Annie Marchand - Abonnée 7 novembre 2019 16 h 15

      J'apporterais une nuance. Sa pensée est claire et très affirmée sur ce qui nous fonde mais floue sur comment dépasser ce qui nous précède. On peut l'expliquer par son sens de la dialectique. On peut aussi l'expliquer en partie par son attachement inébranlable, rêveur, à des identités passées se positionnant ainsi en négation -il fût un temps où cela frôlait le déni- devant certaines évolutions sociales. Je me souviens entre autres d'une entrevue où il affirmait avec tout le sérieux du monde (et le romantisme qu'on lui connaît) souhaiter être un prompt chevalier délivrant sa douce princesse retenue de force dans une tour par des barbares...

      Je ne sais pas ce qu'en diraient les féministes... Pour ma part, je ne rêve pas d'un tel courageux chevalier...

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 7 novembre 2019 17 h 53

      @Dionne
      Oui! Il est exigeant à lire, mais il en vaut la peine. Son écriture est d'une intelligence badigeonnée d'émotivité. Il devise avec ses tripes.

      Libre à nous d'embarquer.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 novembre 2019 21 h 55

      @Marcoux

      Bon. Il semble que la littératie n'a pas encore pris au Québec. J'adore lire M. Bock-Côté. Et je suis d'accord avec ses propos. Mais souvent, on peut dire beaucoup avec seulement quelques mots.

  • Jean-François Trottier - Abonné 7 novembre 2019 09 h 47

    Une remarque pertinente

    Je m'étonne que M. Rivet n'ait pas su déceler chez M. Fortier un dogmatisme si aigu qu'il en arrive à reprocher à un chroniqueur son "manque d'opinion". Un chroniqueur!
    À la lecture de ce papier j'ai compris qu'il était impossible que M. Fortier n'ait pas eu une idée toute fait très longtemps avant de débuter ce dont il parle comme d'un marathon-calvaire. D'où le résultat, qui n'a rien de professionnel, au contraire! Une tarte à la crème avec ça?

    Je ne comprends surtout pas quel sens M. Rivet donne au mot "idéologie". Serait-ce peut-être tout, sauf la Sainte Bible de M. Fortier?
    M. Rivet termine, parlant de Mathieu Bock-Côté, avec : "il constitue un idéologue puissant", alors que justement tout le torchon de M. Fortier dit que MBC n'a pas d'opinion, et que jusque là c'est aussi ce que dis M. Rivet.

    En fin de compte, deux papiers pour déboulonner une même personne, tout aussi malhonnêtes, l'un plus flamboyant que l'autre et c'est tout.
    Une grosse tentatvie de manipulation sur le mode des réseaux-sociaux.
    Que je sache MBC n'est pas en train d'ourdir un complot pour former un gouvernement? Ou de poser des bombes chez les noyauteurs de mouvements? Alors, où est l'urgence, sinon dans les mots d'ordre d'un parti?

    Grotesque.