Les participes passés… passés à la moulinette

C’est bien connu, l’être humain en général est plutôt réfractaire aux situations compliquées auxquelles il est confronté dans la vie. Et souvent, plutôt que d’y faire face, il aura tendance à les éviter. Une tentation à laquelle ont succombé certains linguistes en proposant de simplifier les règles d’accord des participes passés.

« Simplifier », tel est le mot passe-partout qui ouvre les portes des nouvelles règles proposées par quelques didacticiens simplificateurs dont l’intention est d’éliminer les exceptions pour en faciliter l’application… Intention louable ?

Et tout ce branle-bas grammatical parce que ces règles d’accord sont trop compliquées comme si, dans la vie, l’être humain n’avait pas à faire face à des situations « compliquées ». À mon avis, il est là, le véritable noeud du problème. À partir du moment où l’application d’une règle grammaticale devient trop compliquée, certains linguistes libres-penseurs proposent de la simplifier… tout simplement. Autrement dit, lorsque tu rencontres un problème dans la vie, contourne-le au lieu d’y faire face…

C’est ce que j’appelle du nivellement par le bas. Haro sur les difficultés, place à la simplicité ! Braaavo ! Et quelle sera la prochaine étape ? Écrire au son ? Ce serait pourtant tellement moins « compliqué » !

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6 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 4 novembre 2019 00 h 19

    Rappel

    Même les meilleur.es professionnel.es de la langue française font des fautes dans les dictées internationales (PGL et Pivot, si ça existe encore). Il ne s'agit pas d'éviter les complications, mais d'enlever celles qui ont été crées inutilement.

  • Clermont Domingue - Abonné 4 novembre 2019 09 h 45

    Les anciens et les modernes.

    On peut qualifier d'ancien le français écrit.Or, nous vivons à l'époque du moindre effort. Faute de se simplifier ou de se moderniser, le français sera supplanté partout par l'anglais, langue des affaires et du matérialisme. Le français restera une belle langue pour les élites.

  • Paul Gagnon - Inscrit 4 novembre 2019 10 h 02

    À minuit et quelque, Mario Jodoin est toujours là!

    Fidèle au poste!
    QS ne dort jamais et veille sur nous!
    Voilà qui est rassurant... or pour nombre de québécois QS est une complcation (une patente à gossse-?- en patois québécois).

    Que faut-il en faire?
    L'enlever, si j'en crois ce que je viens de lire...
    Patience donc... encore trois ans à se faire niaiser (dorionner).

  • Sylvain Auclair - Abonné 4 novembre 2019 13 h 04

    Garder son monopole

    Sérieusement, monsieur Martineau, les seules personnes qui maitrisent (orthographe de 1990) ces règles sont ceux qui font de l'écrit une profession ou une passion, et encore! La seule justification de les conserver est d'empêcher le gros de la population de se sentir digne d'écrire. En plus, on passe à l'école tellement de temps à tenter d'enseigner l'orthographe et la grammaire qu'on n'a pas le temps d'enseigner à écrire clairement et bellement. Alors que les Finlandais, dont on vante les succès scolaires, savent écrire leur langue phonétique après un an d'école.

    Et ne venez pas nous dire que c'était mieux autrefois. Jamais la majorité des francophones n'a maitrisé le code écrit. C'était d'ailleurs le but avoué de l'Académie française de le réserver à une élite. En France, en 1900, seuls 25 à 30% des élèves réussissaient le certificat d'études primaires, et c'était l'épreuve d'orthographe qui faisait le plus de ravages.

  • Jeannine I. Delorme - Abonnée 4 novembre 2019 14 h 27

    Les participants à la guerre contre les participes

    Que de mots pour tenter de faire croire qu'il est impossoble d'apprendre à conjuguer les participes passés. Je viens de lire ci-haut que seuls ceux qui font métier de la langue réussissent. Quel mensonge ! Et tout ça au nom de la paresse. Paresse intellectuelle, paresse des parents qui oublient d'inculquer à leurs enfants l'habitude de l'effort, le goût du bien et du bon et enfin le respect de cette langue qui, mieux que bien d'autres parvient à traduire les subtillités, les sensibilités et toutes choses intéressentes à comprendre et à formuler. Mais cela semble encore trop compliqué pour les nouveaux décideurs en éducation et ceux qui abdiquent devant leurs errances. Il en est ainsi pour plusieurs domaines. Prenons celui des ados qui, selon eux ont besoin de sommeil. Donc, retardons le début des classes. Pauvres petits qui veillent jusqu'à pas d'heure avec leur Ipad ou leur téléphone intelligent, qui bourlinguent sur les réseaux sociaux etc. On peut se demander comment notre société se portera plus tard avec ces mollusques comme artisans d'un nouveau monde ! Effaçons les difficultés, les obstacles qui se dressent devant notre bonheur, notre aisance et notre nonchalance. Vive la paresse !