L’avenir du français en Afrique?

Il est courant depuis un certain temps d’entendre que, selon des projections de population, l’avenir de notre langue passe par l’Afrique. Certains vont même jusqu’à prétendre qu’avec le boom démographique qui s’y déroule, le français pourrait devenir la langue dominante dans quelques décennies !

Je reviens d’une semaine de congrès international à Kigali, où, outre de nombreux Rwandais, se trouvaient des locuteurs francophones d’autres pays : Togo, Congo, Cameroun, Côte d’Ivoire, etc. Lorsque l’on parle avec eux, un point commun se dégage : ils souhaitent s’assurer que leurs enfants apprennent l’anglais, et cela va jusqu’au choix de l’école. La langue quotidienne devient l’anglais, et le français n’est plus parlé qu’à la maison. Le cas du Rwanda est pire. De la quinzaine d’intervenants en provenance de ce pays à ce congrès, pas un seul n’a fait le choix de la langue de Molière dans sa présentation. Lorsque l’on parle avec les jeunes dans les rues de la capitale, incontestablement, le français subit un recul. On ne voit strictement aucun intérêt à parler cette langue ou à l’apprendre.

J’ignore quelles sont les ambitions de la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, qui, justement, est originaire du Rwanda, mais pour reprendre une expression facile, les défis ne manquent pas pour mieux faire rayonner cette langue !

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