Gouvernance canadienne et écologie

S’il est vrai que M. Trudeau a un défi gordien à résoudre, voici peut-être une piste de solution : la vérité. Ou bien le gouvernement ne croit pas aux changements climatiques ou il y croit. Dans le premier cas, il n’a qu’à soutenir, voire financer le nouveau pipeline Trans Mountain, forcer un pipeline vers l’est, continuer les aides fiscales aux pétrolières, financer l’inutile troisième lien, etc. Certes, il y aura quelques récriminations en Colombie-Britannique et au Québec, et peut-être même un réveil de l’idée d’indépendance au Québec, mais ce sera le prix à payer et on mettra fin à l’idée d’indépendance de l’Ouest !

Dans l’hypothèse où le premier ministre croit aux changements climatiques, alors il faut être cohérent et ne rien faire des projets précédents, mais surtout cesser les belles paroles vides et de tenter de rouler tout le monde dans la farine. Il y a urgence à présenter un plan clair, qui devrait commencer par une date : quand prévoyons-nous que la fameuse période de transition sera terminée (je fais l’hypothèse qu’elle est commencée depuis quelques années déjà), c’est-à-dire à quel moment la demande de pétrole aura (devra avoir) diminué de, disons, 80 % ? Si ce n’est qu’en 2150, alors cessons de nous énerver, mais si c’est en 2050 ou même 2040, soyons honnêtes avec les citoyens de l’Ouest : il faut cesser les nouveaux développements d’énergie fossile et commencer à soutenir les travailleurs actuels et futurs dans une réorientation de carrière, comme cela s’est fait pour une multitude d’emplois depuis toujours. Ils pourront s’investir dans l’énergie éolienne et l’énergie solaire, pour laquelle d’ailleurs l’Ouest a le plus important projet au Canada.

Il y a peu d’hommes ou de femmes politiques qui osent dire la vérité, mais l’un d’entre eux est bien connu : « Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur. » Et Churchill a gagné la guerre !

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6 commentaires
  • Pierre Vagneux - Abonné 1 novembre 2019 05 h 15

    Reddition de comptes, une gouvernance améliorée responsable et qui rend des comptes aux citoyens

    L'Alberta, le Québec et le féderal notamment doivent se retrousser les manches pour agir rapidemment. Des barometres de la production de nos GES actuels, des cibles visées par province et par secteur devraient être publicisées. Aussi il serait utile de nous informer de l'impact en GES de nos habitudes de vie et de consommation afin de pouvoir mieux agir en tant que citoyen, entreprise ou instance responsable.

    Le débat lancé dans l'ouest sur la péréquation est effectivement une diversion pour essayer d'avoir un quid pro quo en matiere de plus d'oléoducs pour exporter encore plus de pétrole à bas prix.....pour qui. Quand on connait le ratio GES par baril extrait qui se situerait entre 75 et 100 kg par baril, que la production journalière approche les 3,5 million et cela 365 jours par année d'une part et que l'on parle d'ajouter des capacités pour stimuler l'économie la bas on doit sérieusement s'interroger si des cibles existent et comment les atteindre.....un site a une vie utile de 40-50 ans. Ce bitume enfoui dans les sables est de l'or en barre pour les générations futures, qui peut-être trouveront des usages géniaux valorisant le baril à des hauteurs inégalées. Alors pourquoi le brader aujourd'hui? Il faut tout faire pour aider les personnes touchées vers une conversion énergétique ou autre gratifiante bonne pour l'économie locale.
    .
    Chez nous même au royaume de l'hydroélectricité, des gestes concrets sont nécessaires et doivent être mobilisateurs. Relativement au Fond vert qui fait la manchette ces jours ci, le ministre de l'environnement peut bien signer les documents, les lettres d'offre, mais ce qui compte c'est que le public connaisse en temps reel les projets qui en bénéficient et les résultats attendus. Aussi une petite reddition de compte factuelle à la réduction des GES aux six mois ( genre un barometre) serait stimuler l'appareil gouvernemental et les élus d'une part, les entreprises et la population d'autre part à contribuer à l'atteinte des c

  • Yvon Pesant - Abonné 1 novembre 2019 09 h 14

    La vérité au PLC

    La vérité, c'est que quelqu'un du Parti Libéral du Canada a pris 4,5 milliards de dollars dans les goussets des Canadiens pour acheter un oléoduc pourri à l'os à une compagnie multinationale et multimilliardire américaine, Kinder Morgan en l'occurrence, qui se préparait à l'abandonner en nous laissant le soin de régler les problèmes qu'il générait tout au long de son parcours.

    La vérité, c'est aussi que quelqu'un au Parti Libéral du Canada se prépare à prendre encore dans nos poches quelque 7 à 9 milliards de dollars supplémentaires pour construire envers et contre tout bon sens un nouvel oléoduc en parallèle au premier pour transporter un pétrole lourd extrait des sables bitumineux de l'Alberta, de manière agressive et très polluante à toutes sortes d'enseignes (sol, air, eau) qui plus est.

    La vérité, c'est de plus que nous avons un professeur de théatre qui joue de plus en plus mal son jeu comme soit disant chef de gouvernement fédéral en nous parlant des deux côtés de la bouche avec la langue fourchue du serpent sans lunette, à nous ses commettants, et en parlant en aparté aux gens de l'industrie pétrolière pour les rassurer quant au soutien de l'État pour continuer dans la voie empruntée jusqu'ici par cette dernière, sans égard à quoi que ce soit d'autre que ses propres intérêts.

    La vérité, pour conclure, c'est que le comédien en question, ayant bien compris ce qu'on attendait de lui, essaie de nous faire avaler cette monumentale couleuvre qui voudrait que l'argent des éventuels profits ainsi générés bon an mal an à grands renforts de production de GES servirait au développement des énergies renouvelables pour arriver à la combattre.

    En vérité, en vérité, je vous le dis, comme disait l'autre vingt siècles passés, 12 à 13 milliards de dollars de notre argent, il me semble que ça aurait pu servir à autre chose comme, par exemple, le développement des énergies renouvelables. Je dis ça comme ça.

    • Gilbert Troutet - Abonné 1 novembre 2019 13 h 48

      Excellente diatribe, à laquelle je souscris entièrement.

  • Cyril Dionne - Abonné 1 novembre 2019 10 h 02

    Au royaume de l'hydroélectricité

    Chez nous, même au royaume de l'hydroélectricité, ce matin, j’ai dû mettre la génératrice en marche pour avoir un minimum d’électricité dans la maison. Les vents forts ont eu raison du réseau. Que je lis toutes ces missives des écoanxieux, tout cela commence à m’ennuyer et pas à peu près. La grande majorité des gens en ont ras-le-bol de ces scénarios de fin du monde si nous utilisons des pailles en plastique au lieu de celles en papier.

    Le Font vert est une illusion pour se donne bonne conscience. Une taxe est une taxe et sera toujours une taxe. Les taxes perçues pour le maintenir ne changeront pas un iota de la production des GES. Les riches pourront toujours se payer des extravagances et s’acheter des crédits pour polluer comme notre Justin Trudeau l’a fait récemment. Pardieu, au Canada, nous représentons seulement 1,5% de la production mondiale des GES. Au Québec, c’est de l’ordre de 0,17%. SVP, garder votre discours pour la Chine qui ouvre en moyenne à tous les mois, 6 nouvelles centrales au charbon.

    Pour tous ceux qui veulent faires des marches et signer des Pactes, eh bien, qu’ils commencent à prêcher par l’exemple. Aucun d’eux ne pratiquent la simplicité volontaire, mais en hypocrite, ne se privent pas d’accuser les autres alors qu’eux, font souvent plus pire. Et pour la jeune génération des téléphones intelligents, eh bien encore une fois, c’est votre appareil qui pollue et qui émet des GES par millions de tonnes, misère noire. Alors, si vous croyez vraiment dans votre cause, jetez-le dans la poubelle ce satané de téléphone. Retournez aussi votre voiture au concessionnaire, électrique ou non et tous vos appareils électroniques. Pas si facile, hein?

  • Bernard LEIFFET - Abonné 1 novembre 2019 10 h 39

    Quelle gouvernance canadienne quand c'est la pagaille au bureau du PM!

    Faut-il pleurer ou pouffer de rire à la lecture de M. L'Espérance? Il a raison de se questionner sur ce Dominion qui va à la dérive! Mais après tout c'est normal, nous avons une coquille vide à la tête de ce pays! Je ne suis pas le seul à le dire, d'autres chroniqueurs en font largement état! Plutôt que d'évoquer ce qui se passe à Ottawa, Radio-Canada nous abreuve de la politique américaine dont on a que faire! Après avoir commenté les déboires du chef conservateur on essaie de tempérer ce qui se passe à la tête des libéraux! On repassera pour cette gouvernance dont le fonctionnement et les décisions sont prises par la cheffe de cabinet, ce qui ne peut que produire des distorsions! Dans un autre pays la situation serait vite réglée, mais ici c'est l'atermoiement perpétuel, bien caché au public!
    Dans ce marasme à répétition, devrons-nous attendre sagement 2050 pour prendre une décision? Pour moi, aucun problème, je ne serais plus là, mais c'est pour les enfants, les petits-enfants et les générations futures, qu'en sera-t-il des GES?
    Le temps presse, il faut agir, l'époque des rois fainéants étant révolue depuis longtemps! Peut-être qu'il serait plus facile de s'entendre entre l'Alberta et le Québec, en faisant fi d'un interlocuteur incapable de prendre une décision, paralysé par les membres de son bureau! Bientôt, le Dominion sera vrai un pays de banares!

  • Pierre G. Blanchard - Abonné 1 novembre 2019 11 h 16

    Vision globale, action locale ?

    Oui, des enjeux plus grands que nous tous au QC et qui demandent la collaboration régionale. Ce serait certes une vision nombriliste que de croire que le QC et les voitures électriques peuvent sauver la planête, alors que nos traversiers coulent, nos bassins hydroélectriques inondent la forêt boréale, le deuxième poumon le plus important de la planète, que notre consommation en hydrocarbures est une des plus élevées dans le monde et que nos VUS et camions empoisonnent nos villes dont la canopée s'estompe.

    Il serait aussi faux de croire que nombre au QC sont prêts à s'immoler sur l'autel de la pureté écologique, alors qu'une transition énergétique va requérir du temps et de l'argent en quantité, ce que la Norvège riche de son pétrole nous enseigne. On fait grand cas du gaz naturel canadien et de GNL-QC qui pourraient se substituer à des sources globales plus polluantes en GES, alors que l'Allemagne s'apprête à ouvrir le plus grand gazoduc russe en Europe* pour compenser la fermeture des ses réacteurs nucléaires, une source d'électricité sans GES. Ce qui est bon pour les Russes seraient-il à ce point mauvais pour nous ?

    * https://theconversation.com/gazoduc-nord-stream-2-piege-russe-ou-necessite-europeenne-110225