Terre en souffrance

Notre regard est porté présentement, et avec raison, sur le réchauffement climatique. C’est principalement ce dont on parle en termes de problèmes environnementaux. Il faudrait toutefois, je pense, prendre un petit peu de recul et intégrer les autres dommages que notre écosphère subit constamment depuis des décennies.

Avec Rachel Carson et son essai Le printemps silencieux, au début des années 1970, nous avons pris conscience de la toxicité des pesticides hors de ce que l’on voulait contrôler a priori. Elle a mis en lumière la complexité et l’interconnectivité à l’intérieur d’un écosystème. Les pesticides représentent pourtant encore, près de 40 ans plus tard, un sérieux problème de pollution chimique dans nos environnements. Dans les années 1980, il fut question des pluies acides, c’était le mal absolu dont souffraient nos forêts. Ont-elles disparu ? Non, les émissions acides continuent, mais on en parle moins devant des événements plus spectaculaires, et coûteux, il faut le dire, dus au réchauffement climatique.

Il est vrai que cette crise du climat est comme la somme et l’expression naturelle planétaire de toutes les actions néfastes perpétrées lors de ce que l’on nomme maintenant l’anthropocène mais, sans vouloir encore augmenter le taux d’éco-anxiété ambiant, il faudrait continuer à être vigilant devant la destruction des milieux naturels, l’asphaltage et la minéralisation du monde, la démographie mondiale, la pollution sous toutes ses formes, même visuelle, la surconsommation, l’appât du gain à tout prix et considérer que cette somme, mentionnée plus haut, peut se chiffrer en terme d’externalités, ces coûts cachés et exclus de notre économie et du profit, en essayant de voir sur le dos de qui et de quoi ce dernier est fait.

Ce sont là pourtant de vieux constats à garder vivants, car les problèmes qui les sous-tendent galopent toujours dans un monde dont le déni politique et affairiste ainsi que le poids démographique en augmenteront inexorablement la gravité.

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